[Test] Oxenfree, le jeu narratif poétique

L’arrivée de la Nintendo Switch à la maison en fin d’année a été l’occasion parfaite de me replonger dans le bain des jeux vidéos, un peu tenus en retrait faute de matériel disponible (on ne compte pas le PC de Monsieur, très peu accessible puisqu’il y passe la majorité de son temps !). Après avoir dépassé les 100h de jeu sur le merveilleux Zelda Breath of the Wild, et m’être bien divertie avec Mario Odyssey, je me suis tournée vers les jeux indés disponibles sur le Nintendo Store, avide de faire des découvertes atypiques.

Spoiler alert : ça l’a carrément fait !

Et c’est comme ça qu’on se retrouve aujourd’hui à inaugurer la catégorie « Geekeries » du blog avec un premier test ! 


Le pitch d’Oxenfree est des plus classiques : une bande d’adolescents se retrouvent sur une île loin de tout, afin d’y passer du bon temps. Évidemment, leurs plans se voient perturbés lorsqu’ils ouvrent -plus ou moins accidentellement *humhum- une faille spectrale et que des événements surnaturels commencent à se produire ! Voilà comment démarre la nuit la plus mouvementée de leur existence, avec désormais un seul but : quitter l’île au plus vite.

Ce n’est pas de slasher dont il est ici question : point de tueur psychopathe décimant nos jeunes isolés, mais au contraire la promesse d’une aventure originale, même si très inspirée d’œuvres phares des années 80′ (Stranger Things, Les Goonies… m’voyez ?). 


L’interaction au cœur du gameplay


Si les actions du joueur se limitent souvent au déplacement du personnage principal -on traverse l’île de part en part à plusieurs reprises-, les séquences de dialogues constituent la mécanique de jeu principal d’Oxenfree, jeu narratif obligé. Plusieurs choix s’offrent systématiquement à Alex et c’est au joueur de déterminer la réponse adéquate, le tout dans un délai très court (trop ?) de quelques secondes seulement. Tout ça permet d’influer sur le cours de l’histoire, et notamment de déterminer la fin de l’aventure.

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©Night School Studio

C’est grâce à la qualité de ses dialogues que le jeu forme un tout très réussi  : tout sonne juste, chaque ligne de texte révélant le caractère et le background des différents protagonistes. C’est, selon moi, le naturel de ces échanges -et notamment des voix- qui accrochent le joueur dès les premières minutes, d’autant que les personnages bavardent comme le feraient réellement un groupe d’amis, quand ils ne commentent pas les phénomènes étranges dont ils sont témoins.

Attention cependant, le jeu n’est pour le moment disponible qu’en anglais, et bien qu’habituée à regarder des films/séries en VOST, les sous-titres défilent à une cadence si rapide, que j’ai parfois eu du mal à suivre le rythme !


L’exploration avant tout


Outre les séquences narratives, Oxenfree se caractérise par de longues marches durant lesquelles le passé de l’île et de ses habitant refont surface. Malgré tout, l’ensemble reste assez flou, même en fin de partie, ce qui apporte une certaine frustration au joueur…j’imagine qu’il s’agit de le pousser à recommencer l’épisode afin, d’explorer tous les sentiers et de récupérer ainsi certains objets annexes. Côté durée de vie, comptez dans les 4 ou 5 heures de jeu. Cependant, les multiples fins envisageables laissent envisager une bonne rejouabilité.

Si l’histoire nous encourage à fouiller l’île d’Edwards -ancienne base militaire- de fond en comble, elle nous permet aussi d’explorer le passé parfois douloureux des personnages. C’est là qu’Alex, le personnage terriblement attachant que l’on contrôle parmi quatre autre PNJ, entre en scène. Dès les premières minutes, le joueur découvre son histoire familiale, qui aura d’ailleurs un rôle à jouer plus tard dans l’aventure.

Là où le pouvoir d’immersion d’Oxenfree apparaît dans toute sa splendeur, c’est dans la manière dont il nous rend les protagonistes attachants, souvent émouvants même. Effectivement, le jeu positionne sa caméra de manière très éloignée, faisant apparaître les personnages minuscules, noyés dans l’ensemble du décor. Difficile dans ces conditions de discerner les expressions faciales, autrement que par les maigres polaroids pris durant le récit… Et pourtant, je me suis attachée à chacun des cinq camarades présentés, grâce à l’excellent jeu des acteurs.


Une atmosphère envoûtante


Visuellement, l’esthétique est très réussie et permet de s’en mettre plein les mirettes : graphismes riches en d, onirisme et effets de lumière incroyables sont au rendez-vous ! Le jeu étant intégralement en vue de côté 2D, la caméra nous offre le recul nécessaire pour nous faire découvrir les différents environnements et points de vue de l’île, à juste titre ma foi.

 

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Immersion garantie également grâce à la musique, qui constitue l’un des gros plus du jeu ! Si la qualité des doublages est remarquable pour un jeu de cette envergure, l’ambiance sonore est, à mon avis, tout aussi réussie. Les tonalités un peu électros, franchement exotiques voire même quasi-surnaturelles se succèdent pour mieux accompagner le joueur dans son périple. Écoutez plutôt :

Notons l’importance du sound-design, à travers une autre mécanique de jeu, plutôt originale ma foi. Alex se balade en effet avec une petite radio portable qui va rapidement se révéler indispensable : en trouvant certaines fréquences, vous pourrez déverrouiller une porte, ou bien déclencher la suite de l’aventure. 


Quelques bémols


A ce stade, vous l’aurez sans doute compris : Oxenfree m’a complètement chamboulée !

Et pourtant, si je lui trouve d’énormes qualités, il faut bien lui reconnaître également quelques défauts.

A commencer par les séquences de déplacement bien trop longues, d’autant que le maniement des personnages s’avère parfois laborieux. Les temps de chargement interminables, ainsi que l’impossibilité de faire des sauvegardes manuelles ont aussi quelque peu modéré mon enthousiasme.


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Oxfenfree
Développeur : Night School Studio
Genre(s) : Aventure
Sortie : 15/01/16
Disponible sur : Switch, PS4, Xbox One, PC (toutes plateformes)
☞ Pour moi, Oxenfree est une vraie perle du jeu indé’ ! (avec ma maigre expérience, soit) Sans être parfait ni réinventer complètement le genre, il se démarque par sa direction artistique soignée et l’authenticité qui se dégage de l’ensemble. Surfant sur la vague des œuvres rétros des années 80′, c’est une aventure particulière pour laquelle je garderai une affection certaine et durable.

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I hate Fairyland

I hate Fairyland; par Skottie Young
Publié chez Urban Comics Editions, 2017

Gertrude, petite fille au tempérament de feu, se retrouve subitement aspirée par sa moquette de la chambre, prisonnière du monde magique de Fairyland. Vingt-sept longues années de captivité et de bain de sang durant lesquelles sa seule motivation a été de rentrer chez elle. Bienvenue au royaume de la reine Claudia, des hommes-champignon, des faunes zombies et des haches géantes. Bienvenue à Fairyland. 

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Si vous suivez ce blog depuis quelques temps déjà, vous aurez remarqué que les comics y sont sous-représentés : et pour cause, j’en lis très peu. Pourtant, dès que j’ai croisé la bouille de Gertrude en librairie, j’ai su qu’entre nous ça aller matcher !

J’ai apprécié :

☞ La couverture donne complètement le ton : l’univers de la série est trash à souhait, complètement barré (si vous avez appréciez la série Dirk Gently sur Netflix, je pense que ce comics saura vous séduire). Que ce soit grâce aux remarques du duo Gertrude/Larry, ou à l’absurde de certaines situations, on ne s’ennuie pas une seule seconde !

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J’avais prévenu pour le côté trash…

☞ Le personnage de Gertrude est absolument délicieux ! Les années d’enfermement ont eu un effet plutôt néfaste sur l’esprit de la petite fille : elle s’est peu à peu transformée en monstre sanguinaire et imprévisible, avec une nette tendance à régler les situations conflictuelles à coups de hache. Vous voilà avertis !

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☞ L’auteur se permet de placer quelques figures phares des contes pour enfants en les rendant plus loufoques et cruels. Il faudra décidément une bonne dose de second degré pour apprécier I hate Fairyland !

☞ Graphiquement, tout est à l’image de l’univers mis en place : exagéré et loufoque. Skottie Young donne dans les couleurs pétantes et ses personnages prennent des allures cartoonesques, tandis qu’il dissimule de multiples détails et clins d’œil dans ses planches. Le découpage et la variété des plans utilisés donne à l’ensemble une dynamique intéressante. 

J’ai moins aimé :

☞ Le scénario s’avère un peu faible et répétitif. J’espère vraiment un renouvellement pour le troisième opus !

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Force est de constater que l’intérêt de la série vient surtout de l’univers acidulé et de l’humour noir omniprésent, avec quelques faiblesses au niveau scénaristique. A l’aide d’un travail graphique extraordinaire, Skottie Young propose une histoire irrévérencieuse, qui désacralise totalement le monde des contes de fées. 

C’est le 1er, je balance tout ! #12

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Créé par Julia, du blog Allez vous faire lire, ce rendez-vous mensuel a (un peu) vocation à proposer une alternative au fameux « C’est lundi que lisez-vous ? ».


1. Top & flop du mois


Autant le dire d’emblée : il y a eu du très bon côté lecture ce mois-ci ! 🙂 Je suis moi-même surprise du nombre de bandes-dessinées dévorés en peu de temps, genre auquel j’essaye de m’ouvrir de plus en plus (et je fais de très jolies découvertes !).

Dans la catégorie « Grosse chialade en perspective », nous avons donc : 

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  • On m’a offert le cinquième tome des Carnets de Cerise, et je me suis plongée dedans avec délice et tristesse à la fois, sachant qu’il s’agissait du dernier opus de la série. Joris Chamblain a su apporter une conclusion parfaite à l’histoire de la fillette, évoquant avec une grande poésie les thèmes du deuil et de la reconstruction. C’était bouleversant, et évidemment j’ai pleuré toutes les larmes de mon petit cœur.
  • Cindy Van Wilder m’a totalement bouleversée avec La Lune est à nous  ! C’est une formidable ode à la diversité qui fait à la fois l’effet d’une vraie bouffée d’air frais dans le paysage littéraire YA, et celui d’une grosse claque en pleine figure.
  • Dans la même lignée, j’ai emprunté Y a pas de héros dans ma famille, le dernier né de Jo Witek dont je n’avais encore jamais rien lu (Mea culpa). C’était tendre, humoristique, et l’autrice y délivre un joli message de tolérance au travers d’une famille pas comme les autres.

Dans la catégorie « Héroïnes combatives », j’appelle à la barre :

  • Hatchepsout, dont le destin est relaté dans la série de mangas Reine d’Egypte. On est d’emblée fasciné par cette forte personnalité, qui refuse de se soumettre aux règles en vigueur de l’Egypte ancienne. Très documenté, le manga présente en plus de belles illustrations. Bref, voilà une entrée en matière des plus agréables, j’espère que le reste suivra ! 
  • J’ai découvert par hasard dans ma médiathèque une nouvelle adaptation graphique du fameux Journal d’Anne Frank, qui offre une nouvelle approche du témoignage initial. L’alternance entre planches de bande-dessinée et extraits du journal d’Anne contribuent à rendre la lecture plus dynamique et permet au lecteur de se faire une idée précise du caractère de la jeune fille. A mettre entre toutes les mains !

Dans la catégorie « Peut mieux faire », j’appelle à la barre :

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  • J’ai dévoré avec grand bonheur le dernier Sauveur & fils dès sa parution, et même si j’aime toujours autant l’ambiance qui s’en dégage, ainsi que les personnages principaux que l’on retrouve d’un tome à un autre, je l’ai fini avec une pointe de déception : l’intrigue n’avance pas tellement (notamment les événements reliés à la vie privée de Sauveur), ce qui donne un sentiment de « trop peu ».
  • Mickey et l’océan perdu, bien que très attrayant visuellement, ne m’a pas franchement convaincue… J’avais déjà suivi le travail des auteurs dans d’autres séries jeunesse (notamment Le voyage extraordinaire), mais pour moi l’histoire n’est pas à la hauteur cette fois-ci. : trop cousue de fil blanc, elle m’a laissé un goût d’inachevé. 

Ce mois-ci, seul un roman m’a permis d’avancer dans le challenge Les Irréguliers de Baker Street (pour plus d’infos, l’article explicatif se trouve juste là).

2) Le Signe des Quatre : lire le quatrième tome d’une saga : Entropia (T4 de Autre-Monde), de Maxime Chattam

Je continue donc mon avancée avec un total de 17/60  !


2. Les chroniques des autres


  • Dans le cadre du Festival BD d’Angoulême, la rayonnante Lemon June nous a offert une semaine entière de chroniques BD en vidéo ! De quoi enrichir  sa PAL, puisqu’il y en avait vraiment pour tous les goûts 🙂 (et pas forcément du très très connu)

3. Ce qu’il se passe de chouette sur le web


Et c’est là que j’avoue avoir complètement décroché de ce qui se passe en ce moment sur les internets…! 😐

Dans le genre « on l’a déjà vu passer 10 000 fois mais je le redis quand même », signalons le super club de lecture BD Comic Whales, dont les sélections mensuelles thématiques sont toujours au poil (et dont l’emblème est BEAUCOUP TROP MIGNONNE !)

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4. Et moi dans tout ça ?


J’ai remis le nez dans les jeux vidéos (merci Papa Noël pour la Switch flambant neuve hé hé), et je découvre en ce moment pleins de petits jeux indés décidément forts sympathiques ! Trop sympathiques pour ne pas en parler par ici à vrai dire… 😏 Attendez vous donc à quelques articles thématiques d’ici le printemps. 

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Et si on testait ? #4 : la box Illumicrate

Les box littéraires, ce n’est pas tellement ma came de base pour une raison très simple : j’ai toujours peur d’être déçue par les goodies proposés, ou par le livre mis à l’honneur, ce qui serait dommage vu le prix général de ce genre de service.

Mais parfois, un thème me tape dans l’œil et je dégaine alors ma carte bancaire plus vite que Flash en personne ! C’est exactement ce qui s’est passé pour « The Grisha Edition » que proposait Illumicrate l’été dernier (Oui oui, je programme mes articles milles an plus tard…hum hum). L’idée avec cette box était de mettre en avant le nouveau livre de Leigh Bardugo, The Language of Thorns, sorti depuis peu, mais également de contenter les fans de l’auteure, connue pour sa duologie Six of Crows d’une part, et sa trilogie Grisha de l’autre. 


Récit d’un unboxing


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Et voilà le bébé !

Je vous épargne les confettis jaunes qui volaient partout à l’ouverture ainsi que la bataille avec les emballages en papier bulle, mais voilà grosso modo ce que contenait la box :

  • Le bouquin vedette de la box, j’ai nommé The Language of Thorns : merveilleuse édition en hardback (what else ?) sans jaquette, dont je suis tombée amoureuse. Matez-moi un peu cette beau-té !
  • Trois jolies cartes postales grand format représentant des villes clés dans les différentes séries de Leigh Bardugo…que j’ai déjà collées sur mes différentes bibliothèques !
  • Un marque-page en bambou très élégant : « When people say impossible, they usually mean improbable ». A-t-on jamais assez de marques-pages ?
  • Un petit baume à lèvre entièrement réalisé à partir d’ingrédients naturels. Il embaume les huiles essentielles et est assez semblable à d’autres produits que j’utilise déjà : un plus donc !
  • Un mug émaillé assez sobre, représentant la ville de Ketterdam (Six of Crows). Si vous ne connaissez pas encore mon amour des mugs, c’est que vous n’avez jamais vu mes placards de cuisine…c’est l’un de mes objets préférés (sûrement parce que je fais une consommation de thés et tisanes scandaleusement élevée) !
  • Un savon noir, nommé d’après Kaz Brekker, l’un des personnages de la duologie Six of Crows. L’idée m’a fait sourire, et l’odeur paraît sympathique.
  • Un sachet de tisane qui sent délicieusement bon les fruits et les pétales de fleurs. Je n’ai pas su trouvé la référence, j’imagine donc qu’il s’agit d’un hommage à l’univers de Grisha, que je n’ai pas encore découvert.
  • Une pochette de transport pour protéger son livre en cours. J’en rêvais, et même si je ne suis pas fan du graphisme proposé, je m’en servirais incessamment sous peu, pour trimbaler ma lecture en cours dans le train !
  • Une bougie parfumée intitulée « Midnight tales », pour accompagner la découverte des contes de The Language of Thorns. Et c’est là que le bât blesse, car contrairement à environ 98% des lecteurs, je DÉTESTE les bougies parfumées, tout comme je déteste l’encens ou toute sorte de parfum…ce qui explique aussi que je rechigne à prendre des box littéraires, où l’on en trouve systématiquement. A l’heure où je vous parle, l’objet maudit a donc trouvé un nouvel acquéreur 😀 !
  • Un merveilleux totebag à l’effigie de notre bande d’escrocs-voleurs préférés. Mon amour pour les totebags étant sans limite, un peu comme pour les mugs, j’étais ravie en ouvrant le carton !
  • Deux pins émaillés « Make me your vilain » et « No mourners, no funerals », qui ont rejoint ma collection grandissante (Victoria passion pins <3) et que j’ai déjà hâte d’arborer !
  • Des chaussettes rouges et noires avec des corbeaux, que j’ai d’ailleurs oublié de faire figurer sur les photos. Si c’est le genre d’objet toujours utile au quotidien, je dois dire que je ne m’attendais pas forcément à en trouver dans une box et que c’est une des petites déceptions du colis.
  • Un carnet à lignes s’inspirant d’une citation et du design de The Language of Thorns. Le genre de choses dont j’ai toujours une utilité folle (surtout ligné !).

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Verdict final


Je dois avouer avoir beaucoup apprécié cette box 🙂 Si l’ensemble des contenus ne m’ont pas emballée, ils restent quand même des goodies de bonne qualité et assez utiles. La relation au thème est respectée, et c’est toujours un plaisir de voir des objets s’inspirant de romans que l’on a chéri (bon, vous l’aurez compris : encore plus quand il s’agit de pins et de mugs 😉 ). Une bonne expérience en somme !

J’émets quand même une réserve quant au prix de la box qui reste très élevé pour la plupart des bourses ! Comptez environ 60£ pour cette édition, que je me suis fait offrir pour mon anniversaire. Néanmoins, il s’agissait, à priori d’une édition spéciale, puisque la box mensuelle classique coûterait « seulement » 30£ d’après ce que j’ai pu voir. Ceci dit, impossible de me rendre compte si elle contient autant d’objets dérivés en temps normal… Si jamais vous avez la réponse, je suis curieuse car je retenterai peut être l’expérience une autre fois !

La Belle Sauvage, ou le « moueh » du début d’année

La Trilogie de la Poussière, tome 1 : La Belle Sauvage; de Philip Pulman
Gallimard Jeunesse, 2017 – 544 pages

61IuEgS0BZLÀ l’auberge de la Truite, tenue par ses parents, Malcolm, onze ans, voit passer de nombreux visiteurs. Certains sont étrangement intéressés par le bébé nommé Lyra et son dæmon Pantalaimon, gardés par les nonnes du prieuré tout proche. Qui est cette enfant ? Quels secrets, quelles menaces entourent son existence ? Pour la sauver, Malcolm et Alice, sa compagne d’équipée, doivent s’enfuir avec elle. Dans une nature déchaînée, le fragile trio embarque à bord de La Belle Sauvage. Tandis que despotisme totalitaire et liberté de penser s’affrontent autour de la Poussière, une particule mystérieuse, deux jeunes héros malgré eux, liés par leur amour indéfectible pour la petite Lyra, vivent une aventure qui les changera pour toujours.

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Si ma dernière lecture de A la croisée des mondes, la précédente trilogie de Pullman, commençait à dater (au moins sept ans !), j’avais encore bien en tête les différents éléments de cet univers si particulier, ainsi que les personnages principaux que l’on suivait dans leur quête. C’est donc avec fébrilité, et aussi un brin de nostalgie que je me suis plongée dans ce nouvel opus, qui offre un préquel aux aventures de Lyra et Pantalaimon. Seulement voilà, le voyage n’a pas été aussi plaisant que prévu.

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☞ Vite, mais pas trop…

Soyez prévenus, l’intrigue est longue à démarrer… Philip Pullman prend le temps d’introduire son univers si particulier, peut être un peu trop justement, quitte à perdre le lecteur en route. Si cet aspect ne m’avait pas dérangée le moins du monde dans le premier tome de La Passe-Miroir par exemple, ici j’ai rapidement eu envie de vivre l’aventure promise en quatrième de couverture ! 

☞ …quitte à zapper des choses

Malgré cette précision du détail pour que le lecteur se sente familier dans ce monde à la fois proche et différent du notre, il m’a semblé que l’auteur ne s’attardait pas autant que nécessaire sur certains aspects du récit : le concept des daemons, notamment, m’a semblé assez vague pour des lecteurs novices (et même pour moi, qui connaît pourtant déjà les livres de Philip Pullman !) 

☞ Un duo mal assorti

Malgré tout, il y a du bon dans le rythme lent instauré par l’auteur : mieux appréhender l’univers, et surtout faire la connaissance du jeune Malcolm, le protagoniste principal de cet opus. 

Et encore une fois, Pullman nous offre un héros à la mesure des événements présentés ! Malcolm, tout comme Lyra avant lui (ou après lui ? Tout dépend de l’ordre dans lequel vous lirez les trilogies –> TMTC cher lecteur), campe un personnage des plus attachants, qui fait preuve de multiples qualités. Doté d’une grande soif de connaissance, il est aussi brave et serviable, fichtrement déterminé, mais aussi très mature pour son jeune âge. Tout comme Lyra avec son daemon, sa relation fusionnelle avec Astra émeut.

En revanche, je dois bien avoue qu’Alice m’a laissée de marbre. Quasi invisible au départ, elle prend un rôle plus important dès que l’aventure démarre véritablement, mais ça n’a pas suffit à éveiller mon intérêt, et j’ai trouvé certains personnages secondaires bien plus intéressants. On recroise d’ailleurs avec plaisir (ou un peu moins) quelques uns des protagonistes d’A la croisée des mondes et remontons aux origines de l’histoire de Lyra. 

☞ Même si ce premier tome promet une intrigue intéressante toujours empreinte des éléments envoûtants qui faisaient d’A la croisée des mondes une saga d’exception, il m’a manqué un petit quelque chose pour être vraiment emballée par l’ensemble. Ceci dit, peut être que je suis tout simplement trop exigeante, car dans l’ensemble, ce nouvel opus est un bon roman d’aventures, et j’avoue avoir passé un agréable moment de lecture. 

En bref :
 – un excellent roman d’aventure !
  – un style fluide et immersif
– des intrigues politiques et religieuses intéressantes
 – des personnages un peu décevants car inégaux
– un manque de clarté sur certains aspects « magiques »

 

Où on parle de zéro déchet 🌱

Zéro déchet ; de Béa Johnson
Publié chez Les Arènes, 2013 – 395 pages
et

Famille presque zéro déchet ; de Jérémie Pichon & Bénédicte Moret
Publié chez Thierry Souccar Editions, 2016 – 256 pages

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Commençons par le commencement, le zéro déchet c’est quoi au juste ? Comme son  nom l’indique très justement (thanks Captain Obvious !), il s’agit d’une initiative consistant à réduire ses déchets ménagers. La stratégie s’appuie grosso modo sur cinq points :

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Les deux livres que je présente aujourd’hui ne sont en aucun cas des ouvrages scientifiques, mais se présentent plutôt comme des guides pratiques comportant diverses astuces qui nous montrent à quel point il est simple de modifier son style de vie et de consommation.

Allez, je ne résiste pas au plaisir de vous en citer quelques unes en vrac !
– privilégier les chiffons microfibres (ou se fabriquer ses propres torchons à l’aide de vieux draps) à la place du traditionnel sopalin
– remplacer les cotons démaquillants à usage unique par des lingettes/cotons lavables, et donc réutilisables
– investir dans un composteur (si vous disposez d’un jardin ou d’un bout de terrain) pour y mettre tous vos déchets organiques
– opter pour l’achat de céréales, fruits secs et légumineuses en vrac autant que possible (pensez à emporter de petits sacs à vrac en tissu pour vos achats)

A aucun moment les auteurs ne se positionnent comme des exemples types à suivre absolument -sinon vous irez tous cramer en enfer voilà- ou n’emploient un ton moralisateur. Au contraire, il est souvent rappelé que chacun fait comme il le peut, selon son envie et surtout ses moyens financiers ou matériels. La famille Pichon-Moret, tout comme Bea Johnson, ont bien conscience que la transition peut être longue, et leur ouvrage a, pour moi, davantage pour but d’éveiller les consciences et de donner au lecteur des pistes pour s’améliorer.

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Dans les deux cas, on retrouve une bonne dose d’humour ! Cela passe par les dessins fournis par Bénédicte, illustratrice-graphiste dans la vraie vie, qui peuvent s’avérer très cynique envers la société de consommation ou les grandes distribution, mais toujours de bon ton. Quant à Bea Johnson, j’ai souri devant ses tentatives acharnées (mais souvent infructueuses il faut l’avouer!) à fabriquer un mascara maison, ou à fermenter des graines de kéfir pour en faire du fromage !

Écrits assez simplement, ces ouvrages se lisent très facilement. Leur découpage en chapitres thématiques (la cuisine/les courses, l’hygiène/la salle de bain…) est efficace et permet de repérer facilement les informations désirées. Pourtant, le livre Zéro déchet m’a paru un peu austère à la lecture comparé à son petit frère. Et pour cause : le texte n’est pas bien aéré, et n’est, à aucun moment, agrémenté de petits schémas ou dessins, qui rendraient le propos moins indigestes. A côté, La famille presque zéro déchet a un côté ludique et coloré non négligeable !

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Ceci dit, si je devais choisir absolument entre l’un des deux guides, je vous recommanderai plutôt d’investir ou d’emprunter quelque part (les médiathèques sont vos amies !) La famille presque zéro déchet.
Bea Johnson révèle des intentions très louables, mais en fait tout simplement trop. Chez elle, le zéro déchet apparaît presque comme une obsession, tout doit être sous contrôle, et ses idées sont parfois trop poussées pour le citoyen lambda : qui serait volontaire pour installer des toilettes sèches chez soi, ou encore à se maquiller les yeux en utilisant du cacao ? Les idées restent bonnes, mais j’ai moins eu cette impression en lisant l’ouvrage de la famille Pichon-Moret, qui joue plus sur la carte de l’humour et de la légèreté, tout en prenant son sujet au sérieux.

 

Toutes les illustrations sont à retrouver sur le site de Bénédicte Moret.

Y a pas de héros dans ma famille !

Y a pas de héros dans ma famille ; de Jo Witek
Publié chez Acte Sud Junior, 2017 – 133 pages

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☞ Qui n’a jamais eu honte de sa famille ?

Maurice Dembek, dit « Mo », a toujours cru naïvement que les autres enfants avaient, comme lui, deux vies bien séparées l’une de l’autre : celle à l’école où tout se doit d’être ordonné, où la politesse et le bien parlé règnent, et celle à la maison où ça braille dans toutes les pièces, où il y a toujours du monde qui s’invite. 

« Avant, je pensais que les enfants du monde entier étaient comme moi. Des mini-humains qui deux fois par jour et cinq jours par semaine passent la frontière d’un pays à l’autre, le cartable sur le dos et le sourire en bandoulière. Avant, ma vie gambadait légèrement entre le monde de l’école et celui de la maison. J’étais heureux dans mes deux pays bien distincts avec des gens différents, des styles différents, une cuisine et une langue particulières. »

Seulement voilà, le jour où son copain Hippolyte s’invite pour faire un exposé, tout bascule. Parce que chez les Castant, la maison est calme, immaculée, et surtout il y a un mur entier de photos de famille, dont plusieurs font figure de « héros » grâce à leur carrière ou l’obtention d’un Prix Nobel.

Pour Mo, c’est un véritable choc : sa famille, elle, ne comporte pas un seul « héros », ce serait plutôt une bande de zéros… Pire encore, à travers le regard d’Hippolyte, il prend conscience que sa famille est atypique, presque dysfonctionnelle !

☞ De zéro en héros

Dans la famille de Mo, je demande donc le héros. Et c’est qu’elle est étendue la tribu Dambek  ! Entre le père, qui travaille au noir avec un copain, les deux chiens de la famille, Titi le frère avide de sensations fortes en voiture et toujours prêt à se fourrer dans de sales coups, Gilou le frère deux de tension, Bibiche la soeur peste qui chante comme une casserole, Mo le vilain petit canard, et puis la mère qui porte tout ce petit monde à bout de bras, il y a de quoi faire !

D’ailleurs, la mère de Mo est sans doute le personnage qui m’a le plus émue dans tout le roman : elle donne sans compter à ses proches, qui ne se rendent pas toujours compte des sacrifices qu’elle a du faire pour sa famille ! Toujours rassurante, elle a un caratère amusant et n’a pas la langue dans sa poche.

« J’ai arrêté l’école pour aider ma famille. Gagner des sous. Tu comprends, Mo ? Et aujourd’hui je travaille à la maison. C’est peut-être pas un vrai travail, mais pour moi, c’est important. Le plus important, même. »

L’exploration, en famille, des albums photos révèle des histoires de gens pas si ordinaires qu’en apparence, rassurant Mo, et lui donnant l’occasion de redécouvrir sa drôle de famille oh combien généreuse.

☞ Une belle leçon de vie

A grand coup de rires et avec une grande sensibilité, Jo Witck dresse le portrait d’une famille unie qui émeut à coup sûr le lecteur par sa tendresse et son amour.

Même au delà de ça, elle montre que les héros ne sont pas toujours ceux que l’on croit : nombreuses sont les personnes oeuvrant dans l’ombre ou l’indifférence générale pour le bien des autres.

« Je sais que les vrais héros sont ceux que les gens aiment, mais aussi ceux qui savent aimer. Ceux qui rendent les autres plus forts, au lieu de se croire les plus forts. »

☞ Ce roman jeunesse a tout de la petite pépite, à mettre rapidement entre les mains des enfants à partir de 10 ans ! L’autrice a su mettre des mots justes sur le contexte social/familial de Mo, véhiculant au passage un joli message de tolérance. Elle signe un très joli roman d’apprentissage sur les liens familiaux, montrant l’importance de connaître son passé pour mieux appréhender son présent.