George

George ; de Alex Gino
Publié chez l’École des Loisirs, 2017 – 176 pages

31wecaurbpl-_sx344_bo1204203200_


Parfois, les gens ne voient pas les choses comme elles sont, mais comme ils croient qu’elles sont. Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, Scott aime son « frérot », et Kelly le tient pour son meilleur ami. Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car, George en a la certitude, elle est une fille.

3

Déception est le mot d’ordre de ce petit livre, que pourtant, il me tardait de commencer ! Il m’avait été conseillé par plusieurs autres blogueurs, décrit comme une petite pépite originale et touchante depuis sa sortie, et ça me fait presque mal d’admettre que je n’ai pas ressenti grand chose à sa lecture…

Parler d’un sujet encore considéré comme tabou aujourd’hui -à savoir le transgénérisme- est admirable, d’autant plus dans la littérature de jeunesse ! C’est le genre de thème méconnu et trop peu abordé au quotidien, qui pourtant devrait faire l’objet de davantage de communication dans les écoles.

L’auteur, Alex Gino, étant lui même transgenre non défini et utilisant le pronom « ils » pour s’autoqualifier, le récit est dans l’ensemble d’une grande justesse et authenticité, et évite certains écueils. Ainsi, dès les premières lignes, George est appelée « elle », comme pour insister sur son identité féminine.

George est un personnage sympathique et terriblement touchant. On est immédiatement pris d’empathie devant son mal-être intérieur, et son envie de révéler aux autres son identité réelle. On ne peut aussi qu’admirer son évolution tout au long du roman ! D’une petite fille qui se cache pour lire des magazines féminins, ne se reconnait pas dans ce corps qui est pourtant le sien, et n’ose parler de sa véritable identité à personne, elle devient beaucoup plus sûr d’elle, s’affirme en tant que Mélissa, et révèle, petit à petit la vérité à ses proches. 

Passons aux moins, car il y en a… Le gros bémol, pour moi, a été le style littéraire : des longueurs apparaissent à plusieurs reprises dans le récit, ce qui a considérablement ralenti ma lecture et m’a empêchée d’être vraiment embarquée dans l’histoire de George. C’est bête à dire, mais je m’attendais peut être à mieux de la part de l’École des loisirs, qui, jusque-là, m’avait toujours habituée à des publications d’une grande qualité éditoriale. De plus, le ton employé est très didactique : c’est dommage car l’histoire n’en paraît que moins naturelle.

En parallèle de la forme, certaines incohérences m’ont fait froncer les sourcils plus d’une fois. Que penser, par exemple, de la meilleure amie de George, Kelly, qui s’exprime souvent comme une jeune fille, alors qu’elle n’a pas plus de dix ans ? J’ai trouvé que son comportement n’était pas en adéquation avec les préoccupations d’une petite fille de cet âge, contrairement aux autres protagonistes du roman qui sont plutôt bien représentés.

George fait partie de ses œuvres touchantes, dont on a besoin, et surtout à mettre entre toutes les mains. Mon faible enthousiasme pour la forme de l’histoire, ne m’empêche pas d’espérer qu’il trouvera son public, et que parents comme enseignants n’hésiteront pas à le transmettre autour d’eux !

En bref :
– un roman nécessaire, de par sa thématique
– aucun pathos ou voyeurisme dans cette histoire touchante
un style d’écriture très en dessous des publications de l’École des loisirs

Publicités

12 réflexions sur “George

  1. oursebibliophile dit :

    A cause (ou grâce ?) à Lupiot, je n’ai plus du tout envie de le lire ! ^^
    C’est drôle, je trouve que ton avis est globalement plus positif que la note que tu lui as donné. Bref, c’était la remarque qui ne sert à rien. A part ça, c’était bien les Imaginales ?

    J'aime

    • Victoria dit :

      Les Imaginales, c’est vraiment à faire au moins une fois. Je suis un peu en PLS rien que d’y repenser ! L’ambiance est vraiment excellente et chaleureuse, rien à voir avec Montreuil ou Livre Paris qui font plus « usine ». Les auteurs sont très disponibles, et ce n’est pas seulement axé littéraire, tu as de nombreux stands extérieurs autour du jeu, de l’histoire, des cosplays ou des artisans 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Nituti dit :

    Oh mince 😦 Je l’ai lu dès sa sortie (lorsque je faisais mon stage en librairie) donc pas d’influences. J’espère que ce ne sont pas les avis des autres qui t’ont trop influencé sur le tien…

    J'aime

  3. Niognot dit :

    Je vois qu’on est plutôt d’accord sur ce petit Roman. Mitigée c’est bien le mot pour qualifier ma lecture à moi aussi. Alors du coup c’est aussi dur pour moi de bien « vendre » ce livre (déjà que le conseil c’est pas mon truc alors si je n’y crois pas à fond…).

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s