Power Club T1 : l’apprentissage

Power Club T1 : L’apprentissage; de Alain Gagnol
Publié aux Editions Syros, 2017 – 500
pages 

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Anna n’est pas née sur Krypton, pourtant elle s’apprête à devenir une super-héroïne. Jeune et riche, elle répond aux critères du Power Club© ! Les termes du contrat sont les suivants : on lui inocule des boosters, une technologie de pointe qui la rend en quelques jours surhumaine, elle entre dans la légende aux côtés des huit super-héros déjà célèbres. En échange, elle se doit d’incarner le rêve absolu, de vendre son image aux médias, aux plus grandes marques. Et, accessoirement, elle est libre de sauver le monde.

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Qui n’a jamais répondu à la question suivante : « Si vous pouviez avoir un pouvoir, lequel choisiriez-vous? », des étoiles pleins les yeux, en imaginant un monde où nous serions tous dotés de ce genre de particularités ? Force est de constater qu’Alain Gagnol reprend avec originalité le thème des super-héros dans cette nouvelle trilogie ! Réservés à l’élite de la société, les pouvoirs s’achètent une petite fortune en 2038, et chacun, s’il y met les moyens financiers, peut donc devenir une icône aux yeux du reste du monde, en adhérant au Power Club, le club très fermé des super-héros.

Anna, qui se retrouve dans le rôle de la nouvelle recrue, s’avère être une héroïne touchante par son humanité, et sa naïveté. On retrouve une certaine dualité dans son personnage. En effet, si elle est d’abord séduite par les capacités extraordinaires que lui octroient ses boosters (=les petites particules mi-informatiques, mi-biologiques, qui lui ont été injectées dans l’organisme), elle découvre peu à peu l’envers du décor, ce qui ne lui convient pas tout à fait… elle est portée, malgré elle, sur le devant de la scène, on lui propose de nombreux contrats publicitaires, et les soirées mondaines semblent être plus importantes que le fait de sauver des vies. Le Power Club a-t-il été fondé pour venir en aide à la population, ou bien pour générer des profits extraordinaires à l’agence ?…

Si l’on reste bien dans le roman d’apprentissage, notamment à travers les nouveaux pouvoirs d’Anna, et les nombreuses scènes de combats, Alain Gagnol n’a pas peur de détourner certains clichés du genre pour offrir au lecteur une réflexion intéressante, qui fait la grande force du récit. Ainsi, la critique de la société de consommation, ou de la sur-médiatisation générale, fait diverger Power Club des séries habituellement mises en scène par Marvel ou DC Comics. 

Vous l’aurez compris, on a affaire à une histoire de science-fiction passionnante ! A la fois prenant, humoristique, et moralisateur, le roman est plein de références, et constitue un bel hommage aux comics et autres œuvres de super-héros, tout en apportant une réflexion critique intéressante. Quant à Anna, loin des clichés habituels, elle fait une merveilleuse héroïne grâce à son côté raisonnable et réfléchi. Bref, nul doute que l’on attend impatiemment la suite de la trilogie ! 

En bref, ce roman c’est :
– une héroïne très crédible et humaine
– une critique acerbe des dérives de la célébrité
– une intrigue qui tient en haleine

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Le Projet Starpoint T1 : La fille aux cheveux rouges

Le Projet Starpoint T1 : La fille aux cheveux rouges ; de Marie-Lorna Vaconsin
Publié chez La Belle Colère, 2017 – 384 pages

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« Faites vos valises, réglez vos compas, faites attention aux angles morts et plongez vite dans cette histoire aux multiples secrets… »

Une introduction pour le moins intrigante, une merveilleuse couverture aux allures vintage, et une comparaison à la sage de Philip Pulman, A la croisée des mondes, il ne m’en fallait guère plus pour me lancer dans cette nouvelle trilogie, malgré les quelques avis mitigés que j’avais pu lire !

Marie-Lorna Vaconsin a une manière assez unique d’aborder le domaine des mondes parallèles. Là où d’ordinaire, l’origine de l’autre univers n’est pas expliquée, mais simplement acceptée comme tel, ici, on y accède de manière très scientifique : tout est question d’angle entre deux reflets, de fréquences et de particules.
J’avoue que cette entrée en matière m’a déstabilisée au premier abord. Mais  loin de me dégoûter de l’intrigue, je n’en ai été que plus curieuse de découvrir cet ailleurs si particulier !

J’ai beaucoup aimé l’idée de deux mondes se superposant de la sorte ! D’un côté nous avons Pythagore et sa vie tranquille de lycéen, faite de cours à rattraper, de contrôles, et de fêtes. De l’autre, il y a les séjours du jeune homme et de Foresta à travers cet ailleurs plein de dangers et de mystères. Le passage fréquent d’un monde à l’autre renforce d’ailleurs le décalage existant entre les deux endroits. 

Difficile néanmoins de s’immerger dans l’intrigue au départ, et pour cause : l’histoire met du temps à démarrer, les premiers chapitres manquent un peu de rythme, et on se demande où Marie-Lorna Vaconsin veut nous emmener… Pour autant, si l’on se laisse porter par sa plume, l’ensemble devient plus cohérent au bout d’une centaine de pages. A partir de là, impossible de lâcher le roman, tant les rebondissements s’enchaînent. Et puis, ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’un tome d’introduction à cet univers très particulier. L’auteure distille ainsi quelques pistes, quelques menus détails qui seront certainement développés davantage dans les prochains opus !

Si, d’habitude, les romances ont une forte tendance à me hérisser le poil, ça n’a pas été le cas ici, à ma grande surprise. On le sait, on le sent, le jeune Pythagore et la mystérieuse Foresta sont promis à partager des sentiments amoureux, même si ce n’est pas gagné au départ. Tout est donc plutôt attendu, et pourtant, je me suis retrouvée assez émue par la manière dont l’adolescent désire cette fille d’un autre monde. 

☞ Marie-Lorna Vaconsin a su mettre en place un univers d’une richesse phénoménale dans ce premier tome ! Même si elle nous en dévoile peu quant à ses origines, et que l’on manque parfois d’illustrations pour se représenter certains éléments, elle ponctue quand même son récit de quelques unes des coutumes locales, notamment la bataille de l’Empoing. Si l’ensemble peut paraître brouillon au départ, Le Projet Starpoint est, pour moi, un très bon roman de fantasy et d’exploration, qui pourrait bien être le digne successeur de la série de Philip Pullman, A la croisée des mondes !

En bref :
– un univers d’une grande richesse
– des héros convaincants, car imparfaits
– un bon mélange de fantasy, de culture scientifique et d’aventure
– l’attente jusqu’au tome 2 !

Sauveur & fils : saison 3

Sauveur & fils : saison 3 ; de Marie-Aude Murail
Publié chez l’Ecole des Loisirs, 2017 – 320 pages

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Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kg. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges… Mais peut-il les sauver ? Il n’a que le pouvoir de la parole. Il ne croit pas au Père Noël, mais il croit en l’être humain.

 

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A l’image des deux autres saisons, ce troisième opus nous replonge dans le cabinet de consultation de Sauveur Saint-Yves, psychologue à Orléans, papa d’un petit Lazare, et indirectement famille d’accueil pour personnages loufoques et un peu abîmés par la vie (Gabin, et Jovo).

L’émotion est une fois de plus au rendez-vous ! Entre autre parce qu’on craint pour la vie de Gabin, qui a prévu de se rendre au concert des Eagles of Death Metal, ce fameux 13 novembre 2015. Évidemment le lecteur sait ce qui s’est déroulé ce soir-là à Paris, et Marie-Aude Murail compte bien dessus. Malgré l’impression de déjà-vu, on ne peut s’empêcher d’avoir les yeux humides devant la détresse des protagonistes à accueillir la nouvelle; la même que celle ressentie il y a un an et demi…

Et puis il y a aussi les « petits nouveaux » du cabinet, qu’on se délecte de découvrir ! Toujours dans l’air du temps, et avec la délicatesse qui la caractérise, l’auteure aborde divers sujets d’actualité : du patient paranoïaque à l’enfant négligée par ses parents, en passant par un petit bègue de six ans, difficile de ne pas craquer pour chacun des personnages !

Psychologue exceptionnel, Sauveur continue donc de venir en aide aux âmes en souffrance, et aux jeunes en quête d’équilibre. Comme d’habitude, on prend plaisir à suivre l’évolution de ces patients, on s’émeut devant leur situation, mais on rit beaucoup aussi.
A côté de ça, le grand Sauveur gère très mal sa relation avec Louise, qui lui en tient (un peu, mais pas trop longtemps quand même) rigueur. Son côté assuré dans le cadre de son travail se floute dans sa vie personnelle, et c’est justement parce qu’il est imparfait qu’il nous paraît si attachant ! 

Une fois de plus, Marie-Aude Murail nous livre une petite perle, un de ces livres qui fait du bien, malgré les thèmes parfois difficiles qui y sont abordés. Cette troisième saison, à l’image des précédentes, fut donc synonyme de cœur qui palpite, d’yeux embués, et de sourires à n’en plus finir : bref, un vrai bonheur de lecture ! 

En bref :
– jamais de pathos, mais beaucoup de sensibilité
– une galerie de personnages merveilleux ❤
– des thèmes actuels

La Faucheuse

La Faucheuse; de Neal Shusterman
Publié chez Robert Laffont (Collection R), 2017 – 504
 pages 

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Les commandements du Faucheur :

Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.


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Pour mieux s’immerger dans le récit, mieux vaut ne pas trop en savoir sur l’histoire… Voici néanmoins un bref résumé de l’intrigue pour les plus curieux : dans le futur, les hommes ont trouvé le moyen de vaincre la mort et peuvent désormais vivre éternellement. Seulement, cela n’empêche pas la population mondiale d’augmenter… Pour réguler tout ça, un groupe a été constitué : on les appelle les faucheurs. Personnages importants et respectés, ils sont chargés de « glaner », au hasard des personnes de tout âge/milieu social/ethnie. On suivra Rowan et Citra, deux jeunes gens destinés, bien malgré eux, à devenir apprentis faucheurs. Ils devront alors apprendre l’art de tuer, et comprendre en quoi leur mission est nécessaire pour la communauté.

☞ Une intrigue atypique
Le gros atout de ce premier tome réside dans l’originalité de l’histoire. Loin des dystopies qu’on a vu fleurir à une époque, La Faucheuse s’apparenterait plutôt à une forme d’utopie…mais tient en même temps du roman de science-fiction un peu atypique.

Le monde créé par Neal Shusterman soulève beaucoup d’interrogations, puisqu’il met en place une société dans laquelle aucun gouvernement n’est plus au pouvoir, et où tous les hommes sont relativement égaux financièrement et matériellement. Au dessus de tout ce petit monde se trouve Thunderhead, une gigantesque base de données qui a réponse à tout et subvient aux besoins de chacun. De quoi s’interroger sur notre futur proche à l’heure où de nombreuses incertitudes planent… 

☞ Les faucheurs, de vaillants serviteurs ? 
Si l’univers est richement décrit, le fait que l’histoire soit racontée du point de vue des faucheurs, et non des victimes, apporte une touche d’originalité supplémentaire !

Vous imaginiez sans doute de macabres silhouettes vêtues de noir ? Eh bien vous seriez surpris, car ici, l’auteur a choisi d’affubler ses faucheurs d’étoffes chamarrées, qui reflètent davantage leur grade dans la société.

Hommes ou femmes choisis de manière aléatoire, ces représentants de la mort sont soumis à plusieurs règles immuables, et sont tenus d’agir avec moralité et compassion envers les glanés. Car prendre une vie est loin d’être insignifiant, et chaque faucheur doit avoir conscience de l’acte qu’il accomplit. Si certains s’acquittent de leur mission comme il se doit, le lecteur découvre vite l’existence d’une autre espèce de faucheur, qui se complaît dans l’acte de tuer…

 » Le noir représentait l’absence de lumière, or les faucheurs étaient tout le contraire. Lumineux et éclairés, ils étaient reconnus comme étant la fine fleur de l’humanité. « 

 » Prend garde à ne jamais perdre ton humanité, ou bien tu ne seras plus qu’une machine à tuer. « 

☞ Exit les clichés du YA !
On notera -pour une fois dans un roman YA- l’absence de romance, ce qui est bien vu, puisque cela desservirait plus le texte qu’autre chose ! C’est un soulagement de pouvoir lire, de temps en temps, une bonne histoire qui n’inclue pas de sentiments dégoulinants.

Quant aux personnages, ils sont relativement banal, du moins leurs caractéristiques physiques ne sont pas accentuées au possible : pas de beau jeune homme bodybuildé au regard ténébreux, ni de jeune fille parfaite : Citra et Rowan cumulent d’ailleurs les imperfections, doutent de tout, et font, au final, de chouettes héros !

Autre petit bonus : la fin est par-fai-te. D’habitude, dans ce genre de grosse série YA, on a droit au gros cliffhanger de fin qui frustre le lecteur et le pousse à vouloir se jeter sur la suite… Heureusement, ce n’est pas le cas ici : l’épilogie se suffit d’ailleurs à lui-même, même si on sent que le récit appelle une suite. Bref, de quoi patienter gentiment, sans se prendre trop la tête d’ici le prochain tome ! 

☞ Erreur dans la traduction ou mauvaise plume ?
Là où le bât blesse, c’est au niveau du style littéraire, et c’est d’ailleurs le seul bémol du livre ! Au vue des avis dithyrambiques qui sont apparus sur diverses chaînes booktubes ou blogs, on pouvait s’attendre à une certaine qualité d’écriture. Malheureusement, c’est loin d’être le cas… Alors, soucis de traduction ou style imparfait ? Dans le doute, foncez plutôt sur la VO !

Moitié thriller, moitié récit de science-fiction futuriste, La Faucheuse est un véritable page-turner ! Addictif et quasi-sans temps morts, le roman met en place un univers riche et surprenant que l’on prend plaisir à découvrir au fur et à mesure, pour peu que l’on fasse fi du style littéraire,  simpliste et maladroit, dans la version française.

En bref, ce roman c’est :
– un univers unique et atypique 
– de bonnes interrogations sur la forme de notre société

– une bonne dose de suspense
– un style d’écriture clairement améliorable

Génération K : tome 2

Génération K : tome 2; de Marine Carteron
Publié aux Éditions du Rouergue, 2017 – 380 pages

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Toujours traqués pour leurs redoutables pouvoirs, Kassandre, Mina et Georges sont enfin parvenus à se réunir. Leur ADN mutant fait d’eux des génophores, des êtres aux pouvoirs terrifiants. Mafieux et scientifiques essayent de les capturer pour cette raison. Mais bientôt tout cela n’aura plus d’importance car Le Maître arrive…

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Souvenez-vous, le premier tome était prometteur et annonçait une histoire sombre, sur fonds de manipulation génétique et de chasse à l’homme (si c’est un peu flou dans vos têtes, il y a toujours ma chronique, juste là).

Cette fois, on retrouve les mêmes thématiques, mais il est aussi question d’eugénisme, et d’un virus inconnu mortel, qui, en principe, épargnera les porteurs du chromosome K, afin de laisser la place à une version améliorée de la race humaine. Vous commencez à saisir les enjeux là ?…

Encore une fois, Marine Carteron offre un récit dense, étoffé, et particulièrement documenté. Les choix de narration sont semblables au précédent tome, et la variété des points de vue donne au lecteur une plus large compréhension des événements. Quant à l’écriture à la 1ère personne dans le  journal intime de Mina, c’est finalement un procédé appréciable, qui vient briser le rythme initial.

Les personnages gagnent en consistance tandis qu’ils prennent conscience de leurs vies antérieures (oui, oui, le roman flirte avec l’ésotérisme et aborde aussi le thème de la réincarnation !). De nouveaux protagonistes apparaissent : on fait connaissance avec Enki, un autre des Génophores, le peuple des Tziganes -les protecteurs du Maître-, ainsi qu’avec la mère de Kassandre, peu présente dans le premier opus.

En parallèle, l’auteure décide de revisiter le mythe du vampire avec « Celui devant qui on se courbe », personnage mystérieux et colérique, qui semble à l’origine de l’humanité entière. Mais attention, la légende est largement modernisée : nul crypte ou caveau gothique dans Génération K, pas de description romantique de la chose non plus ! Ici, « le Maître » est trimbalé sur les petites routes, par ses adeptes, à bord d’un camping-car en attendant que les Génophores, viennent à lui pour mettre fin à son long sommeil.

Si l’action est au cœur du roman, avec moult courses-poursuites, combats et scènes violentes, émotion et sensibilité sont quand même au rendez-vous dans ce second tome, à mesure que des bribes de souvenirs remontent en mémoire des trois héros, qui se redécouvrent alors sous un jour nouveau.

Nul doute que le talent de Marine Carteron se confirme avec ce nouvel opus ! L’intrigue amène avec elle une mythologie qu’il est agréable de redécouvrir au fil de l’histoire, et les nombreuses révélations font du roman un véritable page-turner ! Une chose est sûre, ce très bon récit d’aventure, sur fonds de thriller et de fantastique, vous fera regretter de ne pas avoir la suite directement sous la main !

En bref :
une intrigue prenante et rythmée
– des personnages fouillés
– un imaginaire très fourni

J’ai avalé un arc-en-ciel

J’ai avalé un arc-en-ciel ; de Erwan Ji
Publié aux Éditions Nathan, 2017 – 396 pages
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Je m’appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. J’ai dix-sept ans, la peau mate et un accent de Montpellier. Enfin, l’accent, c’est quand je parle français. Je vis aux États-Unis depuis que j’ai trois ans. Cette année, il m’est arrivé un truc phénoménal. Retournement de vie, frisson géant, secousse cosmique, vous appelez ça comme vous voulez, mais la vérité… c’est que j’ai avalé un arc-en-ciel.

 

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Alerte : ceci est une pépite. Je répète : ceci est une pépite. A tel point que cette chronique risque d’être très décousue, tant il y aurait à dire sur ce merveilleux roman !

J’ai avalé un arc-en-ciel aurait pu être une énième histoire de lycéens, où l’on aurait parlé d’amitié, d’amour (évidemment), mais aussi de doutes et de ce qui constitue l’adolescence en général. Sauf que c’est bien plus que ça, et unique en son genre !

☞ Un ton décalé
Capucine -qui voit son prénom écorché par tous les Américains- est une jeune fille drôle et spontanée. Que ce soit à travers le regard humoristique qu’elle pose sur son entourage, ou par son ton enjoué, très vite, on ressent une profonde sympathie à son égard.

Il paraît que rien ne vaut un exemple concret : les première lignes du roman donne complètement le ton du blog de l’héroïne :

« C’est un drôle de mot, blog. Pendant longtemps, j’ai cru que c’était le nom d’une nourriture. Si mon grand-père s’était demandé ce que ça voulait dire, il se serait mouillé le doigt et aurait tourné les pages de son épais dictionnaire. Moi, j’ai tapé le mot sur Google. C’est ça, le progrès. On n’a plus besoin de se mouiller le doigt. »

☞ Se construire, trouver son chemin
La dernière année de lycée est aussi synonyme de petits chamboulements et de grands bouleversements. C’est l’année des doutes, des peurs, du choix de l’orientation universitaire, des adieux aux amis, et bien plus encore. En bref, des thèmes maintes fois abordés en littérature jeunesse, mais que Erwan Ji traite ici avec une grande justesse, comme si c’était la première fois, faisant de son roman un récit incontournable sur l’adolescence.

« On est trop vieux pour être considérés comme des enfants, mais trop jeunes pour être acceptés comme des adultes. Les trucs qu’on déteste, on a du mal à les éviter. J’entends souvent dire que les adolescents sont des rebelles. C’est faux, on n’est pas rebelles, on a juste grandi, et on aimerait que les gens s’en rendent compte. »

☞ Du non-étiquettage des sentiments
Impossible de traiter de l’adolescence sans inclure une petite histoire d’amour ! Aux revêches des amourettes de lycéens, Erwan Ji propose ici une très belle réflexion sur le sentiment amoureux en général.
Attention, spoiler ! 
[Capucine, qui, jusque là, a toujours fréquenté des garçons, se découvre une attirance particulière pour son amie Aiden. C’est alors l’heure des doutes sur son orientation sexuelle, de la peur du jugement des autres… On la voit ainsi analyser ses sentiments, allant même jusqu’à chercher la définition d’amour et d’amitié dans le dictionnaire, pour « remettre les choses en perspective ».
Là où réside le talent de l’auteur, c’est de ne pas avoir fait de l’homosexualité le gros thème de son roman, mais de parler d’amour, tout simplement. Capucine finit par comprendre qu’il ne sert à rien de se catégoriser, et se définit même à un moment comme « Aiden-sexuel », car après tout, on tombe amoureux d’une personne avant tout non ?]

☞ Bienvenue en Amérique !
Découvrir le fonctionnement d’un lycée américain huppé (college preps, pour info), c’est aussi ce que propose Erwan Ji avec son roman. Via les anecdotes de Capucine, toutes les traditions et les évènements incontournables de ce milieu prennent forme devant nos yeux, nous immergeant complètement dans son quotidien. A la fin du livre, les Morp, Tag Days, Promposals, la cérémonie de Graduation et le Black Friday n’auront plus de secret pour vous.
En parallèle, le bilinguisme de l’héroïne lui permet d’expliciter des expressions types ou des concepts qui n’ont pas vraiment d’équivalent en français. Ainsi, les expressions « whatever », « duh », « it’s a date » trouvent un sens pour le lecteur non averti.

 Une multitude de publications ayant pour thème central l’adolescence et ses tracas sortent chaque année. Pourtant, J’ai avalé un arc-en-ciel est sans aucun doute le roman qui en parle le mieux et avec originalité, d’un ton cocasse, et pourtant avec une grande sensibilité. Tout sonne juste ici, rien n’est exagéré ou poussé au ridicule : Erwan Ji signe un premier roman touchant. Quand à Capucine, unique en son genre, c’est certainement une des héroïnes de la littérature jeunesse les plus réussies jusque là  !  

En bref :
une héroïne absolument adorable
– des anecdotes culturelles intéressantes sur la scolarité aux États-Unis
– le ton juste, sincère de l’héroïne (et de l’auteur !)
– la représentation de l’amour qui est donnée

Pourquoi lire la Passe-miroir ?

Les fiancés de l’hiver & Les disparus du Clairdelune; de Christelle Dabos
Publié chez Gallimard jeunesse, 2013 et 2015 –  528 et 560 pages

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Je les ai lu plusieurs fois chacun, et relu tout récemment dans le cadre de la lecture commune organisée par Bulledop. Je vous livre donc ici, non pas mon avis sous forme de chronique, mais plutôt quelques arguments valables pour vous lancer, enfin, dans cette merveilleuse saga  🙂

☞ une héroïne qui respire la normalité
Chose rare en littérature young-adult, ici Ophélie – l’héroïne de la série- nous ressemble. Elle n’est ni particulièrement courageuse, ni particulièrement « bad-ass », et son physique s’avère plutôt quelconque et n’est jamais vraiment mis en avant. Mieux encore, elle commet des impairs, et ne se tire pas forcément de toutes les situations par d’improbables tours de passe-passe. Bref, elle attire la sympathie par sa banalité, ce qui fait qu’on l’aime dès les premières pages !

☞ des personnages qui surprennent
Autre point appréciable, qui vient briser les codes établis dans ce type de littérature : tous les personnages -ou presque- tiennent de l’antihéros. Pour n’en citer qu’un échantillon, nous avons par exemple :
   – Archibald, l’ambassadeur volage, dont la manière d’agir est totalement à l’opposé du sérieux que l’on attendrait de ses fonctions !
   – Thorn : loin d’être le gendre idéal, c’est au contraire un misanthrope détesté de tous, froid et calculateur au premier abord, mais qui s’avère particulièrement attachant (et même plus que ça <3) au fur et à mesure des pages.
  – Le Chevalier, un enfant aux puissants pouvoirs, qui s’apparente davantage au psychopathe qu’au mignon chérubin…

J’ai rarement vu des protagonistes aussi bien construits. Ici, même les nombreux personnages secondaires ont une épaisseur appréciable. D’ailleurs, je suis certaine que le soin apporté aux personnages est le point fort de cette saga !

☞ une romance qui n’en est pas vraiment une
Vous commencez peut être à cerner mes goûts littéraires : j’ai la romance en horreur ! Et au vu du résumé du premier tome, j’avais bien peur de me retrouver face à une énième histoire de cœur un peu niaise, dans laquelle les héros tomberaient irrémédiablement sous le charme l’un de l’autre. Heureusement, la vérité est toute autre !
Il faut dire qu’ici, la relation entre Thorn et Ophélie se construit petit à petit, sans qu’on croit un seul instant qu’elle puisse déboucher sur des sentiments plus forts…ce qui rend les rares passages où nos deux héros se dévoilent d’autant plus émouvants à mon sens (je crois bien n’avoir jamais souri aussi niaisement de toute ma vie, et oui je me ramollis…)

☞ une plume hors du commun
Là encore, Christelle Dabos surprend dès le départ grâce à son style d’écriture incomparable ! Elle a réellement une plume qui lui est propre -légère tout en étant précise-, ce qu’on ne croise pas souvent dans d’autres romans young-adult. La précision quasi-photographique qu’on retrouve dans ses écrits permet au lecteur de s’immerger complètement dans l’histoire, et d’imaginer très précisément le Pôle, la Citacielle et tous les lieux dans lesquels évoluent les personnages.

☞ un univers merveilleux
Riche et bourré de détails qui pourraient faire l’objet de nombreuses autres histoires, le monde que l’auteure a créé est tout simplement fabuleux ! C’est simple, à la lecture du premier tome, j’ai eu la même sensation que lorsque je me suis plongée dans les Harry Potter à l’âge de huit ans : celle de pénétrer dans un univers incroyable dont je ne voudrais plus jamais me détacher. C’est toute une mythologie qu’elle développe dans son récit,  toute une Histoire qu’elle invente à partir d’un monde éclaté, d’esprits de familles inconstants et d’Arches aux clans dotés de divers pouvoirs. De quoi vouloir connaître le passé de chaque personnage croisé au détour d’une page, d’explorer chaque Arche, et d’en savoir plus sur le passé des différentes familles présentées. Bref, des heures de bonheur en perspective…  🙂

☞ une suite à la hauteur
Qu’on se le dise, les suites s’avèrent souvent moins bonnes que le premier opus… Oui mais, ici que nenni ! Si Les fiancés de l’hiver avait vocation à poser les bases de l’univers riche est complexe imaginé par Christelle Dabos, dans le second tome, l’intrigue, loin de se tasser, est encore plus dense. La personnalité de nos héros s’affirment, tandis que de nouveaux personnages secondaires font leur apparition et permettent à l’histoire de s’étoffer. Qui plus est, le tome s’achève sur une question troublante qui montre bien que  l’univers qu’a constitué l’auteure est encore plus mystérieux et obscur qu’on ne l’imaginait au départ.

A défaut de vous avoir totalement convaincu, j’espère vous avoir au moins intrigué -suffisamment pour aller jeter un œil- ! Attendez-vous cependant à être frustrés et impatients à la fin de votre lecture : courage, le troisième tome débarque sûrement en librairie cette année ! 😉

On est tous faits de molécules

On est tous faits de molécules; de Susin Nielsen
Publié chez Helium, 2015 – 210 pages
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Un adolescent geek, Stewart, ayant perdu sa mère, et sa nouvelle demi-soeur, Ashley, une des filles les plus populaires et superficielles du lycée, sont bousculés par les changements de la vie des adultes qui les entourent et font face chacun à leur manière.

Les romans de Susin Nielsen se lisent toujours très bien, et On est tous faits de molécules ne fait pas exception à la règle ! Présent dans la sélection 3e/2nde du Prix des Incorruptibles de cette année, c’était le dernier livre qu’il me restait à lire pour (presque) compléter le challenge proposé par Un Petit Bout de Bib(liothèque). Connaissant déjà un peu le style de l’auteure, je n’avais qu’une seule hâte : y plonger tête la première !

Dans ce roman à deux voix, les deux principaux protagonistes prennent la parole chacun à leur tour, le temps d’un chapitre, pour nous faire partager leur vision (très opposée) des événements.
Nous avons d’abord Stewart, adolescent surdoué au niveau scolaire, mais pas si doué que ça dans les rapports sociaux avec ses congénères. (cela donne d’ailleurs souvent lieu à des réflexions décalées et humoristiques de sa part !) Encore sous le choc du décès de sa mère deux ans auparavant, il suit pourtant son père, qui a décidé de refaire sa vie avec une nouvelle compagne.
C’est là que nous faisons la connaissance de Ashley, car voilà : cette nouvelle compagne a déjà une fille d’un précédent mariage ! Très méprisante envers son nouveau frère qu’elle surnomme immédiatement « monstroïde », elle est un véritable cliché ambulant : seuls comptent son apparence et sa cote de popularité !

Si les deux personnages s’avèrent très attachants (oui, oui, même cette garce d’Ashley, plus fragile qu’elle n’y paraît), les personnages secondaires qui gravitent autour d’eux le sont tout autant ! Chacun d’entre eux est important, d’une manière différente, et va aider nos deux jeunes héros à s’affirmer, grandir et évoluer. Complètement désorganisée au départ, cette famille moderne finit plus unie que jamais sous la plume drôle et pétillante de l’auteure.

Susin Nielsen évoque énormément de sujets dans ce roman : parfois l’air de rien, sans trop en avoir l’air, d’autres fois de manière plus approfondie. On y retrouve donc une critique du culte des apparences, les problématiques du deuil et de la difficulté à former une famille recomposée, mais aussi le harcèlement et la différence. Comme toujours dans ses romans, elle choisit de traiter le tout de manière légère et humoristique.

Destiné aussi bien aux adolescents garçons que filles, ce petit roman ne paie pas de mine mais dresse le portrait sensible, et pourtant réaliste, de personnages hauts en couleurs et au combien attachants. Son écriture fine et sensible en fait un véritable plaisir de lecture !

En bref :
– des personnages mignons
– un ton humoristique assumé
– des thèmes forts évoqués

Phobos 3 : il est trop tard pour renoncer

Phobos T3; de Victor Dixen
Publié chez Robert Laffon (dans la collection R), 2016 – 624
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Ils sont les douze naufragés de Mars. Ils sont aussi les complices d’un effroyable mensonge. Les spectateurs se passionnent pour leur plan de sauvetage, sans se douter du danger sans précédent qui menace la Terre.
ELLE EST PRÊTE A MOURIR POUR SAUVER LE MONDE
Au risque de sa vie, Léonor est déterminée à faire éclater la vérité. Mais en est-il encore temps ?
MÊME SI LE COMPTE À REBOURS EXPIRE, IL EST TROP TARD POUR RENONCER.


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J’ai préféré attendre un peu avant de rédiger ma chronique, sans quoi vous auriez sans doute eu droit à quelque chose comme : « %*!#$! ». Depuis, j’ai heureusement remis de l’ordre dans mes pensées !

Si comme pour moi, la fin du second tome flotte dans le brouillard de votre esprit, soyez rassurés amis lecteurs, les choses se remettent très vite en place. Et pour cause, l’auteur reprend son histoire exactement là où elle s’était arrêtée, ce qui permet de se remettre vite dans le bain.

   ☞ Une tension permanente
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Victor Dixen ne nous laisse pas le temps de souffler ! Si les précédents tomes étaient déjà prenants, attendez-vous à être pris dans une bulle avec celui-là, comme complètement coupé du monde extérieur. Le rythme est toujours haletant, voire presque suffoquant par moments : évidemment les multiples rebondissements qui ponctuent le livre n’y sont pas pour rien !

   ☞ Une saga plus sombre qu’il n’y parait…
J’ai apprécié que le récit gagne en maturité au fil des tomes : si le premier opus était davantage tourné vers les sentiments naissants entre les différents candidats, le troisième se montre bien plus sombre et tend à mettre en avant les dessous du programme Genesis ainsi que les intentions peu louables d’une Serena McBee plus malfaisante que jamais. 
Évidemment, certains échanges entre les personnages restent un peu niais ou particulièrement clichés (si vous l’avez lu, je suis sûre que vous voyez de quoi je parle !), mais globalement, l’anti-romantique que je suis a été satisfaite.  🙂
L’auteur -en plus d’être un conteur de talent- imagine finalement le pire dans Phobos, en mettant en avant des situations politiques horrifiques. De quoi nous laisser pantois et nous inciter à réfléchir sur notre société actuelle…

Attention, malgré mon enthousiasme, j’ai quand même quelques éléments à reprocher à ce troisième tome.

   ☞ Des détails invraisemblables et trop peu de réponses
J’ai d’abord regretté que Victor Dixen se focalise tellement sur les événements se déroulant sur Terre, au détriment du quotidien des pionniers martiens. J’aurais aimé en savoir davantage sur la manière dont ils appréhendaient chaque nouvelle journée, même si c’est évoqué à mi-mots.
D’autre part, j’ai eu du mal à avaler certains éléments : notamment le fait que les pionniers fassent la girouette et calent leur opinion sur celle de Serena…tout ça m’a paru tellement peu crédible par rapport à leurs antécédents, que ma lecture en a été un peu gênée.
Enfin, je ne compte pas le nombre incalculable de fois où j’ai eu envie de trucider l’auteur ! Il joue complètement avec nos nerfs : les révélations s’enchaînent, mais c’est souvent pour mieux soulever de nouvelles questions !  D’ailleurs, de nombreux points restent encore sans réponse à la toute fin du livre, qui ne comporte pas d’épilogue. Victor Dixen se laisse donc une (grosse) porte ouverte et ne semble pas prêt à quitter le programme Genesis dans l’immédiat…  🙂

Pour moi, ce troisième tome conclut en apothéose une saga dont on sent que Victor Dixen n’est pas encore prêt à se détacher (et puis quoi, nous laisser sur cette fin?! Impossible…). Le roman se distingue par une construction riche en suspense et une plume acérée, ne laissant aucune place à d’éventuels temps morts. Bref, une réussite sur tous les plans en ce qui me concerne ! Et malgré les quelques points qui ont pu me gêner, j’imagine que je serai au rendez-vous pour une prochaine aventures avec nos pionniers de Mars ! 

En bref, ce roman c’est :
une plume de talent
– une intrigue explosive
– un ascenseur émotionnel
– une fin ouverte

Ma mère, le crabe et moi

Ma mère, le crabe et moi; de Anne Percin
Publié chez Le Rouergue (dans la collection DoAdo)
, 2015 – 126 pages

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Tania, 14 ans et demi, vit seule avec sa mère, dans un village du Puy de Dôme. Vie tranquille, trop tranquille, depuis que ses parents ont divorcé et que son frère aîné est parti faire une école de sous-officiers. Mais l’annonce du cancer du sein de la mère va brutalement les projeter dans un monde plus instable et angoissant…

J’ai découvert ce roman à sa sortie l’an dernier, mais l’ai relu récemment dans le cadre du Prix des Incorruptibles, puisqu’il fait partie de la sélection des 3ème/2nde que j’ai choisi de lire cette année dans le cadre du challenge proposé par Un Petit Bout de Bib(liothèque).

Chapeau bas à l’auteure, qui parvient à parler du cancer de manière très réaliste, sans jamais nous donner envie de nous apitoyer sur le sort des personnages. D’ailleurs, comment ne pas s’attacher immédiatement à Tania et à sa maman ? Même si la jeune fille reste une ado avec des préoccupations de son âge, elle fait preuve d’une sacré maturité. Quant à sa maman, elle se bat vaillamment contre « le crabe », sans jamais baisser les bras.

Ce roman, c’est le cancer en trame de fonds oui, mais c’est aussi la relation qui s’instaure entre Tania et sa mère à travers cette épreuve : la volonté de l’adolescente de faire sourire sa maman, qu’importe ce que les autres pensent ou disent sur la maladie. Mais là encore, le roman ne se limite pas à ça : on suit également la jeune fille dans son quotidien de collégienne avec ses amis, les garçons, et la préparation d’une compétition sportive.

Malgré le sujet grave, j’ai beaucoup souri pendant ma lecture, voire carrément ri ! Il faut dire que certaines situations sont franchement cocasses, et que la jeune Tania a le don de faire des vannes sur commande ! Ainsi, même la solitude de la mère, le traitement, la perte des cheveux et le regard des proches sont racontés avec légèreté, sans aucune pitié.
Les 126 pages se lisent très rapidement, le fait d’avoir le point de vue de Tania sur la situation rendant, à mon sens, le récit bien plus dynamique.

Court et facile à lire, Ma mère le crabe et moi reste dans les esprits par son humour et l’espoir qui s’en dégage. Anne Percin réussit l’exploit de parler d’un sujet très difficile, sans tabous, le tout avec beaucoup de dérision. On ne tombe jamais dans le pathos avec ce joli roman, qui, finalement, raconte plus la vie que la maladie.

En bref :
– une manière originale de traiter le sujet
  – humour omniprésent
– personnages terriblement attachants