I hate Fairyland

I hate Fairyland; par Skottie Young
Publié chez Urban Comics Editions, 2017

Gertrude, petite fille au tempérament de feu, se retrouve subitement aspirée par sa moquette de la chambre, prisonnière du monde magique de Fairyland. Vingt-sept longues années de captivité et de bain de sang durant lesquelles sa seule motivation a été de rentrer chez elle. Bienvenue au royaume de la reine Claudia, des hommes-champignon, des faunes zombies et des haches géantes. Bienvenue à Fairyland. 

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Si vous suivez ce blog depuis quelques temps déjà, vous aurez remarqué que les comics y sont sous-représentés : et pour cause, j’en lis très peu. Pourtant, dès que j’ai croisé la bouille de Gertrude en librairie, j’ai su qu’entre nous ça aller matcher !

J’ai apprécié :

☞ La couverture donne complètement le ton : l’univers de la série est trash à souhait, complètement barré (si vous avez appréciez la série Dirk Gently sur Netflix, je pense que ce comics saura vous séduire). Que ce soit grâce aux remarques du duo Gertrude/Larry, ou à l’absurde de certaines situations, on ne s’ennuie pas une seule seconde !

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J’avais prévenu pour le côté trash…

☞ Le personnage de Gertrude est absolument délicieux ! Les années d’enfermement ont eu un effet plutôt néfaste sur l’esprit de la petite fille : elle s’est peu à peu transformée en monstre sanguinaire et imprévisible, avec une nette tendance à régler les situations conflictuelles à coups de hache. Vous voilà avertis !

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☞ L’auteur se permet de placer quelques figures phares des contes pour enfants en les rendant plus loufoques et cruels. Il faudra décidément une bonne dose de second degré pour apprécier I hate Fairyland !

☞ Graphiquement, tout est à l’image de l’univers mis en place : exagéré et loufoque. Skottie Young donne dans les couleurs pétantes et ses personnages prennent des allures cartoonesques, tandis qu’il dissimule de multiples détails et clins d’œil dans ses planches. Le découpage et la variété des plans utilisés donne à l’ensemble une dynamique intéressante. 

J’ai moins aimé :

☞ Le scénario s’avère un peu faible et répétitif. J’espère vraiment un renouvellement pour le troisième opus !

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Force est de constater que l’intérêt de la série vient surtout de l’univers acidulé et de l’humour noir omniprésent, avec quelques faiblesses au niveau scénaristique. A l’aide d’un travail graphique extraordinaire, Skottie Young propose une histoire irrévérencieuse, qui désacralise totalement le monde des contes de fées. 

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La Belle Sauvage, ou le « moueh » du début d’année

La Trilogie de la Poussière, tome 1 : La Belle Sauvage; de Philip Pulman
Gallimard Jeunesse, 2017 – 544 pages

61IuEgS0BZLÀ l’auberge de la Truite, tenue par ses parents, Malcolm, onze ans, voit passer de nombreux visiteurs. Certains sont étrangement intéressés par le bébé nommé Lyra et son dæmon Pantalaimon, gardés par les nonnes du prieuré tout proche. Qui est cette enfant ? Quels secrets, quelles menaces entourent son existence ? Pour la sauver, Malcolm et Alice, sa compagne d’équipée, doivent s’enfuir avec elle. Dans une nature déchaînée, le fragile trio embarque à bord de La Belle Sauvage. Tandis que despotisme totalitaire et liberté de penser s’affrontent autour de la Poussière, une particule mystérieuse, deux jeunes héros malgré eux, liés par leur amour indéfectible pour la petite Lyra, vivent une aventure qui les changera pour toujours.

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Si ma dernière lecture de A la croisée des mondes, la précédente trilogie de Pullman, commençait à dater (au moins sept ans !), j’avais encore bien en tête les différents éléments de cet univers si particulier, ainsi que les personnages principaux que l’on suivait dans leur quête. C’est donc avec fébrilité, et aussi un brin de nostalgie que je me suis plongée dans ce nouvel opus, qui offre un préquel aux aventures de Lyra et Pantalaimon. Seulement voilà, le voyage n’a pas été aussi plaisant que prévu.

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☞ Vite, mais pas trop…

Soyez prévenus, l’intrigue est longue à démarrer… Philip Pullman prend le temps d’introduire son univers si particulier, peut être un peu trop justement, quitte à perdre le lecteur en route. Si cet aspect ne m’avait pas dérangée le moins du monde dans le premier tome de La Passe-Miroir par exemple, ici j’ai rapidement eu envie de vivre l’aventure promise en quatrième de couverture ! 

☞ …quitte à zapper des choses

Malgré cette précision du détail pour que le lecteur se sente familier dans ce monde à la fois proche et différent du notre, il m’a semblé que l’auteur ne s’attardait pas autant que nécessaire sur certains aspects du récit : le concept des daemons, notamment, m’a semblé assez vague pour des lecteurs novices (et même pour moi, qui connaît pourtant déjà les livres de Philip Pullman !) 

☞ Un duo mal assorti

Malgré tout, il y a du bon dans le rythme lent instauré par l’auteur : mieux appréhender l’univers, et surtout faire la connaissance du jeune Malcolm, le protagoniste principal de cet opus. 

Et encore une fois, Pullman nous offre un héros à la mesure des événements présentés ! Malcolm, tout comme Lyra avant lui (ou après lui ? Tout dépend de l’ordre dans lequel vous lirez les trilogies –> TMTC cher lecteur), campe un personnage des plus attachants, qui fait preuve de multiples qualités. Doté d’une grande soif de connaissance, il est aussi brave et serviable, fichtrement déterminé, mais aussi très mature pour son jeune âge. Tout comme Lyra avec son daemon, sa relation fusionnelle avec Astra émeut.

En revanche, je dois bien avoue qu’Alice m’a laissée de marbre. Quasi invisible au départ, elle prend un rôle plus important dès que l’aventure démarre véritablement, mais ça n’a pas suffit à éveiller mon intérêt, et j’ai trouvé certains personnages secondaires bien plus intéressants. On recroise d’ailleurs avec plaisir (ou un peu moins) quelques uns des protagonistes d’A la croisée des mondes et remontons aux origines de l’histoire de Lyra. 

☞ Même si ce premier tome promet une intrigue intéressante toujours empreinte des éléments envoûtants qui faisaient d’A la croisée des mondes une saga d’exception, il m’a manqué un petit quelque chose pour être vraiment emballée par l’ensemble. Ceci dit, peut être que je suis tout simplement trop exigeante, car dans l’ensemble, ce nouvel opus est un bon roman d’aventures, et j’avoue avoir passé un agréable moment de lecture. 

En bref :
 – un excellent roman d’aventure !
  – un style fluide et immersif
– des intrigues politiques et religieuses intéressantes
 – des personnages un peu décevants car inégaux
– un manque de clarté sur certains aspects « magiques »

 

Où on parle de zéro déchet 🌱

Zéro déchet ; de Béa Johnson
Publié chez Les Arènes, 2013 – 395 pages
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Famille presque zéro déchet ; de Jérémie Pichon & Bénédicte Moret
Publié chez Thierry Souccar Editions, 2016 – 256 pages

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Commençons par le commencement, le zéro déchet c’est quoi au juste ? Comme son  nom l’indique très justement (thanks Captain Obvious !), il s’agit d’une initiative consistant à réduire ses déchets ménagers. La stratégie s’appuie grosso modo sur cinq points :

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Les deux livres que je présente aujourd’hui ne sont en aucun cas des ouvrages scientifiques, mais se présentent plutôt comme des guides pratiques comportant diverses astuces qui nous montrent à quel point il est simple de modifier son style de vie et de consommation.

Allez, je ne résiste pas au plaisir de vous en citer quelques unes en vrac !
– privilégier les chiffons microfibres (ou se fabriquer ses propres torchons à l’aide de vieux draps) à la place du traditionnel sopalin
– remplacer les cotons démaquillants à usage unique par des lingettes/cotons lavables, et donc réutilisables
– investir dans un composteur (si vous disposez d’un jardin ou d’un bout de terrain) pour y mettre tous vos déchets organiques
– opter pour l’achat de céréales, fruits secs et légumineuses en vrac autant que possible (pensez à emporter de petits sacs à vrac en tissu pour vos achats)

A aucun moment les auteurs ne se positionnent comme des exemples types à suivre absolument -sinon vous irez tous cramer en enfer voilà- ou n’emploient un ton moralisateur. Au contraire, il est souvent rappelé que chacun fait comme il le peut, selon son envie et surtout ses moyens financiers ou matériels. La famille Pichon-Moret, tout comme Bea Johnson, ont bien conscience que la transition peut être longue, et leur ouvrage a, pour moi, davantage pour but d’éveiller les consciences et de donner au lecteur des pistes pour s’améliorer.

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Dans les deux cas, on retrouve une bonne dose d’humour ! Cela passe par les dessins fournis par Bénédicte, illustratrice-graphiste dans la vraie vie, qui peuvent s’avérer très cynique envers la société de consommation ou les grandes distribution, mais toujours de bon ton. Quant à Bea Johnson, j’ai souri devant ses tentatives acharnées (mais souvent infructueuses il faut l’avouer!) à fabriquer un mascara maison, ou à fermenter des graines de kéfir pour en faire du fromage !

Écrits assez simplement, ces ouvrages se lisent très facilement. Leur découpage en chapitres thématiques (la cuisine/les courses, l’hygiène/la salle de bain…) est efficace et permet de repérer facilement les informations désirées. Pourtant, le livre Zéro déchet m’a paru un peu austère à la lecture comparé à son petit frère. Et pour cause : le texte n’est pas bien aéré, et n’est, à aucun moment, agrémenté de petits schémas ou dessins, qui rendraient le propos moins indigestes. A côté, La famille presque zéro déchet a un côté ludique et coloré non négligeable !

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Ceci dit, si je devais choisir absolument entre l’un des deux guides, je vous recommanderai plutôt d’investir ou d’emprunter quelque part (les médiathèques sont vos amies !) La famille presque zéro déchet.
Bea Johnson révèle des intentions très louables, mais en fait tout simplement trop. Chez elle, le zéro déchet apparaît presque comme une obsession, tout doit être sous contrôle, et ses idées sont parfois trop poussées pour le citoyen lambda : qui serait volontaire pour installer des toilettes sèches chez soi, ou encore à se maquiller les yeux en utilisant du cacao ? Les idées restent bonnes, mais j’ai moins eu cette impression en lisant l’ouvrage de la famille Pichon-Moret, qui joue plus sur la carte de l’humour et de la légèreté, tout en prenant son sujet au sérieux.

 

Toutes les illustrations sont à retrouver sur le site de Bénédicte Moret.

Y a pas de héros dans ma famille !

Y a pas de héros dans ma famille ; de Jo Witek
Publié chez Acte Sud Junior, 2017 – 133 pages

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☞ Qui n’a jamais eu honte de sa famille ?

Maurice Dembek, dit « Mo », a toujours cru naïvement que les autres enfants avaient, comme lui, deux vies bien séparées l’une de l’autre : celle à l’école où tout se doit d’être ordonné, où la politesse et le bien parlé règnent, et celle à la maison où ça braille dans toutes les pièces, où il y a toujours du monde qui s’invite. 

« Avant, je pensais que les enfants du monde entier étaient comme moi. Des mini-humains qui deux fois par jour et cinq jours par semaine passent la frontière d’un pays à l’autre, le cartable sur le dos et le sourire en bandoulière. Avant, ma vie gambadait légèrement entre le monde de l’école et celui de la maison. J’étais heureux dans mes deux pays bien distincts avec des gens différents, des styles différents, une cuisine et une langue particulières. »

Seulement voilà, le jour où son copain Hippolyte s’invite pour faire un exposé, tout bascule. Parce que chez les Castant, la maison est calme, immaculée, et surtout il y a un mur entier de photos de famille, dont plusieurs font figure de « héros » grâce à leur carrière ou l’obtention d’un Prix Nobel.

Pour Mo, c’est un véritable choc : sa famille, elle, ne comporte pas un seul « héros », ce serait plutôt une bande de zéros… Pire encore, à travers le regard d’Hippolyte, il prend conscience que sa famille est atypique, presque dysfonctionnelle !

☞ De zéro en héros

Dans la famille de Mo, je demande donc le héros. Et c’est qu’elle est étendue la tribu Dambek  ! Entre le père, qui travaille au noir avec un copain, les deux chiens de la famille, Titi le frère avide de sensations fortes en voiture et toujours prêt à se fourrer dans de sales coups, Gilou le frère deux de tension, Bibiche la soeur peste qui chante comme une casserole, Mo le vilain petit canard, et puis la mère qui porte tout ce petit monde à bout de bras, il y a de quoi faire !

D’ailleurs, la mère de Mo est sans doute le personnage qui m’a le plus émue dans tout le roman : elle donne sans compter à ses proches, qui ne se rendent pas toujours compte des sacrifices qu’elle a du faire pour sa famille ! Toujours rassurante, elle a un caratère amusant et n’a pas la langue dans sa poche.

« J’ai arrêté l’école pour aider ma famille. Gagner des sous. Tu comprends, Mo ? Et aujourd’hui je travaille à la maison. C’est peut-être pas un vrai travail, mais pour moi, c’est important. Le plus important, même. »

L’exploration, en famille, des albums photos révèle des histoires de gens pas si ordinaires qu’en apparence, rassurant Mo, et lui donnant l’occasion de redécouvrir sa drôle de famille oh combien généreuse.

☞ Une belle leçon de vie

A grand coup de rires et avec une grande sensibilité, Jo Witck dresse le portrait d’une famille unie qui émeut à coup sûr le lecteur par sa tendresse et son amour.

Même au delà de ça, elle montre que les héros ne sont pas toujours ceux que l’on croit : nombreuses sont les personnes oeuvrant dans l’ombre ou l’indifférence générale pour le bien des autres.

« Je sais que les vrais héros sont ceux que les gens aiment, mais aussi ceux qui savent aimer. Ceux qui rendent les autres plus forts, au lieu de se croire les plus forts. »

☞ Ce roman jeunesse a tout de la petite pépite, à mettre rapidement entre les mains des enfants à partir de 10 ans ! L’autrice a su mettre des mots justes sur le contexte social/familial de Mo, véhiculant au passage un joli message de tolérance. Elle signe un très joli roman d’apprentissage sur les liens familiaux, montrant l’importance de connaître son passé pour mieux appréhender son présent.

Somali et l’esprit de la forêt : un enchantement visuel !

Somali et l’esprit de la forêt; par Yako Gureishi
Publié chez Komikku Editions, 2016

Depuis que le monde est dominé par les créatures non-humaines, les hommes en sont réduits à mener une existence clandestine pour échapper à la persécution sans répit des nouveaux maîtres. Un jour, un golem, gardien des forêts, recueille une fillette appartenant à cette race humaine en voie d’extinction et décide d’entreprendre avec elle un périlleux voyage à travers les contrées.  Ainsi commencent les aventures de cet étrange duo dépareillé, mais uni par un attachement quasi filial.

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J’ai apprécié :

☞ Les deux personnages principaux sont attachants à souhait ! Leur relation quasi père-fille est touchante dans sa simplicité et sa dualité : Somali, avec sa petite bouille ronde et sa fragilité, est physiquement à l’opposé du golem, qui s’impose vite comme son protecteur. 

☞ Dépaysant à souhait, Somali et l’esprit de la forêt est très contemplatif et nous donne à découvrir un univers à la fois fantastique et poétique. Les créatures fabuleuses que croise notre duo (lapins à cornes, drôles de poissons mangeurs de livres, démons apothicaires, ou encore sorcières cuisinières) nous immerge en quelques pages seulement !

☞ Dans l’histoire, le golem fait figure de gardien des forêts, et la nature se meurt une fois qu’elle perd son protecteur : ce soucis de l’environnement m’a rappelé les œuvres de Miyazaki, dans lesquelles on retrouve souvent cette thématique. 

☞ Comment ne pas être séduit par les merveilleuses illustrations ? Mettant en scène la nature luxuriante et des petits villages pittoresques, la technique graphique m’a un peu rappelé la série de mangas Les enfants de la Baleine. Bref, les décors sont grandioses, le soucis du détail est vraiment là, et j’étais emballée dès les premières pages !

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☞ L’intrigue se met en place doucement, laissant entrevoir au lecteur un conte cruel à mesure que l’on découvre le sort réservé aux humains…

C’est un vrai moment de poésie que nous offrent les éditions Komikku, dont je découvre peu à peu les publications, pour mon plus grand plaisir ! (si, si rappelez-vous : L’enfant et le maudit, Le maître des livres, Minuscule, ou encore The Ancient Magus Bride, ce sont eux aussi !) Dans le cas présent, Somali et l’esprit de la forêt propose des pistes intéressantes sur la tolérance, mais aussi sur l’extinction de certaines espèces (ici, l’être humain) : le tout donne sérieusement à réfléchir sur le devenir de notre société, et plus largement de notre planète. 

Histoires musicales pour petites oreilles♫

Sur les conseils d’une collègue, j’ai récemment écouté/regardé deux nouveautés jeunesse qui étaient arrivées à la médiathèque. Si je ne suis pas particulièrement friande des histoires illustrées et racontées sur CD en paralèlle (en plus, je n’ai pas d’enfants !), je suis pourtant tombée sous le charme de ces deux opus édités par Acte Sud, qui feront d’excellents cadeaux pour les enfants de votre entourage ! 


Allô docteur Ludo : comédie médicale ; de Olive et moi
Raconté par François Morel & illustré par Arnaud Boutin

Acte Sud Junior, 2012 – 48 pages
[A partir de 5 ans]

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Le docteur Ludo est doudoutologue : il ne soigne pas les humains, mais les jouets, les peluches, les robots, les poupées… C’est un médecin réputé ; tous les mercredis, sa salle d’attente est pleine à craque. Parfois, il s’y passe des choses vraiment bizarres… 

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L’histoire à la fois loufoque et intelligente présente plusieurs niveaux de lecture, ce qui satisfera aussi bien les enfants que leurs parents qui devraient saisir les jeux de mots et les références présentes dans le texte. 

On alterne entre lecture narrative et musique, et tout y est parfait : François Morel fait un narrateur remarquable, et les chansons -au nombre de cinq- sont rythmées et entraînantes, avec des paroles sensées. 

Signalons également les illustrations naïves et colorées de Arnaud Boutin, qui accompagnent parfaitement le ton humoristique de l’histoire !

Pour moi, l’ouvrage est accessible dès 5 ans (ça risque d’être compliqué avant niveau compréhension), jusqu’à pas d’âge ! Bref, à écouter sans modération, même si l’album n’est, à priori, pas remboursé par la Sécu 😉 

 


Un petit deuxième pour la route ? 😉


Le stylo à cancre ; de Olive et moi
Raconté par François Morel & illustré par Elisa Gehin
Acte Sud Junior, 2008 – 48 pages
[A partir de 5 ans]

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Moi c’est Simon. J’ai toute une classe de peluches et d’animaux qui m’attend à mon retour de l’école. Dans ma chambre, c’est moi le maître, le prof, le super héros. Sauf que mes élèves m’en font voir de toutes les couleurs… Pas étonnant que je sois fatigué !

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Là encore, Olive & moi nous offre une histoire touchante et originale : les calembours et sous-entendus sont irrésistibles et font de ce livre-CD un petit bijou à offrir tout autour de soi !

Côté chansons les airs restent bien en tête, se retiennent vite, et rythment agréablement l’histoire lue par François Morel, dont l’interprétation est décidément impeccable. Si l’ensemble m’a un peu moins séduite que Allô docteur Ludo, reste qu’on  regrette presque qu’il n’y ait pas d’avantage de chansons sur chaque histoire !

Attention cependant, toutes les fantaisies de Simon pourraient bien donner des idées aux plus jeunes, car le garçon est très inventif quand il s’agit d’enseigner dans sa classe fictive : dissection de Pokemon, élevage de poux, dictée de mots d’excuses… autant de matières qui n’ont pas leur place à l’école traditionnelle. 

Les mystères de Larispem : un mélange détonnant !

Les mystères de Larispem T1 : Le sang jamais n’oublie; de Lucie Pierrat-Pajot
Gallimard  Jeunesse, 2016 – 260 pages
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Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent…  Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville.
Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

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Lauréat de la deuxième édition du Concours du Premier Roman Jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL, Les mystères de Larispem a su se démarquer grâce à l’originalité de son récit et la richesse de son univers.

Après tout, il fallait y penser à cette uchronie ! Dans cette version de l’Histoire, la Commune de 1871 a été un grand succès, permettant aux Communards de prendre le pouvoir et de bannir les aristocrates. Désormais, c’est l’égalité pour tous qui prévaut, Paris est devenue la Cité-Etat de Larispem et a affirmé son indépendante du reste de la France.

Au lecteur de se familiariser avec cet univers au fil des pages : se réapproprier les noms des rues, apprendre que la Tour Eiffel n’a jamais été construite mais qu’une Tour Verne existe…!

On appréciera de suivre tour à tour chacun des trois jeunes héros : Liberté, Carmine et Nathanaël, dans leur quotidien. Quotidien qui paraît assez banal de prime abord. Pourtant, Carmine, apprentie louchébem (=boucher) n’hésite pas à commettre des cambriolages la nuit en compagnie de Liberté, jeune mécanicienne de talent et peu sûre d’elle. Quant à Nathanaël, il est orphelin et n’a presque jamais mis les pieds dehors, mais croit déceler un mystère dans son orphelinat et décide de mener discrètement l’enquête. Tous les personnages sont assez bien construits, même si j’ai trouvé qu’il leur manquait un peu de profondeur. Ceci dit, ils sont d’un naturel optimiste et insouciant, assez pour que le lecteur s’identifie à eux.

Ici, les codes de la littérature jeunesse sont bien présents et très respectés, ce qui fait des Mystères de Larispem un roman estampillé “jeunesse”, là où La Passe-Miroir pouvait se lire à tout âge et séduire également un public adulte. Ceci dit, ce n’est pas un réel défaut, mais le fait que ces deux romans soient lauréats du même concours pousse inévitablement à la comparaison !

Ce premier tome est donc surtout une grande introduction à l’univers si particulier que nous propose l’auteur. Lucie Pierrat-Pajot nous plonge dans une intrigue captivante, mêlant habilement le côté historique à une pointe de fantastique, le tout dans une merveilleuse ambiance steampunk. On suit avec plaisir les pensées des trois personnages principaux en même temps que l’on découvre le fonctionnement de Larispem. Bref, Le sang jamais n’oublie constitue le premier tome d’une trilogie qui s’annonce assez unique en son genre !

En bref :
– un univers unique
  – de jeunes héros attachants
  – le mélange de plusieurs genres, très bien mené

 


Un petit mot sur le 2ème tome ? 


 

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Au début du XXe siècle, les grands jeux de Larispem sont organisés. Carmine, Louchébem et Nathanaël forment l’une des six équipes. Mais ils font aussi face à la redoutable comtesse Vérité, qui manoeuvre en secret pour s’emparer de la Cité-Etat. Ils doivent pour cela déchiffrer le livre de Louis d’Ombreville.

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Après avoir découvert le très surprenant premier tome de la série, il me tardait de dévorer la suite ! 

Tandis qu’ils s’accomplissent chacun au niveau professionnel, nous retrouvons Carmine, Nathanaël, et Liberté dans une alliance très attendue dans le cadre de leur participation aux Jeux du siècle. Inutile de dire que de nombreuses péripéties les y attendent, et qu’on cherchera à leur mettre des bâtons dans les roues ! 

En parallèle de cette grande aventure, d’étranges évènements se produisent dans la Cité-Etat. Les Frères de Sang sont décidés à faire parler d’eux, et menacent la paix de Larispem, à travers plusieurs sabotages d’automates et menaces publiques. Le roman prend alors une tournure plus sombre et l’on apprend ainsi à connaître cette association inquiétante qui gravite autour de nos  trois héros.

Si l’on retrouve le mélange de magie, d’histoire et de complots, qui faisait tout le charme du premier opus, ce tome-ci est beaucoup plus tourné vers l’action.
L’un des points forts de la saga, reste, bien sûr, son contexte si original : quel plaisir de découvrir un Paris entièrement revisité, indépendant du reste du pays, et d’admirer la suprématie technologique de Larispem !

A côté de ça, les personnages sont pour beaucoup dans la réussite de la série : notre trio se révèle de plus en plus, et certains protagonistes m’ont agréablement surpris. Liberté, notamment, s’affirme complètement, et j’ai trouvé le personnage de Nathanaël très agréable dans ce nouvel opus, lui qui ne m’avait pas forte impression dans l’introduction.

Il n’y a pas à dire, Lucie Pierrat-Pajot confirme son talent avec ce nouveau livre, à travers une plume fluide, un univers unique et une grande imagination ! Après un premier tome très introductif, le lecteur rentre dans le vif du sujet, et va de rebondissement en rebondissement. Les nombreuses révélations de l’auteure, ainsi que la conclusion du roman, qui nous laisse méchamment sur notre faim, ne peuvent que donner envie de poursuivre l’aventure aux côtés de Carmine, Liberté et Nathanaël !