[Test] Oxenfree, le jeu narratif poétique

L’arrivée de la Nintendo Switch à la maison en fin d’année a été l’occasion parfaite de me replonger dans le bain des jeux vidéos, un peu tenus en retrait faute de matériel disponible (on ne compte pas le PC de Monsieur, très peu accessible puisqu’il y passe la majorité de son temps !). Après avoir dépassé les 100h de jeu sur le merveilleux Zelda Breath of the Wild, et m’être bien divertie avec Mario Odyssey, je me suis tournée vers les jeux indés disponibles sur le Nintendo Store, avide de faire des découvertes atypiques.

Spoiler alert : ça l’a carrément fait !

Et c’est comme ça qu’on se retrouve aujourd’hui à inaugurer la catégorie « Geekeries » du blog avec un premier test ! 


Le pitch d’Oxenfree est des plus classiques : une bande d’adolescents se retrouvent sur une île loin de tout, afin d’y passer du bon temps. Évidemment, leurs plans se voient perturbés lorsqu’ils ouvrent -plus ou moins accidentellement *humhum- une faille spectrale et que des événements surnaturels commencent à se produire ! Voilà comment démarre la nuit la plus mouvementée de leur existence, avec désormais un seul but : quitter l’île au plus vite.

Ce n’est pas de slasher dont il est ici question : point de tueur psychopathe décimant nos jeunes isolés, mais au contraire la promesse d’une aventure originale, même si très inspirée d’œuvres phares des années 80′ (Stranger Things, Les Goonies… m’voyez ?). 


L’interaction au cœur du gameplay


Si les actions du joueur se limitent souvent au déplacement du personnage principal -on traverse l’île de part en part à plusieurs reprises-, les séquences de dialogues constituent la mécanique de jeu principal d’Oxenfree, jeu narratif obligé. Plusieurs choix s’offrent systématiquement à Alex et c’est au joueur de déterminer la réponse adéquate, le tout dans un délai très court (trop ?) de quelques secondes seulement. Tout ça permet d’influer sur le cours de l’histoire, et notamment de déterminer la fin de l’aventure.

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©Night School Studio

C’est grâce à la qualité de ses dialogues que le jeu forme un tout très réussi  : tout sonne juste, chaque ligne de texte révélant le caractère et le background des différents protagonistes. C’est, selon moi, le naturel de ces échanges -et notamment des voix- qui accrochent le joueur dès les premières minutes, d’autant que les personnages bavardent comme le feraient réellement un groupe d’amis, quand ils ne commentent pas les phénomènes étranges dont ils sont témoins.

Attention cependant, le jeu n’est pour le moment disponible qu’en anglais, et bien qu’habituée à regarder des films/séries en VOST, les sous-titres défilent à une cadence si rapide, que j’ai parfois eu du mal à suivre le rythme !


L’exploration avant tout


Outre les séquences narratives, Oxenfree se caractérise par de longues marches durant lesquelles le passé de l’île et de ses habitant refont surface. Malgré tout, l’ensemble reste assez flou, même en fin de partie, ce qui apporte une certaine frustration au joueur…j’imagine qu’il s’agit de le pousser à recommencer l’épisode afin, d’explorer tous les sentiers et de récupérer ainsi certains objets annexes. Côté durée de vie, comptez dans les 4 ou 5 heures de jeu. Cependant, les multiples fins envisageables laissent envisager une bonne rejouabilité.

Si l’histoire nous encourage à fouiller l’île d’Edwards -ancienne base militaire- de fond en comble, elle nous permet aussi d’explorer le passé parfois douloureux des personnages. C’est là qu’Alex, le personnage terriblement attachant que l’on contrôle parmi quatre autre PNJ, entre en scène. Dès les premières minutes, le joueur découvre son histoire familiale, qui aura d’ailleurs un rôle à jouer plus tard dans l’aventure.

Là où le pouvoir d’immersion d’Oxenfree apparaît dans toute sa splendeur, c’est dans la manière dont il nous rend les protagonistes attachants, souvent émouvants même. Effectivement, le jeu positionne sa caméra de manière très éloignée, faisant apparaître les personnages minuscules, noyés dans l’ensemble du décor. Difficile dans ces conditions de discerner les expressions faciales, autrement que par les maigres polaroids pris durant le récit… Et pourtant, je me suis attachée à chacun des cinq camarades présentés, grâce à l’excellent jeu des acteurs.


Une atmosphère envoûtante


Visuellement, l’esthétique est très réussie et permet de s’en mettre plein les mirettes : graphismes riches en d, onirisme et effets de lumière incroyables sont au rendez-vous ! Le jeu étant intégralement en vue de côté 2D, la caméra nous offre le recul nécessaire pour nous faire découvrir les différents environnements et points de vue de l’île, à juste titre ma foi.

 

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Immersion garantie également grâce à la musique, qui constitue l’un des gros plus du jeu ! Si la qualité des doublages est remarquable pour un jeu de cette envergure, l’ambiance sonore est, à mon avis, tout aussi réussie. Les tonalités un peu électros, franchement exotiques voire même quasi-surnaturelles se succèdent pour mieux accompagner le joueur dans son périple. Écoutez plutôt :

Notons l’importance du sound-design, à travers une autre mécanique de jeu, plutôt originale ma foi. Alex se balade en effet avec une petite radio portable qui va rapidement se révéler indispensable : en trouvant certaines fréquences, vous pourrez déverrouiller une porte, ou bien déclencher la suite de l’aventure. 


Quelques bémols


A ce stade, vous l’aurez sans doute compris : Oxenfree m’a complètement chamboulée !

Et pourtant, si je lui trouve d’énormes qualités, il faut bien lui reconnaître également quelques défauts.

A commencer par les séquences de déplacement bien trop longues, d’autant que le maniement des personnages s’avère parfois laborieux. Les temps de chargement interminables, ainsi que l’impossibilité de faire des sauvegardes manuelles ont aussi quelque peu modéré mon enthousiasme.


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Oxfenfree
Développeur : Night School Studio
Genre(s) : Aventure
Sortie : 15/01/16
Disponible sur : Switch, PS4, Xbox One, PC (toutes plateformes)
☞ Pour moi, Oxenfree est une vraie perle du jeu indé’ ! (avec ma maigre expérience, soit) Sans être parfait ni réinventer complètement le genre, il se démarque par sa direction artistique soignée et l’authenticité qui se dégage de l’ensemble. Surfant sur la vague des œuvres rétros des années 80′, c’est une aventure particulière pour laquelle je garderai une affection certaine et durable.

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