Throwback Thursday livresque #18 : si je devais vivre dans la peau d’un personnage

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Voilà un nouveau rendez-vous proposé par BettieRoseBooks ! Le principe est simple : chaque semaine, il s’agit de présenter un livre correspondant au thème donné.

Le cœur des louves; de Stéphane Servant, 541 pages
Publié chez Le Rouergue (collection DoAdo), en 2013

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Célia et sa mère Catherine, une ancienne écrivaine à succès en panne d’écriture et à bout de ressources, reviennent vivre dans la maison de la grand-mère. Le village est perdu au fond de la vallée, avec ses montagnes couvertes de forêts et son lac Noir. Leur retour ne semble plaire à personne. Petit à petit, le lecteur s’enfonce au cœur des secrets de cette petite communauté fermée sur elle-même. Amours, haines, malédictions s’enchaînent sur plusieurs générations. Certains croient encore en cette légende de femme louve commandant aux bêtes sauvages… Pour découvrir ce qui se cache sous la surface des choses, Célia va devoir se tailler un chemin entre mensonges en superstitions. 

Il est difficile de résumer une lecture aussi bouleversante en quelques lignes… Ce roman, il m’a fait palpité le cœur, m’a agrippée pour ne me libérer que 540 pages plus tard.

Proche d’une espèce de conte initiatique, l’histoire nous entraîne dans un huis-clos à l’ambiance sombre et pesante, sur fonds de secrets de famille multigénérationnels. Réaliste à ses débuts, le récit prend pourtant une tournure presque onirique à certains moments.

Quant à la plume de Stéphane Servant, elle a tout d’exceptionnel : douce et furieuse à la fois, pas niaise pour deux sous, elle se fait poésie et émotion au fil des pages.  En un mot ? Magistral. 

Difficile de parler du personnage de Célia sans en dévoiler trop sur le roman… Pour faire court, c’est une jeune fille courageuse, pleine de vie, mais un peu naïve aussi, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds ! A travers son histoire et celle de sa grand-mère, l’auteur met en avant les traumatismes subis par les femmes à cause de la violence des hommes. Pour autant, Célia, comme sa grand-mère avant elle, refuse de se positionner en victime et décide d’être une femme forte bataillant pour sa liberté.

Véritable source d’inspiration, Célia à une fureur de vivre en elle, et la volonté de ne pas se soumettre à la domination masculine. Bref, un personnage fort dans un roman ado que l’on peut qualifier de véritable « pépite ». 

Et vous, qu’auriez-vous choisi pour ce thème ?

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Throwback Thursday livresque #17 : printemps et renouveau

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Voilà un nouveau rendez-vous proposé par BettieRoseBooks ! Le principe est simple : chaque semaine, il s’agit de présenter un livre correspondant au thème donné.

Quatre soeurs T3 : Bettina; de Malika Ferdjoukh, 208 pages
Publié chez L’École des Loisirs, en 2003

Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill’Hervé. Renouveau ? Oui. Harry et Désirée, les petits cousins, viennent passer des vacances au grand air. Charlie, à sec, s’est résignée à louer la chambre des parents. Le locataire s’appelle Tancrède, il est jeune, célibataire, drôle, fabricant d’odeurs bizarres. Et beau. Primeurs ? Trop. On retrouve des poireaux nouveaux partout, dans la soupe, coincés dans un cadre de tableau et même dans le pot d’échappement de la voiture de Tancrède. Toujours lui. Amours ? Hélas. Tancrède sème le trouble et récolte la tempête dans le cœur de Charlie. Bettina se languit du très très moche et si splendide Merlin. Enid fait des confidences. Geneviève se tait. Et Mycroft, le rat, tombe amoureux à son tour…

Quatre soeurs, c’est la série phare de Malika Ferdjoukh. Composée de quatre tomes, elle met en scène le quotidien, saison par saison, de cinq sœurs (lève la main si, toi aussi, tu penses qu’il y a un problème de logique dans le titre!) orphelines à la Vill’Hervé, leur vieille villa de bord de mer. Tome après tome, l’auteure nous fait pénétrer dans l’intimité de cette fratrie fantaisiste. Mis à part pour l’aînée -Charlie-, chaque livre nous présente l’une des sœurs, ainsi que ses petits tracas du moment. Le troisième -celui consacrée à Bettina donc- nous plonge en plein printemps du renouveau dans la famille Verdelaine.

L’argument de taille pour découvrir la série, ce sont ses merveilleux personnages ! D’abord, on tombe sous le charme de chacune des sœurs : Enid est intrépide, très imaginative et a pour camarades de jeu un écureuil et une chauve-souris. Hortense, elle, est complètement bloquée par sa timidité, et a constamment le nez plongé dans les livres. Quant à Bettina, c’est un peu l’adolescente pimbêche par excellence, celle qui énerve et émeut en même temps. Geneviève -la presque plus grande mais pas tout à fait- est un peu la maman de chacune : toujours occupée à préparer des petits plats, soigner les bobos et les cœurs blessés, mais cache un (super!) secret. Enfin, il y a Charlie, l’aînée de la fratrie. Dotée d’un sacré caractère, elle est toujours surmenée, et s’inquiète constamment des trop nombreuses factures qui s’entassent.

A côté de ça se profile une vaste galerie de personnages secondaires tous plus géniaux les uns que les autres ! Que ce soit l’insupportable tante Lucrèce et son cabot, le très dévoué Basile, ou Harry et Désirée, les cousins bruyants, une chose est sûre : on fait tout pour faire durer le plaisir de la lecture !

Enfin, parlons des BD, car oui, Quatre sœurs a fait l’objet d’une adaptation en bande dessinée ! La talentueuse Cati Baur s’y est attelé avec sensibilité, nous permettant de rêver les yeux ouverts ! Ainsi, la Vill’Hervé, personnage presque à part entière de la saga, prend forme sous nos yeux, de même que Mycroft le rat, ou l’horrible tante des jeunes filles.
Grâce à ses illustrations réalisées à la plume et à l’aquarelle, on se laisse happer avec délice par l’univers mis en place par Cati Baur. Le temps semble comme suspendu quand on se penche sur les jolies teintes du dessin, et sur les bons mots de Malika Ferdjoukh.

Avec tendresse pour ses personnages, Malika Ferdjoukh nous décrit le quotidien de personnages hauts en couleurs. C’est un vrai bonheur que de se glisser à leurs côtés dans la Vill’Hervé, ce petit nid de bonheur où il fait si bon vivre ! Emprunt d’un doux parfum d’enfance, la série Quatre sœurs,  fait partie de ces œuvres originales, un brin poétiques et complètement déjantés que l’on n’a pas envie de quitter.

Et vous, qu »auriez-vous choisi pour ce thème ?

Throwback Thursday livresque #16 : Un pavé de plus de 500 pages

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L’étrange hôtel de Secrets’ Hill; de Kate Milford, 528 pages
Publié chez Rageot jeunesse, en 2016

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Imagine… Tu vis avec tes parents dans un hôtel immense, perché tout en haut d’une colline. Dans cette demeure, les portes grincent, les marches couinent et le bois craque. Mais tu y es habitué. Cet hôtel, c’est ta maison, tu la connais par cœur.

Soudain, cinq clients se présentent sans avoir réservé. Des clients qui semblent tous s’intéresser de près à ta villa et à son histoire. Comme s’ils y cherchaient quelque chose… Alors, tu te cales près du radiateur, tu bois ton chocolat chaud à la guimauve… et tu ouvres l’oeil. Car ils ont peut-être raison, ces étrangers : et si ta maison n’avait pas révélé tous ses secrets ?

Le résumé donne le ton : cette histoire autour d’un manoir sans âge perché au sommet d’une colline s’accompagnera de bien des mystères… Chasse au trésor, litres de chocolat chaud, et histoires contées au coin du feu seront également de la partie, pour le plus grand bonheur du lecteur !

L’auteure arrive à développer un remarquable huis-clos en un peu plus de 500 pages. La fan d’Agatha Christie que je suis n’a pu s’empêcher de faire le rapprochement avec une œuvre phare : les dix petits nègres. Bien sûr, les deux romans diffèrent, puisque celui de Kate Milford ne comporte aucun meurtre sanglant, mais bel et bien quelques apparences trompeuses, et retournements de situations propices au mystère !
On se laisse d’ailleurs complètement bernés par la révélation finale ! (ce qui est quand même bon signe) Mais au delà de l’enquête, l’étrange hôtel de Secrets’Hill est aussi un bon roman d’aventure, où jeux de rôles et histoire locale se mêlent avec brio.

Kate Milford évoque aussi le thème de la famille dans son roman, et notamment de l’adoption, grâce à Milo, le personnage principal. Enfant adopté, il s’interroge évidemment beaucoup sur ses origines, ce qui ne l’empêche pas d’aimer de toutes ses forces ses parents adoptifs, comme il le comprend au fur et à mesure.

C’est donc un bon roman d’aventure et d’investigation que nous livre l’auteure. Grâce à ses personnages attachants, son intrigue bien ficelée et ses nombreux rebondissements, l’étrange hôtel de Secrets’Hill saura séduire les jeunes lecteurs (dès10/11 ans) avides de frissons et de mystères.

Et vous, qu’est ce que ce thème vous inspire ?

Throwback Thursday livresque #15 : Livre jamais chroniqué…et pourtant !

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Ça; de Stephen King
Publié chez Le Livre de Poche, en 2002

Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l’horreur absolue : ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans… Vingt-sept ans plus tard, l’appel de l’un d’entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l’horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.

J’en parle peu par ici, mais je suis assez fan du travail de Stephen King. Et parmi son œuvre gigantesque, Ça figure en tête d’affiche dans mon petit cœur ! A ce jour, je reste persuadée que Ça en a traumatisé plus d’un, que ce soit via le roman de base, ou via l’adaptation qui en avait été faite sur petit écran (si toi aussi tu souffres de coulrophobie, passe ton chemin !).

Nous suivons donc sept personnages, tous assez caractéristiques (le groupe compte, entre autres, un  bègue, une seule demoiselle, et un garçon obèse), en navigant entre deux époques : l’année 1958 et celle de 1985. Ce procédé a du bon, puisqu’il intrigue le lecteur dès les premières pages, rend l’histoire terriblement intrigante, et en dévoile juste ce qu’il faut pour nous tenir en haleine pendant plus de 1000 pages…!

Souvent, Stephen King est dépeint comme un auteur de romans et nouvelles d’épouvante. Pourtant, il serait affreusement réducteur de considérer Ça uniquement comme une histoire horrifique (malgré la présence de certaines peurs enfantines fréquentes, comme le mythe du croque-mitaine ou celle du terrible clown…)
Pour moi, le récit est surtout un livre centré sur l’enfance, et qui fait la part belle à l’amitié. Car le roman est truffé de belles promesses et de partage entre des gamins qui garderont cet amour de leur groupe, même une fois adultes. Empreint de nostalgie, Ça est souvent mélancolique mais toujours très juste au niveau du ton employé.

« Ça » est sans doute un des romans qui représente le mieux le style de Stephen King, avec une excellente construction du récit, de nombreux frissons, une analyse psychologique des personnages inimitable, et un grand talent de conteur. Tous ces éléments en font un incontournable du genre, qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie !

Pour info, une nouvelle adaptation est en train de voir le jour, avec un clown remis au goût du jour, et encore plus awfull (si, si c’est possible !). 

Et vous, qu’est ce que ce thème vous inspire ?

Throwback Thursday livresque #13 : Relecture, ou si je devais relire un livre

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Les Suprêmes; de Edward Kelsey Moore
Publié chez Acte Sud, 2012 – 414 pages
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Elles se sont rencontrées à la fin des années 1960 et ne se sont plus quittées : tout le monde les appelle «les Suprêmes», en référence au célèbre groupe de chanteuses des seventies. L’intrépide Odette converse avec les fantômes et soigne son cancer à la marijuana, tandis que la sage Clarice endure les frasques de son volage époux pour gagner sa part de ciel. Toutes deux ont pris sous leur aile Barbara Jean, éternelle bombe sexuelle que l’existence n’a cessé de meurtrir. Complices dans le bonheur comme dans l’adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines se retrouvent tous les dimanches dans l’un des restaurants de leur petite ville de l’Indiana.

Je relis rarement des livres déjà lus, exception faite des Harry Potter, de BD mignonnes, et de certains romans qui m’ont plus marquée que leurs comparses. Justement, Les Suprêmes fait totalement partie de ce lot là !

Difficile de ne pas penser à La couleur des sentiments et à Beignets de tomates vertes quand on découvre ce livre. On suit en effet un trio de femmes noires qui nous font partager la vie d’une petite communauté, ainsi que leurs problèmes personnels. 

La narration se fait tantôt à la 1ère, tantôt à la 3è personne, et si cela peut surprendre au départ, c’est en fait un bon procédé qui apporte beaucoup à l’intrigue (notamment parce que ça permet l’intervention de sympathiques fantômes !).

Le récit alterne entre les flash-back dans le passé, et les événements présents pour nous permettre de comprendre le passif de chacune des femmes. C’est donc l’histoire d’une amitié rare, mais aussi celle d’une Amérique où les blancs ne côtoient pas les noirs. L’auteur nous propose un joli tableau de la société américaine, et dépeint bien le poids de la religion et la ségrégation, comme cela peut être perçu dans une petite ville du Sud des États-Unis.

Impossible de ne pas ressentir de l’attachement et de la tendresse à l’égard de Clarice, Odette et Barbara, qui partagent avec humour et simplicité leurs joies et leurs peines. A la fois triste, ironique, et chaleureux, ce roman est décidément une jolie réussite, et prouve qu’un auteur de talent n’est pas obligé de faire du thriller pour happer ses lecteurs…

 

Et vous, qu’est ce que ce thème vous inspire ?

Throwback Thursday livresque #12 : Océan/Montagne/Grand air

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Vertige; de Franck Thilliez
Publié aux Éditions Pocket, 2012 – 352 pages
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Un homme se réveille au fond d’un gouffre, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ?

Si j’ai choisi ce roman là pour le thème du jour, c’est parce qu’il s’agit d’un remarquable huis-clos, se déroulant plus ou moins dans la montagne (même si l’essentiel de l’intrigue aura lieu au fond du gouffre où les trois hommes sont enfermés), où il est également question d’alpinisme lors des retours de narration dans le passé.

Thilliez sait, dès les premières pages, accrocher son lecteur : il sème des indices page après page, pour mieux nous laisser imaginer la fin, et gère son récit d’une main de maître !

Vertige est un savant mélange de sadisme, de peur et d’émotions. Certaines descriptions font vraiment froid dans le dos, mais on ne peut s’empêcher de tourner les pages malgré tout… Très éprouvante pour les nerfs du lecteur, la lecture en est glaçante. L’auteur joue ici sur la mise à l’épreuve du corps et de l’esprit : les personnages sont soumis à la faim, à un environnement des plus hostiles, et sont psychologiquement torturés par la perspective d’une mort lente et inévitable.

La fin est particulièrement réussie, puisqu’elle laisse la place à deux interprétations possibles. Bref, un roman haletant, glaçant, à recommander à tous les amateurs de sensations fortes… 

Et vous, qu’auriez-vous choisi pour ce thème ?

Throwback Thursday livresque #10 : livre invisible

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Voilà un nouveau rendez-vous proposé par BettieRoseBooks ! Le principe est simple : chaque semaine, il s’agit de présenter un livre correspondant au thème donné.

Jolie libraire dans la lumière; de Frank Andriat
Publié chez Desclée De Brouwer, 2015 – 156 pages
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Les événements de notre vie, même les plus obscurs, sont posés dans la main des anges. Dans le cocon de sa librairie, une jeune femme tombe sur un récit bouleversant : elle y reconnaît un drame enfoui dans son passé. Et si cela donnait un sens nouveau à sa vie ?

 


Un si joli titre ne pouvait que m’attirer ! Ce roman, c’est un ancien collègue qui me l’a fait découvrir il y a un ou deux ans, et sans lui, je n’en aurais sans doute jamais entendu parler, ne l’ayant jamais croisé au détour d’une librairie depuis !

Jolie libraire dans la lumière est de ces romans que l’on pourrait classer dans les livres « feel-good », mais surtout dans ceux qui placent leur intrigue sur fonds de librairie, bibliothèque etc…, bref ces romans qui mettent les livres en valeur. Sauf qu’en plus, il est bien écrit ce petit roman qui ne paye pas de mine, et fichtrement poétique avec ça !

Frank Andriat, de sa plume pleine de douceur, nous narre une histoire où les coïncidences n’en sont pas forcément, et dans laquelle on s’arrêterait bien en cours de lecture pour savourer certains passages.

Un joli roman plein de sensibilité, servi par une écriture délicate, qui conte l’amour familial et l’amour romantique avec brio.

Et vous, qu’auriez-vous choisi pour ce thème ?