Celle dont j’ai toujours rêvé

Celle dont j’ai toujours rêvé ; de Meredith Russo
Publié chez Pocket Jeunesse, 2017 – 320 pages

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Amanda Hardy arrive dans un nouveau lycée. Comme beaucoup, elle souhaite avant tout s’intégrer. Mais malgré sa popularité, un secret l’empêche de s’ouvrir aux autres. Sa rencontre avec Grant remet tout en question. Il est le premier garçon qui parvient à lui faire baisser sa garde. Amanda comprend que pour être heureuse, elle doit se révéler, au risque de tout perdre. Car le secret d’Amanda c’est qu’avant, elle s’appelait Andrew.

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Ce livre, à l’image de George paru chez l’Ecole des loisirs, on en a beaucoup parlé à sa sortie. Sans doute à cause de son sujet – la transexualité-, encore pas très bien considéré dans notre société, et relativement tabou dans les écrits. Bien qu’il s’agisse d’un roman traduit de l’américain, le texte est bon et bien adapté, aucune coquille n’est à signaler.

Amanda fait figure de véritable héroïne dans ce roman, montrant un courage extrême pour pouvoir enfin être elle-même. Attachante et sensible, le lecteur ne peut que lui souhaiter le meilleur possible pour la suite !
L’autre point fort du roman, outre le personnage d’Amanda, c’est que l’auteure insiste sur la psychologie des proches de la jeune fille. De fait, on assiste au déchirement de ses parents, qui signera la fin de leur mariage, ainsi que le travail qu’ils fournissent sur eux-même pour accepter la différence de leur enfant. La relation d’Amanda et son père, notamment, est intéressante à voir évoluer : après des années d’absence, tout semble à reconstruire.

En parallèle, le témoignage d’Amanda permet d’ouvrir la discussion sur une foule de thématiques. La religion, omniprésente dans la région où emménage la jeune fille, permet d’aborder certaines questions sur la foi et l’être humain, et, s’il n’apporte pas de franche réponse sur le sujet, le roman permet au moins d’ouvrir de nombreuses portes. Le récit est aussi prétexte à souligner le mal que peuvent faire certains propos (notamment homophobes), et le harcèlement en lui-même. A comportement horribles, mesures désespérées, comme le jeune Andrew en fera d’ailleurs l’expérience… Réaliste, sans pour autant se terminer comme un conte de fée, la fin du roman m’a également séduite.

Il faut savoir que Meredith Russo est, elle aussi, une femme transsexuelle, tout comme Amanda. Néanmoins, le roman n’est pas strictement autobiographique, car comme elle l’explique dans les notes en fin d’ouvrage, l’auteure s’est simplement inspiré de sa propre situation, mais n’a pas nécessairement eu le même parcours que son héroïne. Si son histoire peut paraître stéréotypée par moments, c’est avant tout par soucis d’authenticité : Meredith Russo souhaitait que le vécu d’Amanda puisse s’adapter à la situation d’autres personnes, pour permettre une plus forte identification de la part du lecteur. Toujours est il que ce dialogue avec l’auteure sur la genèse de son œuvre apporte une touche de sincérité certaine au livre.

A noter que j’aurais aimé en apprendre davantage sur le passé d’Amanda, particulièrement sur le déroulement de sa transformation et de son traitement. Mais Meredith Russo a choisi d’occulter ce passage pour se concentrer sur l’évolution de son personnage, ce qui est un point de vue tout à fait défendable, mais qui ne m’a pas autant séduite que je l’espérais.
Quant à l’histoire d’amour du personnage avec Grant -quand bien même elle reste mignonne- elle m’a relativement peu intéressée, sans doute parce que je ne suis pas fan de romances d’une manière générale, et que leur relation évoluait trop rapidement pour me paraître vraiment crédible.

Dans le monde d’aujourd’hui, où chacun doit rentrer dans une case, et où les différences sont stigmatisées, l’histoire d’amour d’Amanda ouvre à nouveau un débat vieux comme le monde sur la tolérance envers les autres. Grâce à la jolie plume de l’auteur, au charisme de son héroïne, et au thème porteur, Celle dont j’ai toujours rêvé s’avère être un roman young-adult nécessaire, qui interpelle

En bref :
– une histoire nécessaire, touchante
– un beau message de tolérance
– un angle d’approche ne pouvant satisfaire tous les lecteurs
– une relation amoureuse un peu cliché

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5 réflexions sur “Celle dont j’ai toujours rêvé

  1. Pikobooks dit :

    J’avoue que ce roman ne m’a jamais intéressée plus que ça… et je ne saurai dire pourquoi. En revanche, j’ai trouvé ta chronique ultra intéressante et agréable ! 🙂 J’adore ton honnêteté. ❤
    Des poutous.

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  2. Niognot dit :

    J’y vois un peu plus claire sur la façon dont est abordé le roman, je le lirai sans doute, il est sur mon bureau actuellement.
    Bon sinon je vois que tu as changé ton thème de blog. C’est vraiment pas mal et j’adore ton papier peint fleuri! 😉

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