Somali et l’esprit de la forêt : un enchantement visuel !

Somali et l’esprit de la forêt; par Yako Gureishi
Publié chez Komikku Editions, 2016

Depuis que le monde est dominé par les créatures non-humaines, les hommes en sont réduits à mener une existence clandestine pour échapper à la persécution sans répit des nouveaux maîtres. Un jour, un golem, gardien des forêts, recueille une fillette appartenant à cette race humaine en voie d’extinction et décide d’entreprendre avec elle un périlleux voyage à travers les contrées.  Ainsi commencent les aventures de cet étrange duo dépareillé, mais uni par un attachement quasi filial.

4
J’ai apprécié :

☞ Les deux personnages principaux sont attachants à souhait ! Leur relation quasi père-fille est touchante dans sa simplicité et sa dualité : Somali, avec sa petite bouille ronde et sa fragilité, est physiquement à l’opposé du golem, qui s’impose vite comme son protecteur. 

☞ Dépaysant à souhait, Somali et l’esprit de la forêt est très contemplatif et nous donne à découvrir un univers à la fois fantastique et poétique. Les créatures fabuleuses que croise notre duo (lapins à cornes, drôles de poissons mangeurs de livres, démons apothicaires, ou encore sorcières cuisinières) nous immerge en quelques pages seulement !

☞ Dans l’histoire, le golem fait figure de gardien des forêts, et la nature se meurt une fois qu’elle perd son protecteur : ce soucis de l’environnement m’a rappelé les œuvres de Miyazaki, dans lesquelles on retrouve souvent cette thématique. 

☞ Comment ne pas être séduit par les merveilleuses illustrations ? Mettant en scène la nature luxuriante et des petits villages pittoresques, la technique graphique m’a un peu rappelé la série de mangas Les enfants de la Baleine. Bref, les décors sont grandioses, le soucis du détail est vraiment là, et j’étais emballée dès les premières pages !

somali_et_l_esprit_de_la_foret_t01_visuel_presse


☞ L’intrigue se met en place doucement, laissant entrevoir au lecteur un conte cruel à mesure que l’on découvre le sort réservé aux humains…

C’est un vrai moment de poésie que nous offrent les éditions Komikku, dont je découvre peu à peu les publications, pour mon plus grand plaisir ! (si, si rappelez-vous : L’enfant et le maudit, Le maître des livres, Minuscule, ou encore The Ancient Magus Bride, ce sont eux aussi !) Dans le cas présent, Somali et l’esprit de la forêt propose des pistes intéressantes sur la tolérance, mais aussi sur l’extinction de certaines espèces (ici, l’être humain) : le tout donne sérieusement à réfléchir sur le devenir de notre société, et plus largement de notre planète. 

Publicités

Histoires musicales pour petites oreilles♫

Sur les conseils d’une collègue, j’ai récemment écouté/regardé deux nouveautés jeunesse qui étaient arrivées à la médiathèque. Si je ne suis pas particulièrement friande des histoires illustrées et racontées sur CD en paralèlle (en plus, je n’ai pas d’enfants !), je suis pourtant tombée sous le charme de ces deux opus édités par Acte Sud, qui feront d’excellents cadeaux pour les enfants de votre entourage ! 


Allô docteur Ludo : comédie médicale ; de Olive et moi
Raconté par François Morel & illustré par Arnaud Boutin

Acte Sud Junior, 2012 – 48 pages
[A partir de 5 ans]

Allo-Docteur-Ludo

Le docteur Ludo est doudoutologue : il ne soigne pas les humains, mais les jouets, les peluches, les robots, les poupées… C’est un médecin réputé ; tous les mercredis, sa salle d’attente est pleine à craque. Parfois, il s’y passe des choses vraiment bizarres… 

coupdecoeur

L’histoire à la fois loufoque et intelligente présente plusieurs niveaux de lecture, ce qui satisfera aussi bien les enfants que leurs parents qui devraient saisir les jeux de mots et les références présentes dans le texte. 

On alterne entre lecture narrative et musique, et tout y est parfait : François Morel fait un narrateur remarquable, et les chansons -au nombre de cinq- sont rythmées et entraînantes, avec des paroles sensées. 

Signalons également les illustrations naïves et colorées de Arnaud Boutin, qui accompagnent parfaitement le ton humoristique de l’histoire !

Pour moi, l’ouvrage est accessible dès 5 ans (ça risque d’être compliqué avant niveau compréhension), jusqu’à pas d’âge ! Bref, à écouter sans modération, même si l’album n’est, à priori, pas remboursé par la Sécu 😉 

 


Un petit deuxième pour la route ? 😉


Le stylo à cancre ; de Olive et moi
Raconté par François Morel & illustré par Elisa Gehin
Acte Sud Junior, 2008 – 48 pages
[A partir de 5 ans]

Le-stylo-a-cancre


Moi c’est Simon. J’ai toute une classe de peluches et d’animaux qui m’attend à mon retour de l’école. Dans ma chambre, c’est moi le maître, le prof, le super héros. Sauf que mes élèves m’en font voir de toutes les couleurs… Pas étonnant que je sois fatigué !

5

Là encore, Olive & moi nous offre une histoire touchante et originale : les calembours et sous-entendus sont irrésistibles et font de ce livre-CD un petit bijou à offrir tout autour de soi !

Côté chansons les airs restent bien en tête, se retiennent vite, et rythment agréablement l’histoire lue par François Morel, dont l’interprétation est décidément impeccable. Si l’ensemble m’a un peu moins séduite que Allô docteur Ludo, reste qu’on  regrette presque qu’il n’y ait pas d’avantage de chansons sur chaque histoire !

Attention cependant, toutes les fantaisies de Simon pourraient bien donner des idées aux plus jeunes, car le garçon est très inventif quand il s’agit d’enseigner dans sa classe fictive : dissection de Pokemon, élevage de poux, dictée de mots d’excuses… autant de matières qui n’ont pas leur place à l’école traditionnelle. 

C’est le 1er *enfin presque* , je balance tout ! #11

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-fuchsia

Créé par Julia, du blog Allez vous faire lire, ce rendez-vous mensuel a (un peu) vocation à proposer une alternative au fameux « C’est lundi que lisez-vous ? ».

Nous y voici, nous y voilà : 2018 est à nos portes. Enfin, on l’a même carrément laissée rentrer là ! Ce qui m’amène à l’allocution suivante : 

giphy
Bonne année à tous !

C’est bon, on peut passer à autre chose ? Alors let’s go, j’ai deux/trois trucs à dire sur ce que j’ai lu récemment 🙃


1. Top & flop du mois


 Enfin disons plutôt « le peu que j’ai lu », car le bilan du mois n’est pas mirobolant : 

  • J’ai beaucoup apprécié Megumi et le fantôme, ainsi que Baby-Sittor, deux romans jeunesse particulièrement mignons !
    Tous deux abordent les relations familial et le poids du passé à leur manière : dans le premier, nous accompagnons une jeune japonaise sur les traces de ses ancêtres,  tout en se familiarisant avec le Japon et ses traditions, tandis que le second nous présente la petite Nine, surprotégée par sa mère suite à un drame familial. Tous deux sont d’une qualité littéraire certaine, et surprennent par leur thème original : idéal à lire dès 8-9 ans.
  • A l’instar de son bouleversant Inséparables, Sarah Crossan m’a de nouveau fait pleurer honteusement à la lecture de Moonrise, même si je dois avouer qu’il m’a moins fait d’effet que son prédécesseur (mais c’était quand même drôlement dérangeant, j’avais même la nausée parfois, c’est vous dire).
    On y suit donc Joe, dont le frère, emprisonné depuis des années, sera exécuté à la fin de l’été. Commence alors un terrible compte à rebours où les souvenirs d’enfance affluent, accompagné de l’espoir un peu fou de pouvoir retarder l’inévitable. 
giphy (1).gif
Bref, grosse chialade en perspective…
  • Pour rebondir sur des choses plus joyeuses et éloignées de nos quotidiens, j’ai aussi dévoré deux excellents romans de fantasy ce mois-ci ! J’avais déjà longuement parlé du premier tome de Roslend ici, eh bien le deuxième opus est toujours aussi chouette ! Pour résumer, c’est prenant et original, et l’écriture n’est pas en reste. Si vous aimez la littérature de l’imaginaire, les histoires à base de mondes parallèles, et les récits historiques, vous devriez y trouver votre compte puisque Nathalie Somers mélange admirablement le tout !
    Et comment ne pas parler des Chroniques du tueur de roi qui sont décidément un petit chef d’oeuvre ! Patrick Rothfuss a un talent indéniable pour raconter les histoires, et son univers m’enchante chaque fois un peu plus. Il me tarde de lire la
    suite, mais je me restreins, sachant que le troisième tome n’est pas encore paru !

 

  • Avec la sortie au cinéma de la nouvelle adaptation du « Meurtre de l’Orient Express », j’ai eu envie de me replonger dans l’oeuvre d’Agatha Christie. Pour ça, et vu la période, j’ai opté pour la lecture, en anglais, du Noël d’Hercule Poirot, que je n’avais encore jamais lu (spoiler : ça se lit très bien, n’ayez pas peur de la langue). Force est de constater qu’à chaque fois c’est la même chose : j’élabore une dizaine de scénarios différents dans ma tête, et au final, la reine du crime trouve le moyen de me surprendre totalement ! 

 

giphy.gif

Ce mois-ci, mes lectures ne m’ont pas vraiment permis de compléter le challenge Les Irréguliers de Baker Street (pour plus d’infos, l’article explicatif se trouve juste là). J’arrive donc à un total de 16/60 avec un seul point validé : 

11) L’Escarboucle Bleue : lire un livre se passant à la période de Noël : Hercule Poirot’s Christmas


2. Les chroniques des autres


oeufward2

Et là je suis obligée de mentionner le chouette concept de Kara et Kin, alias Plumes de Lune : la Cérémonie annuelle des Oeufwards

Les filles y dressent un petit bilan de l’année écoulée et décernent des prix spéciaux à leurs lectures selon la beauté de la couverture, l’univers le plus original, ou encore la romance la plus reloue. Bref, tu l’auras compris, c’est du fun en perspective ! 

PS : Et plus largement, je conseille leur blog à 356%, le ton décalé de leurs chroniques me fait mourir de rire à chaque fois ! 


3. Ce qu’il se passe de chouette sur le web


  • Certaines séries dont il me tardait de voir la suite débarquent sur Netflix en ce début d’année ! Parmi elles l’incontournable Black Mirror, mais aussi Fargo et surtout la deuxième saison de la série la plus WTF du monde : j’appelle à la barre Dirk Gently !Sérieusement, si vous êtes adeptes de l’humour britannique et que les histoires déjantées ne vous rebutent pas : foncez !

dg-1


4. Et moi dans tout ça ?


Rien de neuf sous le soleil : je passe toujours l’essentiel de mon temps libre sur Zelda Breath of the Wild, j’essaye de trouver des recettes végétariennes qui me bottent (et qui puissent satisfaire Monsieur Point c’est tout en même temps!), et je tâche de venir à bout de mes lectures « obligatoires » pour me consacrer à des romans qui me fassent davantage envie !

Albumez-vous #10 : Histoires de Noël 🎄🎅

new-piktochart_24434336

Sans grande surprise vu la période, je reviens en fanfare (après des semaines d’absence, mais chuuuut !) pour vous proposer une sélection d’albums de Noël qui figurent parmi mes préférés. 

Lettres timbrées au Père Noël ; par Elisabeth Brami & Estelle Billon-Spagnol
Publié chez Talents Hauts, 2017
[A partir de 5 ans]

61gnddfmx2bl

Tout est dans le titre. Oui parce que les lettres au Père Noël, on a l’habitude merci, mais les lettres de réclamation, un peu moins, et c’est ce qui fait la grande originalité de cet album !

Les auteures ont ainsi imaginé une vingtaine de lettres écrites par des enfants d’âge et d’origine différents, pour qui Noël n’a pas été parfait. Cadeau abîmé ou inadapté, toutes les situations prêtent à sourire, ou à réfléchir sur la manière dont on aborde cette fête désormais très (trop?) commerciale : l’occasion de rire, mais également d’amener les enfants à la discussion de certains thèmes (question du genre, maladie, racisme, inégalités à travers le monde…)

La mise en page très variée des lettres rend l’album terriblement dynamique : chaque lettre est ainsi rendue unique de par une typographie, un style d’illustration, et un ton différent. 

Sans titre.png

Si Lettres timbrées […] figure parmi mes petits chouchous de cette sélection, c’est parce qu’il apporte un vent de fraîcheur dans un type d’album d’habitude très classique et stéréotypé. A la fois amusant et étonnant, il permet aussi aux enfants de s’interroger sur la symbolique de cette fête, et sur les inégalités sociétales. Un must have donc !

Que fait le Père Noël quand il ne distribue pas de jouets aux enfants ?
par Céline Lamour-Crochet & Olivier Daumas
Publié chez Bilboquet Editions, 2011
[A partir de 3 ans]

a1w-xe0jrdl

Incroyable mais vrai : le Père Noël aurait une vie en dehors de sa tournée annuelle ! Mais alors que fait-il les autres mois de l’année ? C’est ce que cet album se propose de faire découvrir aux enfants curieux !

Chaque double page décline les activités du gros barbu au fil des mois : dégustation de la galette des rois, déguisement de carnaval, vacances à la plage… l’occasion pour les petits lecteurs de réviser le calendrier ainsi que les activités ou fêtes liées à chaque mois.  

Drôle et surprenant, cet album dépoussière efficacement l’image du Père Noël, tout en amusant les enfants. On admire l’inventivité des auteurs, ainsi que la patte graphique très reconnaissable (et tellement chouette !) d’Olivier Daumas, qui est pour beaucoup dans le charme du livre. 

que_fait_pnoel_extrait

Joyeux Noël petite souris !; par Audrey et Don Wood
Publié chez Mijade, 2006
[A partir de 2/3 ans]

915zjatrq9l

L’originalité de ce joli album, c’est l’interactivité présente entre le lecteur et la petite souris de l’histoire, puisqu’on s’adresse directement à elle, ce qui est peu courant dans les livres. 

« Bonjour, petite souris. Je vois que tu es prête pour Noël. Oh là là ! Que de cadeaux ! Ils sont tous pour toi ? Mais dis-moi, petite souris, et le gros ours affamé, alors ? As-tu pensé à lui, blotti dans sa caverne si froide et si noire tout en haut de la colline ? Le gros ours affamé aime tellement les cadeaux de Noël ! … »

La souris, d’abord inquiète, entreprend de mettre ses précieux sous clé…avant de se décider à jouer la Mère Noël chez le gros ours oublié. La chute de l’histoire peut sembler prévisible, mais les auteurs ont réservé aux lecteurs une dernière surprise ! 

DSC00442.jpg

Les images subliment complètement le texte : l’expression de la souris est fabuleuse (ce qui rend les différentes émotions d’autant plus perceptibles pour les plus jeunes), et le travail sur la lumière est incroyable ! On en redemande !

Noël chez Ernest et Célestine; par Gabrielle Vincent
Publié chez Casterman, 2011 (première parution en 1983)
[A partir de 4 ans]

71gpokhfa2l

Si vous ne connaissez pas encore ces bijoux de la littérature jeunesse, je ne peux plus rien pour vous (à part vous en présenter un échantillon ici justement) ! Ernest et Célestine, ce sont des livres chaleureux et pleins de bienveillance, qui laissent petits et grands ravis. 

Une fois n’est pas coutume, l’histoire est tendre et touchante, et présente une manière différente de fêter Noël : Ernest et Célestine veulent organiser un réveillon avec tous leurs amis, mais n’ont pas d’argent à y consacrer…heureusement, la petite souris ne manque pas d’idées créatives pour palier ce manque !
Gabrielle Vincent délivre encore un joli message d’humanité, loin de toute surconsommation, et montre qu’on n’a finalement pas besoin de grand chose pour s’amuser et passer un moment agréable. Bref, une jolie façon de rappeler aux plus jeunes les vraies valeurs de Noël, qui ont tendance à être oubliées à l’heure actuelle… 

Sans titre.png
Evidemment, les aquarelles de l’auteure donnent tout leur charme aux albums !

Noël de sapin; par Michel Gay
Publié chez L’Ecole des loisirs, 1999
[A partir de 2 ans]

71nzhbjfwjl

C’est sans doute le plus simple de la sélection, mais aussi un des plus touchants à mon sens.

Nul Père Noël dans ces pages pour une fois ! Noël de sapin reprend la trame du célèbre conte Le Petit Sapin, de Andersen, et nous éclaire sur le devenir des arbres de Noël après les fêtes, souvent abandonnés sur le trottoir une fois le jour J passé (avec néanmoins une fin heureuse ici !). 

Le texte s’avère très facile d’accès, les illustrations simples mais efficaces, ce qui rend l’album adapté aux plus petits dès 2/3 ans. De plus, le récit comporte un aspect écologique qui permettra d’ouvrir la discussion avec les enfants pour les sensibiliser à l’environnement. 


Sur ce, je vous laisse vous goinfrer de bûche : moi je file lire au chaud !

giphy.gif

C’est le 1er *hum, le 13* , je balance tout ! #10

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-fuchsia

Créé par Julia, du blog Allez vous faire lire, ce rendez-vous mensuel a (un peu) vocation à proposer une alternative au fameux « C’est lundi que lisez-vous ? ».

Nous voilà déjà mi-décembre, je suis comme qui dirait grave à la bourre pour mon bilan du mois dernier ! 

giphy (2).gif

Vous l’avez peut-être remarqué (ou pas, personne ne vous en voudra !), j’ai été très absente des réseaux sociaux et du blog dernièrement.

Plusieurs raisons à ça :
   – l’envie de rédiger mes avis de lecture n’était plus tellement là
   – j’avais besoin de me consacrer à d’autres activités/supports
   – le boulot m’a méchamment prise en otage 
  – je me suis laissée submerger par Zelda Breath of the Wild, meilleur jeu de tous les temps selon moi ! 😉 

Bref ce qu’il faut en retenir, c’est que : 

giphy.gif


1. Top & flop du mois


Une fois n’est pas coutume, ce sont des BD qui m’ont le plus emballée ce mois-ci ! 

  • J’avais découvert (et adoré!) le travail de Skottie Young sur Le magicien d’Oz alors quand ma collègue a rapporté I hate Fairyland à la médiathèque, je me suis jetée dessus…et j’ai bien fait 🙂 Pour qui aime le gore et l’humour très noir, les aventures de Gertrude prêteront à rire ! Je m’arrête là, car j’ai bien l’intention d’en parler plus en détail dans une chronique dédiée. 
  • Même chose pour la série de mangas Somali et l’esprit de la forêt qui m’a comblée par son côté contemplatif, ses très jolies illustrations et la poésie qui s’en dégage. 

Côté roman, je les attendais avec impatience mais les nouveaux Pullman et Lackberg m’ont un peu déçue… J’ai trouvé à La Sorcière des longueurs à plusieurs reprises, et plus que tout, c’est la fin qui m’a déçue ! Trop banale à mon goût après tout le cirque que l’auteure fait dans l’intrigue, ce n’est pas l’opus de la série que je conseillerais le plus… En ce qui concerne La Belle Sauvage, j’ai trouvé ma lecture très plaisante, mais il m’a manqué quelque chose pour que je l’élève au niveau de la trilogie originale de Pullman. On en parlera sans doute prochainement par ici 🙂 

En revanche, Tom Patate et Le Combat d’hiver furent de très bonnes surprises ! Tous deux étaient des lectures « obligatoires », puisque nous allons recevoir leurs auteurs à la médiathèque en 2018, et j’aimerais être au point pour les accueillir ! 

Le challenge Les Irréguliers de Baker Street avance doucement, mais sûrement (pour plus d’infos, l’article explicatif se trouve juste là). J’arrive cette fois à un total de 15/60 avec deux nouveaux points validés. 

21) Le Gloria Scott : lire un livre se déroulant en partie sur un bateau : La Belle Sauvage
46) La disparition de Lady Frances Carfax : lire un livre traitant de la disparition d’une personne : La Sorcière


2. Les chroniques des autres


Vu mon manque d’activité sur le web ces derniers temps, on pourrait s’attendre à ce que je n’ai rien à proposer dans cette rubrique… 

giphy (1).gif
… sauf que si ! 
  • Moun a sorti un nouvel opus de « Lire ou ne pas lire », consacré cette fois à un monument de la fantasy contemporaine : Le Nom du Vent, de Patrick Rothfuss (le barbu de la vignette là). Ayant lu le premier tome il y a peu, j’ai pu zyeuté ça sans me spoiler (d’ailleurs point cool : la vidéo ne contient aucun spoil), et je partage son opinion sur tous les points abordés ! 

3. Ce qu’il se passe de chouette sur le web


Récemment, deux vidéos ont fait fondre mon petit cœur de lectrice :

  • D’abord celle de Celine Online, qui met divinement en valeur recueil Histoires du soir pour filles rebelles ! Pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion d’avoir ce bijou entre les mains, il s’agit d’un très très très bon livre tous publics retraçant en une double page le portrait de cent femmes qui brisent les stéréotypes. Elles sont journalistes, sportives, musiciennes, d’origine diverses, et ont de quoi inspirer toutes les femmes et petites filles du monde.
  • Le prochain coup de cœur est sponsorisée par la booktubeuse la plus pipounette de tout le web : j’ai nommé Lemon June ! Elle retrace devant nos yeux embués son parcours de lectrice, à travers diverses œuvres qui l’ont marquée durablement. Un bonheur à voir et entendre, chargé en émotion. 

4. Et moi dans tout ça ?


 

  • J’ai survolé l’essentiel : le Père Noël est passé en avance chez moi, et depuis que j’ai découvert Mario Odyssey et surtout Zelda Breath of the Wild (<3), ma vie sociale est réduite à néant et je vous spamme sans vergogne sur les réseaux sociaux (déso, pas déso) 😀 

SI_WiiU_TheLegendOfZeldaBreathOfTheWild

  • téléchargement
    Secondo, et quand même pas des moindres : j’étais au salon jeunesse de Montreuil les gars !

    Ce fut l’occasion de saluer quelques têtes amicales, d’écouter des auteurs passionnants, de manger n’importe comment pendant quatre jours, et de faire du repérage de bibliothécaire pour les prochaines commandes, le tout en étant de plus en plus malade et désagréable au fil du week-end !

 

Qu’on se le dise, je n’aime pas vraiment la période de Noël, qui perd totalement ses valeurs initiales selon moi. Mais comme ça ne se fait pas de quitter les gens comme ça (askip), je vous laisse avec un gif de Doctor Who. (Comment ça « encore ?! Les râleurs, je vous vois.)

giphy.gif

Les mystères de Larispem : un mélange détonnant !

Les mystères de Larispem T1 : Le sang jamais n’oublie; de Lucie Pierrat-Pajot
Gallimard  Jeunesse, 2016 – 260 pages
61u-bauwnal

LARISPEM, 1899
Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent…  Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville.
Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

5

Lauréat de la deuxième édition du Concours du Premier Roman Jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL, Les mystères de Larispem a su se démarquer grâce à l’originalité de son récit et la richesse de son univers.

Après tout, il fallait y penser à cette uchronie ! Dans cette version de l’Histoire, la Commune de 1871 a été un grand succès, permettant aux Communards de prendre le pouvoir et de bannir les aristocrates. Désormais, c’est l’égalité pour tous qui prévaut, Paris est devenue la Cité-Etat de Larispem et a affirmé son indépendante du reste de la France.

Au lecteur de se familiariser avec cet univers au fil des pages : se réapproprier les noms des rues, apprendre que la Tour Eiffel n’a jamais été construite mais qu’une Tour Verne existe…!

On appréciera de suivre tour à tour chacun des trois jeunes héros : Liberté, Carmine et Nathanaël, dans leur quotidien. Quotidien qui paraît assez banal de prime abord. Pourtant, Carmine, apprentie louchébem (=boucher) n’hésite pas à commettre des cambriolages la nuit en compagnie de Liberté, jeune mécanicienne de talent et peu sûre d’elle. Quant à Nathanaël, il est orphelin et n’a presque jamais mis les pieds dehors, mais croit déceler un mystère dans son orphelinat et décide de mener discrètement l’enquête. Tous les personnages sont assez bien construits, même si j’ai trouvé qu’il leur manquait un peu de profondeur. Ceci dit, ils sont d’un naturel optimiste et insouciant, assez pour que le lecteur s’identifie à eux.

Ici, les codes de la littérature jeunesse sont bien présents et très respectés, ce qui fait des Mystères de Larispem un roman estampillé “jeunesse”, là où La Passe-Miroir pouvait se lire à tout âge et séduire également un public adulte. Ceci dit, ce n’est pas un réel défaut, mais le fait que ces deux romans soient lauréats du même concours pousse inévitablement à la comparaison !

Ce premier tome est donc surtout une grande introduction à l’univers si particulier que nous propose l’auteur. Lucie Pierrat-Pajot nous plonge dans une intrigue captivante, mêlant habilement le côté historique à une pointe de fantastique, le tout dans une merveilleuse ambiance steampunk. On suit avec plaisir les pensées des trois personnages principaux en même temps que l’on découvre le fonctionnement de Larispem. Bref, Le sang jamais n’oublie constitue le premier tome d’une trilogie qui s’annonce assez unique en son genre !

En bref :
– un univers unique
  – de jeunes héros attachants
  – le mélange de plusieurs genres, très bien mené

 


Un petit mot sur le 2ème tome ? 


 

cvt_les-mysteres-de-larispem-iiles-jeux-du-siecle_9401

Au début du XXe siècle, les grands jeux de Larispem sont organisés. Carmine, Louchébem et Nathanaël forment l’une des six équipes. Mais ils font aussi face à la redoutable comtesse Vérité, qui manoeuvre en secret pour s’emparer de la Cité-Etat. Ils doivent pour cela déchiffrer le livre de Louis d’Ombreville.

5

Après avoir découvert le très surprenant premier tome de la série, il me tardait de dévorer la suite ! 

Tandis qu’ils s’accomplissent chacun au niveau professionnel, nous retrouvons Carmine, Nathanaël, et Liberté dans une alliance très attendue dans le cadre de leur participation aux Jeux du siècle. Inutile de dire que de nombreuses péripéties les y attendent, et qu’on cherchera à leur mettre des bâtons dans les roues ! 

En parallèle de cette grande aventure, d’étranges évènements se produisent dans la Cité-Etat. Les Frères de Sang sont décidés à faire parler d’eux, et menacent la paix de Larispem, à travers plusieurs sabotages d’automates et menaces publiques. Le roman prend alors une tournure plus sombre et l’on apprend ainsi à connaître cette association inquiétante qui gravite autour de nos  trois héros.

Si l’on retrouve le mélange de magie, d’histoire et de complots, qui faisait tout le charme du premier opus, ce tome-ci est beaucoup plus tourné vers l’action.
L’un des points forts de la saga, reste, bien sûr, son contexte si original : quel plaisir de découvrir un Paris entièrement revisité, indépendant du reste du pays, et d’admirer la suprématie technologique de Larispem !

A côté de ça, les personnages sont pour beaucoup dans la réussite de la série : notre trio se révèle de plus en plus, et certains protagonistes m’ont agréablement surpris. Liberté, notamment, s’affirme complètement, et j’ai trouvé le personnage de Nathanaël très agréable dans ce nouvel opus, lui qui ne m’avait pas forte impression dans l’introduction.

Il n’y a pas à dire, Lucie Pierrat-Pajot confirme son talent avec ce nouveau livre, à travers une plume fluide, un univers unique et une grande imagination ! Après un premier tome très introductif, le lecteur rentre dans le vif du sujet, et va de rebondissement en rebondissement. Les nombreuses révélations de l’auteure, ainsi que la conclusion du roman, qui nous laisse méchamment sur notre faim, ne peuvent que donner envie de poursuivre l’aventure aux côtés de Carmine, Liberté et Nathanaël !

Une histoire des abeilles 🐝

Une histoire des abeilles ; de Maja Lunde
Publié chez Les Presses de la Cité, 2017 – 388 pages

cvt_une-histoire-des-abeilles_9583
Angleterre, 1852. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Mais la découverte de l’apiculture réveille son orgueil déchu : décidé à impressionner son unique fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils s’est converti au végétarisme et rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d’une exploitation menacée chaque jour un peu plus par l’inquiétante disparition des abeilles ?
Chine, 2098. L’Effondrement de 2045 a laissé la planète exsangue. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser les fleurs à la main. Pour son petit garçon, elle rêve de l’avenir réservé à l’infime élite. Seulement, un jour, Wei-Wen tombe dans le coma après s’être aventuré seul dans une forêt… Afin de comprendre ce qui est arrivé à son fils, Tao se plonge aux origines du plus grand désastre de l’humanité.

5

☞ Un rythme plaisant

Trois époques, trois familles, et narrateurs différents. C’est le point de départ du roman de Maja Lunde, qui alterne donc de courts chapitres pour nous faire découvrir ces trois récits simultanément.
Si vous êtes déjà passés par ici, vous connaissez mon amour pour ce genre de construction où l’on alterne entre plusieurs époques ou protagonistes. Une histoire des abeilles n’a pas fait exception et je me suis laissée embarquée avec facilité par le processus, d’autant que tous les chapitres se terminent de manière à ce que le lecteur aie très envie de connaître la suite

Malgré des perspectives et des zones géographiques très différentes, les trois histoires se rejoignent via un fil conducteur contenu dans le titre : l’apiculture. 

Des débuts de l’apiculture…

Il faut bien garder à l’esprit que le roman reste avant tout une œuvre de fiction, bien que très documenté. Ainsi, on en apprend davantage sur la vie et l’habitat des abeilles, ainsi que sur la fabrication des ruches modernes via le récit de William Savage au 19e siècle.

1851, 2007 et 2098 : le lecteur fait des bonds dans le temps, et la frontière des différentes époques est ainsi floutée, nous faisant prendre conscience que le futur décrit par Maja Lunde n’est finalement pas si loin…

☞ … au roman d’anticipation

Dès 2007, avec le récit de George, apiculteur américain très respectueux de ces petites protégées, l’auteure fait un constat alarmiste : les abeilles disparaissent. Ce phénomène porte un nom officiel : le CDD, allias le « Colony Collapse Disorder » ou « Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles » en français.
Dans la continuité, l
a dernière histoire du roman nous dépeint un monde qui a tout du cauchemar, quasi dystopique : après « l’Effondrement », bien des espèces se sont éteintes, et pour subsister et sauver le peu qu’il reste, les hommes se voient contraints -en Chine du moins- de polliniser les arbres eux-mêmes en trimant du matin au soir.

☞ La filiation

En plus de l’aspect écologique très important dans le roman, Maja Lunde traite également des relations familiales dans ses trois histoires, en insistant particulièrement sur le lien filial. Culpabilité, héritage, non-dits : les relations familiales apparaissent dans toute leur complexité, authentiques et touchantes.
Le tout est abordé avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, et la narration systématique à la première personne renforce, selon moi, le sentiment d’immersion du lecteur. 
 

Pas de doute, Une histoire des abeilles éveille les consciences et pousse à la réflexion. Sans jamais prendre un ton moralisateur, l’auteure cherche à nous montrer comment notre mode de vie compromet l’avenir de notre planète, tout en gardant une touche d’espoir et de poésie pour éclairer le récit. Mélangeant agréablement plusieurs genres (historique, anticipation, contemporain…), la plume de l’auteure nous accompagne agréablement pour ce très joli voyage dans la nature.

En bref, ce roman c’est :
– des portraits travaillés
– une vraie réflexion sur l’écologie
– une saga familiale passionnante
– une dimension dystopique