Super Sourde

Super Sourdepar Cece Bell
Publié aux Éditions Les Arènes, 2015

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A la suite d’une méningite, Cece Bell perd l’audition à l’âge de quatre ans. Devenue illustratrice pour la jeunesse, elle raconte dans cette bande dessinée autobiographique son enfance marquée par la différence. Se faire des amis, jouer, apprendre…, tout est différent quand on est sourde et que cela se voit. A l’école, Cece porte un appareil auditif imposant. Pour affronter le monde qui l’entoure – pleinement entendant, lui – et accepter son handicap, elle s’invente un personnage de super-héros : Supersourde.

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√ J’ai apprécié :

☞ Le récit est largement autobiographique et Cece Bell parle de son vécu sans pathos, avec beaucoup d’émotion et de sincérité. Une touche d’humour rend le récit bien plus optimiste et supportable que la lecture, par exemple, de la vie d’Helen Keller. 

☞ La surdité reste le thème principal de la bande-dessinée, mais bien d’autres sujets universels sont traités : la peur du rejet des autres, les premières amitiés, les relations familiales… des thèmes qui parleront d’autant plus aux enfants, à qui se destine, à la base, cet album !

Cece est une petite fille très attachante, que l’on suit dans toutes les étapes de son handicap : du diagnostic à l’apprentissage d’une nouvelle vie, en passant par la frustration et le rejet. Mais ce que je retiens surtout, c’est la manière dont elle va transformer sa différence en force en devenant une super héroïne aux yeux de ses camarades !

☞ Si l’album s’adresse plutôt à un public jeunesse, je ne peux qu’encourager tous les adultes à se le procurer : le propos y est très enrichissant ! J’y ai beaucoup appris sur ce handicap dont on parle assez peu, de la lecture labiale (lecture sur les lèvres) à l’utilisation des différents appareils auditifs. 

☞ Les dessins assez naïfs et enfantins de Cece Bell accompagnent parfaitement le récit, dans de jolies couleurs pastelles. Son choix de donner à tous les personnages l’apparence d’un lapin (sans doute pour mettre leurs oreilles en avant ?) fonctionne très bien et renforce le côté doux et tendre de l’album. 

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Planche trouvée sur le site BDZoom

Très émouvant, Super sourde est un roman graphique des plus étonnants ! Véritable pépite du genre, c’est une BD à mettre entre toutes les mains, petites ou grandes, pour essayer d’ouvrir les mentalités sur les situations de handicap.

 

Roller Girl

Roller Girl; par Victoria Jamieson
Publié aux Éditions 404, 2016, 240 p.

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Astrid, 12 ans, est inséparable de sa meilleure amie, Charlotte. Jusqu’au jour où elle découvre le Roller Derby. Astrid devra alors apprendre à surmonter ses craintes et s’entraîner dur pour devenir une véritable Roller Girl !

 

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√ J’ai apprécié :

☞ La découverte du roller derby, encore peu pratiqué en France, mais très populaire aux États-Unis. On se familiarise en même temps qu’Astrid avec les règles propres à ce sport exclusivement féminin, ainsi qu’avec l’univers (tatouages, tenues vestimentaires) qui va de pair !

☞ Les thématiques abordées : si la BD a vocation à mettre ce sport en avant, elle parle aussi du passage complexe à l’adolescence, notamment la relation changeante enfant-parent ou les amitiés qui évoluent. Astrid est à un âge de doute, où rien ne semble acquis, et tout est soumis au questionnement, que ce soit son identité profonde, ou sa relation aux autres.   

☞ Le caractère fort de l’héroïne : si Astrid vit des moments difficiles au début, la pratique du roller derby l’aide énormément. Persévérante, elle puisera au fond d’elle même pour être en mesure de progresser assez pour pouvoir jouer un match.

☞ Un hymne au girl power ! Avec leur féroces expressions et leurs cris de guerre, ces patineuses sont un véritable modèle féminin qui devraient inspirer plus d’une lectrice !

☞ Les dessins sont, certes, simples, mais ils retranscrivent très bien les émotions des différents personnages.

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Roller Girl est une lecture qui reste en tête, tant on est marqué par la découverte de cet univers atypique. A travers ses graphismes efficaces, la vision féministe qu’il délivre et sa manière d’encourager le dépassement de soi, ce roman graphique s’est avéré être une belle surprise, que je recommande à toutes de lire !

Supers T1 : une petite étoile juste au-dessous de Tsih

Supers T1 : Une petite étoile juste au-dessous de Tsih; par Frédéric Maupomé & Dawid
Publié aux Éditions de la Gouttière, 2015

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Mat, Lili et Benji, trois enfants réfugiés d’une autre planète, ont été abandonnés sur Terre par leurs parents. Dotés de super-pouvoirs, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes. Tiraillés entre le désir de mener une vie normale parmi les humains, la peur d’être découverts et, pour les plus petits, l’envie de découvrir qui ils sont et ce dont ils sont capables, cette nouvelle rentrée des classes sur Terre s’annonce des plus mouvementées ! 

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√ J’ai apprécié :

Le mélange des genres : avec cet album, on est à la fois dans le réalisme à travers le quotidien de trois enfants, et dans le surnaturel grâce à leurs étranges capacités.

Le choix du scénario : rentrée scolaire, solitude, et intégration, autant de thèmes qui parleront certainement au public cible de la série, à savoir les grands primaires et les collégiens (6e/5e).

☞ La douceur et la chaleur qui se dégagent de cette fratrie pas comme les autres ! Mat, Lili et Benji se chamaillent, ont parfois une vision des choses différentes les uns des autres, mais se soutiennent quoi qu’il arrive.

☞ La vision qui est donnée de l’utilisation de supers-pouvoirs. Certes, c’est pratique et amusant, mais le revers de la médaille, c’est que cela force notre trio à être discret pour protéger leur secret, ce qui les éloigne aussi de leurs camarades.

☞ Les dessins ronds et ultra-colorés de Dawid ajoutent au charme de l’album et des personnages ! Quant à son sens du rythme et à ses choix de cadrages, ils participent à l’avancement du récit, et à son efficacité.

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Des héros attachants, une dose d’aventure grâce à leurs supers-pouvoirs, beaucoup d’humour et une touche d’émotion : tous les ingrédients sont là pour assurer à cette jolie bande-dessinée le succès qu’elle mérite auprès des jeunes lecteurs (mais les plus grands y ont droit aussi !).

Ninn T2 : les grands lointains

Ninn T2 : les grands lointains; par Jean-Michel Darlot & Johan Pilet
Publié chez Kennes Editions, 2016

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Les quais du métro Abbesses fleurissent d’avis de recherche : Ninn a disparu ! Tout au bout de la ligne noire, perchée sur son tigre qui lui sert de guide, Ninn a rejoint les grands lointains : un monde parallèle censé lui fournir toutes les réponses sur ses origines. Si à première vue, il a toutes les apparences d’un monde merveilleux, le comité d’accueil l’est beaucoup moins. Géants de pierre et idées sombres entendent protéger les lieux de toute intrusion…

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√ J’ai apprécié :
☞ La jonction entre les deux mondes parallèles est bien menée, et l’on suit, d’un côté les recherches mises en place pour retrouver Ninn, de l’autre, ses aventures au sein des Grands Lointains.

☞ Le merveilleux est omniprésent : le phare qui ne subit pas la gravité, son improbable escalier ou encore la présence d’étranges créatures comme les salamandres ont de quoi dépayser le lecteur !

☞ Les décors sont tout simplement fascinants : les Grands Lointains, c’est d’abord une nature luxuriante (et parfois austère…), mais aussi des lieux désaffectés, beaucoup moins attrayants.

☞ L’action est omniprésente, et l’histoire riche en rebondissements, tandis que la petite Ninn remonte les traces de ses origines.

☞ Les graphismes sont toujours aussi beaux ! Si l’on perd l’ambiance sombre qui caractérisait le premier tome, Johan Pilet nous offre des couleurs éclatantes. On retrouve, une fois de plus, plusieurs planches en pleine page.

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Toujours aussi captivant, ce deuxième opus est une réelle invitation au voyage, et réunit tous les ingrédients : une jeune héroïne au caractère bien trempé, une histoire originale peuplé d’éléments fantastiques, et des illustrations soignées qui feront le bonheur du lecteur !

Le Maître des livres T1

Le Maître des livres T1; par Umiharu Shinohara
Publié aux Editions Komikku, 2014

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À la bibliothèque pour enfant « La rose trémière » vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu’il peut laisser paraître, c’est un professionnel de premier ordre. Aujourd’hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu’il leur trouvera le livre salvateur.

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√ J’ai apprécié :

Le personnage de Mikoshiba, bibliothécaire bourru, au caractère très affirmé, qui n’a pas sa langue dans sa poche, ce qui nous le rend d’emblée très attachant ! Cela a beau n’être qu’un premier tome, sa personnalité et son passé sont déjà largement exploités : on revient, par exemple, sur ce qui l’a poussé à devenir bibliothécaire.

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☞ Toutes les références à des œuvres classiques de la littérature jeunesse : L’île au trésor, L’étrange voyage de Niels Holgersson… Certaines font d’ailleurs l’objet d’un résumé en quelques planches, et sont très bien intégrées au reste du récit.

☞ L’éternel débat sur la littérature jeunesse : d’abord représentée par un des protagonistes comme un genre de « sous-littérature », puis défendue bec et ongles par un Mikoshiba très convaincant :

On parle souvent de « livres pour enfants », ou de « livres pour adultes », mais la réalité est qu’il n’y a pas d’âge pour apprécier un livre.

☞ Les réflexions autour du métier de bibliothécaire, et de leur rôle de médiateur du livre :

Pour simplifier, je dirais que nous sommes des sortes de boussoles. Nous ne faisons que guider les gens vers les livres qu’ils recherchent.


✘ J’ai moins aimé :

☞ Les dessins, bien qu’assez classiques pour du manga, sont un peu brouillons par moments, ce qui rend l’identification des personnages peu aisée.

☞ On a plus affaire à un genre de « catalogue » de réflexions autour du livre et des bibliothèques, qu’à une réelle intrigue qui tient en haleine. Si cela convient sur un premier tome, cela peut lasser sur la longueur.

☞ La trame des chapitres est répétitive : une personne en souffrance (enfant ou adulte) atterrit par hasard à la bibliothèque, où elle va résoudre ses problèmes, par le biais de la lecture et des conseils avisés des bibliothécaires.

Parfait pour tous les amoureux du livre, et peut être encore plus pour ceux qui ont choisi d’en faire leur métier, Le Maître des livres rassemble un nombre intéressant de réflexions autour du livre, et fait la part belle à la littérature jeunesse. Si ce premier tome constitue un bel hymne à la lecture pour petits et grands, il faudra voir si le plaisir dure dans les prochains opus.

Pourquoi lire Bichon ?

Bichon ; de David Gilson
Publié Aux Editions Glénat, 2013 & 2015 – 48 pages

Se déguiser en princesse pour un goûter d’anniversaire, jouer à l’élastique, entamer une chorégraphie en pleine cour de récré… Un peu compliqué quand on aime faire toutes ces choses et qu’on est un petit garçon de 8 ans. Mais pas pour Bichon : il transgresse les règles de la société sans même s’en rendre compte ! Heureusement, sa famille et ses amis l’aiment tel qu’il est. Même que parfois Jean-Marc, le beau garçon du CM2, prend sa défense quand on se moque de lui…

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Découverte grâce à la chronique très convaincante de L’oiseau Lit, cette série m’a charmée à mon tour ! Comme je n’en avais jamais entendu parler avant ça, et qu’elle n’a pas l’air particulièrement médiatisée, j’ai eu envie de vous en parler plus en détail pour que vous découvriez, à votre tour, la bouille attachante de Bichon 🙂  

☞ Côté graphismes : un univers acidulé

David Gilson est un illustrateur français, qui a, entre autre, travaillé pour les studios d’animation Disney, et s’est illustré en réalisant les couvertures françaises de la série jeunesse Le Pays des Contes, de Chris Colfer.

Des personnages aux grands yeux et aux têtes plus grosses que la normale, un trait rond et doux, avec des couleurs chatoyantes…si on sent que l’auteur aime particulièrement les mangas, ses influences sont diverses, et le tout donne un dessin très agréable à contempler !

Les amateurs de Disney seront d’ailleurs ravis de retrouver divers clins d’œil à leurs héros préférés, ainsi qu’une nette admiration pour la culture japonaise (si, si, ouvrez l’œil !) : ce petit jeu de repérage rajoute au plaisir de la lecture et force à parcourir chaque case avec attention.

☞ Un héros au cœur tendre

Petit garçon particulièrement sensible, Bichon n’est pas comme les autres garçons de son âge. Sa grande force réside dans sa bonté envers les autres et son côté candide.

Rien ne lui fait davantage plaisir que de se déguiser, de jouer aux poupées ou aux petits poneys, et de posséder de jolies choses, d’habitude plutôt réservées aux filles. Bref, des loisirs bien éloignés des préoccupations habituelles de la gente masculine !

Et puis bien sûr, il y a Jean-Marc, le beau garçon de CM2 dont il est totalement sous le charme ! Parce que oui, on comprend vite que Bichon aime les garçons, comme le suggère l’auteur avec une grande délicatesse. Si l’idée me paraissait très chouette au premier abord, j’avoue avoir eu un peu de mal à la trouver crédible : est-ce qu’un enfant de 8 ans se rend vraiment compte aussi tôt de ses préférences ? Mais ça, c’était avant que je lise que le personnage de Bichon, son caractère, ainsi que les personnes qui l’accompagnent, étaient largement inspirés de l’enfance de l’auteur. De même, j’ai du revoir mon jugement en apprenant que le personnage de Jean-Marc avait réellement existé, et dès lors, j’ai relu l’album avec un œil nouveau (et encore plus appréciateur !).

☞ Des personnages secondaires qui dépotent !

Si Bichon est un garçon hors du commun, les personnes qui gravitent autour de lui sont tout aussi particulières à leur manière !

D’abord, sa mère sort les griffes de manière très spontanée pour le défendre contre les préjugés, ce qui donne d’ailleurs lieu à l’une de scènes les plus comiques de la série : 

Sans titre.pngAttention, le reste de la famille n’est pas en reste ! Son oncle et sa tante sont totalement déjantés, mais très attendrissants, et sa petite sœur, véritable tornade, n’a pas sa langue dans sa poche, et bottera les fesses de plus d’un garçon dans l’optique de défendre son frère !

☞ La théorie du genre

La bêtise de certains adultes fait mal au cœur : dans la série, Bichon se fait pointer du doigt à plusieurs reprises, car il déroge aux règles que l’on connaît en affirmant ses goûts. Cela donne d’ailleurs lieu à plusieurs scènes comico-tragiques avec la maman de son amie Myriam, ou encore avec la cliente du magasin de jouets… 

715extgY-7LSous couvert de légèreté, David Gilson nous livre un fort message de tolérance, qui laissera certainement un fort impact sur le lecteur. Sensibilisation à la différence, au combat contre l’homophobie, ou contre les stéréotypes de genre, sont autant de thématiques qui imprègnent l’histoire de Bichon. 

☞ Bichon, est une histoire peu commune : à la fois drôle, intelligente et porteuse de messages importants. Militante à sa façon, elle remet en perspective certains codes pré-établis par notre société et invite au respect de chacun. Les adultes, comme les enfants devraient y trouver leur compte, grâce au charisme du héros, ainsi qu’aux multiples références peuplant l’oeuvre de David Gilson.

Images issues de la page Facebook de la série

Si vous êtes hyper connectés et que les illustrations si particulières de David Gilson vous inspirent, rien ne vous empêche de suivre les aventures dessinées de Bichon, en attendant la sortie du prochain tome, ainsi que le blog de l’auteur ! 🙂

En bref :
– des illustrations adorables !
– un propos engagé
– des personnages hauts en couleurs
– des tomes très succincts, on n’en voudrait plus ! (mais c’est un bon défaut, non?)

Chaussette

Chaussette; de Loïc Clément & Anne Montel
Publié chez Delcourt Jeunesse, 2017 – 32
pages 

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Chaussette et son chien Dagobert sont inséparables. Merlin, leur petit voisin, les connaît bien et les observe arpenter chaque jour la petite ville suivant un parcours bien établi. Pourtant, ce matin-là, quelque chose ne tourne pas rond. Chaussette est seule et se comporte étrangement. Pour tirer cette histoire au clair, Merlin va la suivre discrètement…

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« Juste à côté de chez nous, certains drames peuvent se jouer en plein silence. Car finalement, les grandes douleurs sont parfois muettes. »

Souvenez-vous : le 25 août dernier (déjà !) Un point c’est tout a fait son apparition. Et déjà ce jour là, en guise d’introduction, je vous parlais d’un duo cher à mon petit cœur, avec un focus sur Le Temps des Mitaines. On prend donc les mêmes, quelques mois plus tard, et on recommence avec Loïc Clément au scénario, brillamment accompagné d’Anne Montel au dessin.

Le lecteur, à l’instar du curieux petit Merlin, se prend vite au jeu de l’enquête, et découvre finalement la raison du comportement étrange de sa vieille voisine. L’occasion d’aborder certaines questions préoccupantes que se posent bien souvent les enfants sur la mort, et le manque de la personne aimée. Attention, le récit ne tombe pas pour autant dans le pathos, et garde un ton optimiste jusqu’à la dernière page ! Si le thème général de l’album ne fait pas danser dans les chaumières, on retrouve pourtant la patte de Loïc Clément dans certaines répliques, empreintes de l’humour qui le caractérise.  

Côté dessins, je suis toujours impressionnée par la foule de détails qu’Anne fait figurer dans ses aquarelles ! Dans Chaussette, les scènes de vie et de rue sont nombreuses, et pourraient paraître bien figées. Pourtant, elle arrive à représenter avec talent les passants, les devantures et les charmantes ruelles de la ville, donnant à l’ensemble un vrai souffle de vie, y compris à Dagobert que l’on imagine fort bien gambader devant nos yeux. Malgré la nostalgie générale de l’album, les couleurs ne sont pas en reste et insufflent de l’optimisme à cette jolie histoire de vie !

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Chaussette, tout comme le reste des publications de ces auteurs, est une BD jeunesse singulière, un album à la fois ravissant au niveau esthétique, et intelligent dans son propos. Loin d’être « mignon cul-cul la praline », cette jolie histoire d’amitié est attendrissante, tout en abordant des thèmes sérieux à destination des enfants. 

PS : Souvent, les auteurs s’amusent à glisser des références à d’autres de leurs œuvres. C’est devenu une spécialité du duo Clément/Montel, et les initiés seront sans doute ravis de retrouver un clin d’œil à Shä et Salomé dans ce nouvel album  🙂

En bref, cet album c’est :
– un récit d’une grande tendresse
– un trio de personnages très attachants
– de sublimes illustrations, gorgées de petits détails ❤
– un thème traité avec beaucoup de subtilité

La différence invisible

La différence invisible; par Julie Dachez & Mademoiselle Caroline
Publié chez Delcourt, 2016

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Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle est différente.
Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

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√ J’ai apprécié :

☞  C’est un récit très immersif : on est plongé dans le quotidien de Marguerite, qui ne comprend pas (son entourage non plus d’ailleurs…) sa différence.
☞ Les dialogues sont très justes et mettent l’accent sur les situations quotidiennes où la jeune femme doit faire face aux préjugés ou aux remarques blessantes de son entourage. 
On suit Marguerite sur une longue période (avant, pendant, et après son diagnostic), ce qui permet de se rendre compte de son évolution sur le long terme. 

La partie documentaire en fin d’ouvrage permet d’approfondir réellement le sujet !
Le récit, malgré un thème très sérieux, reste optimiste et encourage à accepter sa différence.
Les dessins de Mademoiselle Caroline, un peu naïfs, retranscrivent pourtant parfaitement les émotions de Marguerite. Un contraste au niveau des couleurs est employé pour mettre en évidence toutes les petites choses du quotidien que l’héroïne a du mal à supporter.
☞ On ressent tout le malaise de Marguerite face à certaines situations : notamment quand elle est confrontée au bruit, avec la retranscription de tous les sons/conversations ambiantes, ce qui est plutôt bien vu.

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La différence invisible est une jolie BD, à la fois touchante et instructive, sur un thème dont on parle encore trop peu dans notre société. De quoi dire stop aux idées reçues grâce à ce témoignage poignant.

Les enfants de la Baleine T1

Les enfants de la Baleine; par Abi Umeta
Publié chez Glénat (Seinen), 2016

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Dans un monde où tout n’est plus que sable, un gigantesque vaisseau vogue à la surface d’un océan de dunes. Il abrite des hommes et des femmes capables pour beaucoup de manipuler le saimia, un pouvoir surnaturel qu’ils tirent de leurs émotions. Ce don les condamne cependant à une mort précoce.
À bord de la “Baleine de glaise”, ils vivent leur courte vie coupés du reste du monde. Jusqu’au jour où, sur un vaisseau à la dérive, le jeune Chakuro fait une étrange rencontre…

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Pour anecdote : à l’origine des Enfants de la Baleine, il y a un récit acheté par l’auteure dans une boutique spécialisée dans la vente de scénarios utilisables et libres de droit (si toi aussi tu ignorais l’existence de tels magasins, lève la main !).

√ J’ai apprécié :
 L’histoire est inattendue, avec un vocabulaire et des codes qui lui sont propres.

 L’intrigue trouve un bon équilibre entre les scènes d’action, et celles plutôt tournées vers l’émotion.
 Abi Umeta fait preuve d’une grande précision dans son récit et se soucie du réalisme puisque tout, du système politique aux habitudes culturelles, en passant par le mode de vie des habitants, est passé en revue, ce qui permet une meilleure immersion.
 On retrouve le côté onirique de certains animés Ghibli, ainsi que la conscience écologique qui est si chère aux Japonais.
 Le dessin n’est pas en reste : tout en finesse, que ce soit pour les décors ou pour les expressions faciales des personnages.

✘ J’ai moins aimé :
 Les personnages sont très peu attachants, c’est dommage : seul le groupe des Taupes se démarque un peu !

 

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L’intérieur ressemble donc à ça  🙂

Rares sont les mangas qui parviennent à me convaincre… mais ici, Abi Umeta propose une intrigue pleine de promesses, dans un univers poétique et mystérieux. A noter que Les enfants de la Baleine est tout à fait le genre de titre que l’on pourra conseiller à des non-lecteurs de mangas, pour peu qu’ils soient déjà sensibles à la science-fiction.

Rose T1 : Double vie

Rose T1 : Double vie; de Valérie Vernay, Emilie Alibert & Denis Lapière
Publié aux Éditions Dupuis, 2016 – 48 pages
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Un jour, le père de Rose Klein est abattu dans de mystérieuses circonstances et son corps, retrouvé sur la plage, comme pour une lugubre mise en scène. Livrée à elle-même, la jeune femme s’improvise détective et se lance en quête de réponses, sans se douter qu’elle va se heurter à des énigmes qui dépassent le simple domaine du naturel… Et si la vérité était liée à ce don étrange qu’elle a de se dédoubler et qu’elle ne s’explique pas, à cette « maladie » qui l’accompagne depuis sa naissance ?


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Je remercie d’abord les éditions Dupuis, et Babelio, qui m’ont proposé ce partenariat (et qui, en plus, m’ont fait parvenir le livre dans un coffret au joli packaging, avec poster et marque-page !)

Dès le départ, l‘histoire paraît accrochante et mélange habilement enquête policière et fantastique/surnaturel. Cela fonctionne plutôt bien, si ce n’est que ce premier tome, sensé être une introduction à l’histoire de Rose, fait apparaître trop d’élément mystérieux d’un coup, et c’est un peu déstabilisant de voir autant de questions en si peu de pages ! C’est sans doute voulu, mais quand on sait que le deuxième tome est prévu seulement pour septembre 2017, j’ai peur que les lecteurs qui aient apprécié l’histoire ne se lassent d’ici là…

En outre, pendant toute ma lecture, j’ai eu l’impression que l’histoire se déroulait devant moi sans que je suis réellement happée par l’intrigue. L’album se lit bien trop vite pour nous laisser le temps de nous attacher à la jeune Rose, qui ne se dévoile que très peu dans cet opus.

Côté graphisme, les dessins sont plaisants, et j’ai particulièrement aimé le contraste noir et blanc/couleurs qui se met en place lorsque Rose fait usage de son pouvoir, ce qui permet au lecteur de bien faire la distinction entre la jeune fille réelle et son double. L’ensemble de l’album se compose de teintes assez sombres, ce qui colle assez bien à l’ambiance mystérieuse qui s’en dégage. 

Au final, Double vie s’est avéré être une mise en bouche un peu légère pour moi. Malgré un début très intrigant, je ne suis pas certaine de lire la suite… J’ai conscience que l’attente sera longue pour les lecteurs ayant accroché à cet opus, car l’album se termine sur de nombreuses questions.

En bref :
des illustrations plaisantes
– trop de révélations et de questions soulevées
– un personnage principal trop mystérieux
– frustration de devoir attendre (encore longtemps) la suite