Chroniques·Coups de coeur·Young-Adult

J’ai avalĂ© un arc-en-ciel đŸŒˆ

J’ai avalĂ© un arc-en-ciel; de Erwan Ji
PubliĂ© aux Éditions Nathan, 2017 – 396 pages
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Je m’appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. J’ai dix-sept ans, la peau mate et un accent de Montpellier. Enfin, l’accent, c’est quand je parle français. Je vis aux États-Unis depuis que j’ai trois ans. Cette annĂ©e, il m’est arrivĂ© un truc phĂ©nomĂ©nal. Retournement de vie, frisson gĂ©ant, secousse cosmique, vous appelez ça comme vous voulez, mais la vĂ©rité  c’est que j’ai avalĂ© un arc-en-ciel.

 

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Alerte : ceci est une pĂ©pite. Je rĂ©pĂšte : ceci est une pĂ©pite. A tel point que cette chronique risque d’ĂȘtre trĂšs dĂ©cousue, tant il y aurait Ă  dire sur ce merveilleux roman !

J’ai avalĂ© un arc-en-ciel aurait pu ĂȘtre une Ă©niĂšme histoire de lycĂ©ens, oĂč l’on aurait parlĂ© d’amitiĂ©, d’amour (Ă©videmment), mais aussi de doutes et de ce qui constitue l’adolescence en gĂ©nĂ©ral. Sauf que c’est bien plus que ça, et unique en son genre !

☞ Un ton dĂ©calĂ©
Capucine -qui voit son prĂ©nom Ă©corchĂ© par tous les AmĂ©ricains- est une jeune fille drĂŽle et spontanĂ©e. Que ce soit Ă  travers le regard humoristique qu’elle pose sur son entourage, ou par son ton enjouĂ©, trĂšs vite, on ressent une profonde sympathie Ă  son Ă©gard.

Il paraĂźt que rien ne vaut un exemple concret : les premiĂšre lignes du roman donne complĂštement le ton du blog de l’hĂ©roĂŻne :

« C’est un drĂŽle de mot, blog. Pendant longtemps, j’ai cru que c’était le nom d’une nourriture. Si mon grand-pĂšre s’était demandĂ© ce que ça voulait dire, il se serait mouillĂ© le doigt et aurait tournĂ© les pages de son Ă©pais dictionnaire. Moi, j’ai tapĂ© le mot sur Google. C’est ça, le progrĂšs. On n’a plus besoin de se mouiller le doigt. »

☞ Se construire, trouver son chemin
La derniĂšre annĂ©e de lycĂ©e est aussi synonyme de petits chamboulements et de grands bouleversements. C’est l’annĂ©e des doutes, des peurs, du choix de l’orientation universitaire, des adieux aux amis, et bien plus encore. En bref, des thĂšmes maintes fois abordĂ©s en littĂ©rature jeunesse, mais que Erwan Ji traite ici avec une grande justesse, comme si c’Ă©tait la premiĂšre fois, faisant de son roman un rĂ©cit incontournable sur l’adolescence.

« On est trop vieux pour ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des enfants, mais trop jeunes pour ĂȘtre acceptĂ©s comme des adultes. Les trucs qu’on dĂ©teste, on a du mal Ă  les Ă©viter. J’entends souvent dire que les adolescents sont des rebelles. C’est faux, on n’est pas rebelles, on a juste grandi, et on aimerait que les gens s’en rendent compte. »

☞ Ah, l’amour…
Impossible de traiter de l’adolescence sans inclure une petite histoire d’amour ! Aux revĂȘches des amourettes de lycĂ©ens, Erwan Ji propose ici une trĂšs belle rĂ©flexion sur le sentiment amoureux en gĂ©nĂ©ral. Attention, spoiler !
Capucine, qui, jusque lĂ , a toujours frĂ©quentĂ© des garçons, se dĂ©couvre une attirance particuliĂšre pour son amie Aiden. C’est l’heure des doutes sur son orientation sexuelles, de la peur du jugement des autres… On la voit ainsi analyser ses sentiments, chercher la dĂ©finition d’amour et d’amitiĂ© dans le dictionnaire, pour « remettre les choses en perspective ».
LĂ  oĂč rĂ©side le talent de l’auteur, c’est de ne pas avoir fait de l’homosexualitĂ© le gros thĂšme de son roman, mais de parler d’amour, tout simplement. Capucine finit par comprendre qu’il ne sert Ă  rien de se catĂ©goriser, et se dĂ©finit mĂȘme Ă  un moment comme « Aiden-sexuel », car aprĂšs tout, on tombe amoureux d’une personne avant tout non ?

☞ Bienvenue en AmĂ©rique !
DĂ©couvrir le fonctionnement d’un lycĂ©e amĂ©ricain huppĂ© (college preps, pour info), c’est aussi ce que propose Erwan Ji avec son roman. Via les anecdotes de Capucine, toutes les traditions et les Ă©vĂšnements incontournables de ce milieu prennent forme devant nos yeux, nous immergeant complĂštement dans son quotidien. A la fin du livre, les Morp, Tag Days, Promposals, la cĂ©rĂ©monie de Graduation et le Black Friday n’auront plus de secret pour vous.
En parallĂšle, le bilinguisme de l’hĂ©roĂŻne lui permet d’expliciter des expressions types ou des concepts qui n’ont pas vraiment d’Ă©quivalent en français. Ainsi, les expressions « whatever », « duh », « it’s a date » trouvent un sens pour le lecteur non averti.

Une multitude de publications ayant pour thĂšme central l’adolescence et ses tracas sortent chaque annĂ©e. Pourtant, J’ai avalĂ© un arc-en-ciel est sans aucun doute le roman qui en parle le mieux, d’un ton cocasse et un peu dĂ©calĂ©, et pourtant avec une grande sensibilitĂ©. Tout sonne juste ici, rien n’est exagĂ©rĂ© ou poussĂ© au ridicule : Erwan Ji signe un premier roman touchant. Quand Ă  Capucine, unique en son genre, c’est certainement une des hĂ©roĂŻnes de la littĂ©rature jeunesse la plus marquante et rĂ©ussie jusque là  !  

En bref :
√ une hĂ©roĂŻne absolument adorable ♄
– des anecdotes culturelles intĂ©ressantes sur la scolaritĂ© aux États-Unis
– le ton juste, sincĂšre de l’hĂ©roĂŻne (et de l’auteur!)
– la reprĂ©sentation de l’amour qui est donnĂ©e

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24 rĂ©flexions au sujet de « J’ai avalĂ© un arc-en-ciel đŸŒˆ »

    1. Oh non, par rapport Ă  celle de La voix du livre, ou La ronde des livres, ou Mademoiselle Bouquine, je t’assure qu’elle est nettement en dessous ^^’
      Mais j’espĂšre rĂ©ussir Ă  donner un tout petit peu envie, parce que c’est vraiment une pĂ©pite ❀

      J'aime

  1. En bref : le titre m’a interpellĂ©, la couverture un peu rebutĂ©e, le dĂ©but de ton article fortement encouragĂ©, la premiĂšre citation m’a fait succombĂ© ! Si dĂšs les premiĂšres lignes, j’ai dĂ©cochĂ© un sourire, alors je veux lire ce bouquin ! Il m’a l’air d’ĂȘtre trĂšs humain, et ça c’est top !

    Aimé par 1 personne

  2. Oulala ça c’est de la chronique qui donne envie!!! En plus je pense que c’est typiquement le genre d’histoire qui peut fortement me plaire! Bon et rapport au commentaire du dessus moi j’aime bien le concept couverture caca de licorne! 😉

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    1. Bonjour Sandrine 🙂 Pour des classes de 3Ăšme, pourquoi pas oui. Avant, ça me semble compliquĂ© Ă  conseiller quand mĂȘme : le roman met vraiment l’accent sur la pĂ©riode du lycĂ©e, avec des thĂšmes assez Ă©loignĂ©s des prĂ©occupations des collĂ©giens je pense.

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