Roslend

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Cet article a un contexte particulier, puisqu’il est publié dans le cadre de BBenLivre. Mais késako? BBenLivre, c’est une manière virtuelle de célébrer et de mettre en valeur la littérature jeunesse durant une période donnée. Organisée en parallèle à Partir en livre par Nathan, cette manifestation rassemble des blogueurs et booktubeurs de tous horizons qui souhaitent mettre ce type de littérature à l’honneur.

Cette année, pour faire durer le plaisir, l’équipe de BBenLivre à décidé de jouer les prolongations durant le mois d’août (merci à eux !), et c’est comme ça que je me retrouve à vous partager l’un de mes derniers coups de cœur aujourd’hui ! 😀

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Roslend; de Nathalie Somers
Didier  Jeunesse, 2017 – 333 pages

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En pleine Seconde Guerre mondiale, deux adolescents, Lucan et Catriona, se retrouvent au cœur d’un secret d’état. Le dossier Roslend est classé confidentiel : compréhensible quand on sait qu’il s’agit d’un univers parallèle et fantastique, dont le destin est étroitement lié à celui de Londres. Le sort des deux mondes repose désormais entre les mains de Lucan et de son amie.

 

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J’ai rarement été déçue par les publications de chez Didier Jeunesse, qui sont toujours de qualité et assez originales pour se détacher du reste (je pense notamment aux excellents et touchants Sublutetia, Le coeur en braille, De cape et de mots, et Le Temps des mitaines si on prend en compte les bandes-dessinées). Une fois encore, la magie a opéré et je suis ressortie bluffée de Roslend !

☞ Le cliché de l’orphelin

Nombreux sont les romans pour la jeunesse à mettre en scène un personnage principal orphelin, nimbé de mystère, en quête de ses origines. Roslend ne fait pas exception, puisque Lucan, quatorze ans, découvre un peu par hasard que son certificat de naissance est un faux ! Trop tard pour les explications cependant : son grand-père, qui l’a élevé jusque là, meurt subitement, le laissant démuni, avec pour seul révélation quelques mots chuchotés sur son lit de mort : Roslend, Big Ben, la clé.

Nathalie Somers utilise ce deuil comme élément déclencheur à son récit et introduction au monde parallèle, appelé « Alter-Monde » dans tout le roman. Certes, c’est un tour que l’on retrouve souvent dans d’autres œuvres, mais cela permet aussi au héros présenté de prendre en main son destin, et à l’histoire de commencer réellement !

☞ La Seconde Guerre mondiale comme si vous y étiez

Le contexte historique est d’importance, puisque l’auteure nous plonge dans l’un des conflits les plus marquants du 20ème siècle : la Seconde Guerre mondiale. Cela fait de Roslend un roman très documenté, d’abord parce qu’il nous montre le conflit du point de vue de la population, qui subit quotidiennement les bombardements ennemis, ensuite parce qu’il fait intervenir de grandes figures historiques, comme le roi bègue George VI, Winston Churchill, mais aussi le Général de Gaule !

☞ Roslend, une création atypique

Saluons l’imaginaire merveilleux de Nathalie Somers, qui a su faire de Roslend un endroit sensationnel duquel on s’émerveille !

C’est avec bonheur que le lecteur découvre le bestiaire qu’elle nous a composé pour l’occasion : ouzgouchs, otariens des sables, et rigmuffins sont tous surprenants à leur manière.
L’auteure décrit aussi les us et coutumes des habitants de la cité, qui participent au folklore local avec leurs yeux rouges ou mauves, et leur peau de différente couleur.
De même, sa description de paysages aux noms poétiques (mention pour « la mer des sables ondulants ») et de l’architecture locale ont de quoi sérieusement dépayser ! On imagine que trop bien les cascades de Roslend, ses merveilleux bâtiments faits de verre, et la nature omniprésente.

Au fonds, Nathalie Somers est la preuve que tout n’a pas encore été écrit en matière de fantasy et qu’il y a de quoi être éternellement surpris, ce qui est quand même une excellente nouvelle !

☞ Deux mondes parallèles : un destin commun

Quand Lucan atteri dans l’Alter-Monde, on découvre certes un univers d’une originalité folle, mais surtout une terre en conflit avec ses voisins, comme l’est la capitale anglaise au même moment. Grâce aux informations fournies par Churchill, on comprend que les deux univers sont liés selon une certaine logique -même si certains points restent obscurs- : dès qu’il se produit quelque chose à Roslend, cela impacte Londres. 

Dès lors, un poids supplémentaire pèse sur les épaules de notre héros, qui doit tout tenter pour sauver sa nation, ce qui augmente encore l’intérêt de l’histoire pour le lecteur ! Lucan va d’ailleurs pouvoir accomplir sa destinée : lui qui ne rêvait que de rejoindre les rangs de la RAF à Londres, va pouvoir combattre à dos d’ouzgouchs volants pour défendre Roslend ! (ce qui, si on me demande mon avis, est bien plus bad-ass et rigolo -mais tout aussi dangereux- !)

Au passage, mention spéciale à Taï-Marc Le Tthanh pour la réalisation de cette très jolie couverture qui met en évidence l’analogie directe des deux univers. Tout prend sens une fois la lecture terminée !

☞ Une histoire palpitante

Passionnant, c’est le mot que je choisirais pour qualifier Roslend ! D’emblée, Nathalie Somers alterne les chapitres relativement courts, et partage l’intrigue entre le Blitz de 1949 dans l’Ego-Monde, et les évènements de l’Alter-Monde. L’intérêt du lecteur se voit maintenue par un mini cliffhanger en fin de chapitre, ce qui fait de Roslend un roman très difficile à interrompre !

☞ Captivant de bout en bout, j’ai été emballée dès les premières pages par Roslend ! Nathalie Somer y mêle habilement fantastique, historique et aventure, le tout avec des personnages charismatiques et un univers parallèle des plus étonnants. Rythmé et addictif, le roman est une véritable invitation au voyage pour qui aime se plonger dans des histoires fabuleuses. Une choses est sûre : je serais au rendez-vous pour le deuxième tome !

En bref ce roman c’est :
– une création originale, complètement innovante
  – un mélange de genres astucieux
  – une histoire fascinante, impossible à lâcher !


BBenLivre se poursuit durant tout le mois d’août !

 

Rendez-vous dès demain sur la chaîne de Céline Online:
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Ninn T2 : les grands lointains

Ninn T2 : les grands lointains; par Jean-Michel Darlot & Johan Pilet
Publié chez Kennes Editions, 2016

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Les quais du métro Abbesses fleurissent d’avis de recherche : Ninn a disparu ! Tout au bout de la ligne noire, perchée sur son tigre qui lui sert de guide, Ninn a rejoint les grands lointains : un monde parallèle censé lui fournir toutes les réponses sur ses origines. Si à première vue, il a toutes les apparences d’un monde merveilleux, le comité d’accueil l’est beaucoup moins. Géants de pierre et idées sombres entendent protéger les lieux de toute intrusion…

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√ J’ai apprécié :
☞ La jonction entre les deux mondes parallèles est bien menée, et l’on suit, d’un côté les recherches mises en place pour retrouver Ninn, de l’autre, ses aventures au sein des Grands Lointains.

☞ Le merveilleux est omniprésent : le phare qui ne subit pas la gravité, son improbable escalier ou encore la présence d’étranges créatures comme les salamandres ont de quoi dépayser le lecteur !

☞ Les décors sont tout simplement fascinants : les Grands Lointains, c’est d’abord une nature luxuriante (et parfois austère…), mais aussi des lieux désaffectés, beaucoup moins attrayants.

☞ L’action est omniprésente, et l’histoire riche en rebondissements, tandis que la petite Ninn remonte les traces de ses origines.

☞ Les graphismes sont toujours aussi beaux ! Si l’on perd l’ambiance sombre qui caractérisait le premier tome, Johan Pilet nous offre des couleurs éclatantes. On retrouve, une fois de plus, plusieurs planches en pleine page.

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Toujours aussi captivant, ce deuxième opus est une réelle invitation au voyage, et réunit tous les ingrédients : une jeune héroïne au caractère bien trempé, une histoire originale peuplé d’éléments fantastiques, et des illustrations soignées qui feront le bonheur du lecteur !

Shades of Magic

Shades of Magic; de V.E. Schwab
Publié aux Éditions Lumen, 2017 – 508 pages
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Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d’un monde à l’autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l’âme. Depuis la contagion de l’un de ces Londres, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C’est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire, histoire de défier la famille royale qui l’a pourtant adopté comme son fils. à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l’irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu’une jeune fille du nom de Lila décide, sur un coup de tête, de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui, le compte à rebours est lancé. 

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☞ Un univers bien développé

Victoria Schwab met en place un univers d’une richesse et une complexité que l’on se délecte à découvrir. Construire un monde de A à Z n’est déjà pas chose aisée, mais en mettre en place quatre différents, chacun ayant leur identité, est admirable !

Le lecteur prendra grand plaisir à assimiler l’histoire, les coutumes et les habitudes de chaque Londres présenté. Le tout est en plus savamment dilué au fil de ce premier tome, pour ne pas prendre le risque de noyer le lecteur sous de multiples informations.

☞ Des personnages charismatiques !

Les personnages façonnés par l’auteure contribuent pour beaucoup au charme de cette histoire à base de magie et de mondes parallèles.

Kell, est bien difficile à cerner, tant c’est un personnage est fait de contradictions et de mystères. Tout un pan de son histoire personnelle lui échappe, et si sa fonction d’émissaire entre les différents mondes le rend spécial, il reste l’un des derniers Antaris vivants, ce qui l’isole d’avantage.

Quant à Lila, que dire de cette voleuse débrouillarde, avide de découvertes et de liberté ? J’ai accroché d’emblée à  sa forte personnalité : c’est une jeune fille courageuse, qui n’a pas la langue dans sa poche, et fait preuve d’un cynisme à toute épreuve.

Les deux jeunes gens forment un duo bien assorti, et complémentaire. J’ose espérer qu’une romance ne verra pas le jour dans les prochains tomes, au risque de prendre le pas sur le reste de leur aventure (car il n’y a aucun doute, à la fin de ce premier opus, que leurs routes se croiseront à nouveau !).

☞ et du rythme avec ça !

Les cent premières pages ne sont pas les plus riches en action, puisqu’elle servent d’abord à l’auteure à développer son univers, dense et unique. Le lecteur y découvrira donc tour à tour les différentes versions de Londres, leur histoire commune, et se familiarisera avec le fonctionnement de la magie du sang, ainsi qu’avec les principaux protagonistes.

Passée cette première partie très descriptive, les rebondissements s’enchaînent pour nos deux héros, et Victoria Schwab gère de manière admirable le rythme de son histoire ! Dès lors, on alterne donc entre aventure et action, utilisation de cette magie si particulière, et visite des mondes parallèles sur les pas de Kell et Lila. 

La fin m’a particulièrement séduite : sans cliffhanger insoutenable, Victoria Schwab apporte une conclusion satisfaisante à son récit, tout en laissant suffisamment de questions sans réponse pour que l’on ai envie de foncer lire la suite !

 Riche, sans être trop dense pour autant, ce premier tome est une vraie réussite, et mérite largement toute l’attention qu’on lui a porté à sa sortie ! Des personnages mystérieux, une histoire menée tambour battant, une utilisation de la magie des plus originales, et un univers unique et créatif : l’imaginaire de Victoria Schwab laisse admiratif ! 

En bref :
– un univers richement décrit
  – des personnages haut en couleurs
– un récit haletant

  – un très bel objet livre

Throwback Thursday livresque #9 : Il était une fois

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Voilà un nouveau rendez-vous proposé par BettieRoseBooks ! Le principe est simple : chaque semaine, il s’agit de présenter un livre correspondant au thème donné.

Le livre des choses perdues; de John Connolly
Publié aux Éditions J’ai Lu, 2011 – 380 pages
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L’Europe est sur le point de basculer dans la guerre. Le jeune David est trop petit pour comprendre la politique, mais il n’en ressent pas moins l’inquiétude qui, chaque jour, mine un peu plus les traits de son père. Le garçon se retrouve livré à lui-même, seul avec Rose, celle qui a remplacé sa mère défunte. Mais un jour, la voix de cette dernière l’appelle, elle est là, toute proche, quelque part au fond du jardin, dans ce tronc creux qui, hier encore, n’était pas là… Et voilà David aspiré dans un autre monde, peuplé de créatures tout droit sorties des contes qu’il lit à longueur de journée. Un lieu magique et violent où, au détour de chaque chemin, le guette un danger qu’il doit affronter s’il veut un jour rentrer chez lui.


John Connolly, plutôt connu pour ses thrillers, nous offre ici une espèce de conte, contenant lui-même divers autres contes issus de l’imaginaire collectif. Il revisite ainsi les classiques du genre, en apportant, bien sûr, sa touche personnelle.

Mieux encore, l’esprit sombre des contes traditionnels est conservé, puisque  l’univers dans lequel atterrit le jeune David est bien loin des merveilleux contes de fée rempli de beauté et d’innocence. C’est au contraire un univers glauque, peuplé d’homme et de créatures corrompues.

Ce conte initiatique devrait toucher aussi bien les ados que les adultes, grâce à son héros si attachant et à la plume de l’auteur, efficace mais poétique. John Connoly joue avec les contes et leurs stéréotypes avec beaucoup de talent, et c’est ce qui fait tout le charme de cette fable cruelle et terrifiante.

Et vous, qu’auriez-vous choisi pour ce thème ?

L’Héritage des Rois-Passeurs

L’Héritage des Rois-Passeurs; de Manon Fargetton
Publié chez Bragelonne, 2015 – 375 pages 

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Ombre, univers peuplé de magie, et Rive, le monde tel qu’on le connaît, sont les deux reflets déformés d’une même réalité.Énora est unique : elle peut traverser d’un monde à l’autre. Lorsque sa famille est brutalement décimée par des assassins masqués, elle se réfugie au seul endroit où ses poursuivants ne peuvent l’atteindre. Au royaume d’Ombre, sur la terre de ses ancêtres. Là-bas, Ravenn, une princesse rebelle, fait son retour après neuf ans d’exil passés à chasser les dragons du grand sud. Sa mère, la reine, est mourante. Ravenn veut s’emparer de ce qui lui revient de droit : le trône d’Ombre. Et elle n’est pas la bienvenue.Deux mondes imbriqués. Deux femmes fortes, éprouvées par la vie. Deux destins liés qui bouleverseront la tortueuse histoire du royaume d’Ombre…
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J’ai pris grand plaisir à découvrir Manon Fargetton avec ce roman de fantasy, elle qui fait aussi dans la littérature jeunesse ou le thriller. J’avais repéré qu’elle serait présente au salon de Montreuil pour présenter son dernier roman, aussi, j’attendais de m’y mettre avec impatience et curiosité, persuadée que l’intrigue me plairait : et ce fut le cas !

L’un des points forts du roman est, à mon avis, l’alternance des points de vue qui nous permet de découvrir petit à petit les différents protagonistes. Tous les personnages, quelque soit leur camp, sont extrêmement bien construits. Chacun possède une personnalité forte et souvent un sacré caractère ! Si la princesse Ravenn m’a beaucoup plu, j’avoue avoir eu plus de mal avec Enora, qui n’apporte pas grand chose au roman. J’ai de loin préféré Charly et Julian, les deux frères avec qui elle débarque en Ombre ! Reste que l’on a quand même la présence de deux femmes fortes comme héroïnes, même si la jeune Enora paraît un peu stéréotypée et fade par rapport à Ravenn. Autre point appréciable : la communauté LGBT est également représentée. En effet, la princesse, en plus d’être badass et tueuse de dragons, semble préférer les femmes, au grand damn de son paternel !

Les manigances politiques sont au rendez-vous, puisqu’on s’aperçoit vite que le retour de Ravenn dans la capitale n’enchante pas tout le monde… Dès lors, chacun tente de servir ses propres intérêts. C’est d’ailleurs un aspect qui m’a beaucoup plu dans l’intrigue : on n’est jamais sur de pouvoir se fier à un personnage ou non. Oeuvre-t-il pour le bien ou pour les ennemis de Ravenn ? Est-ce plus ambigu ?

L’immersion dans le roman est immédiate, grâce à la plume de l’auteure, qui va droit au but et ne s’embarrasse pas de phrases complexes ou de longues descriptions. Elle a su doser l’ensemble à merveille pour offrir un univers très complet, sans pour autant perdre le lecteur.
Si Manon Fargetton réussi en si peu de pages à développer tout un univers parallèle au notre, avec une mythologie et des croyances qui lui sont propres, la fin n’en reste pas moins un peu frustrante : L’Héritage des Rois-Passeurs a beau être un one shot, j’aurait tellement aimé en apprendre davantage sur Astria et le reste du royaume ! Difficile de décrocher du roman, tant l’univers est complexe et intéressant !

Si je n’ai rien contre la fantasy à la base, j’avoue ne pas en lire trop souvent de peur de m’engager dans une série à rallonge, ou bien de trouver la plume des auteurs pleine de fioritures… Il n’en est rien avec ce roman là, un one shot dont l’univers  suffisamment  développé et les personnages bien campés saura séduire ses lecteurs à coup sur (et peut être même en réconcilier plus d’un avec le genre !).

En bref :
une plume magique !
– des personnes haut en couleurs
– un univers maitrisé dans les moindres détails
– bien trop court !